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Un maire coopté
En mars 2001, une fusion aux forceps des deux listes de droite entre les deux tours des élections municipales avait débouché sur la réélection de R. Canivenc. Mais un candidat « masqué », qui n’apparaissait qu’en quatrième position, n’allait pas tarder à se dévoiler, provoquant des démissions fracassantes du Conseil Municipal, et rendant possible l’élection d’Anne-Marie Keiser au Conseil de la Communauté Urbaine.
M. Labardin est aujourd’hui le maire légal de Gradignan. Est-il pour autant le maire légitime de notre commune ? Les doutes qu’il paraît nourrir lui-même sur sa légitimité expliquent sans doute en partie son comportement rigide. Les gradignanais sont ainsi passés d’une tradition paternaliste à une pratique beaucoup plus agressive de la majorité. Attaquer la gauche, la taxer d’opposition systématique, même sur les projets qu’elle soutient, voilà le credo du nouveau maire. Mais attardons -nous un peu sur ses actes...
Des promesses ? Des actes ?
« Ces promesses ne sont pas électorales. Nous les réaliserons pour vous et avec vous. »
Ce slogan accrocheur était la profession de foi de R. Canivenc. Suivaient une soixantaine de promesses. Passons rapidement sur celles qui n’engageaient rien ni personne (« préserver la qualité des restaurants scolaires » (heureusement !), « favoriser le commerce de proximité ») pour en relire quelques-unes plus en détail.
« La famille : des logements sociaux pour les jeunes ménages »
Gradignan est très loin du compte et la ville, qui ne respecte pas les quotas de logements sociaux, est pénalisée financièrement. Le rythme des constructions envisagées reste bien faible. Tant pis pour les ménages modestes.
« L’accompagnement social : faire un effort pour les logements des étudiants »
Où en est-on ? Quels sont les projets ? Avez-vous entendu quelque chose ?
« Cadre de vie et sécurité : aménager des zones 30 pour la sécurité des piétons et des cyclistes »
On a décelé quelques dizaines de mètres en zone 30 près de l’école Saint-Exupéry... C’est un début.
« Cadre de vie et sécurité : développer le réseau de pistes et parcours cyclables »
Les pistes, ce n’est pas nous, c’est la CUB, rétorque le maire pour justifier son absence de projet en la matière. Il est pourtant élu à la CUB !
« Sports et loisirs : création d’un équipement nautique en intercommunalité »
Vous avez dit piscine ? Proposition copiée à la hâte sur le programme de la gauche, elle était donc au programme aussi à droite... mais il faudra attendre et, en attendant, aller nager à Villenave , à Talence ou à Pessac
« Vie économique : associer l’Université et les étudiants au monde économique »
Gradignan est une ville universitaire, mais personne ne le sait encore. Les jeunes font-ils peur ?
« Animation-loisirs : création d’une salle pour la pratique des musiques amplifiées »
Oui, ils l’avaient promis ! Mais on attendra...
« Citoyenneté : conseils de quartiers »
Ce serait donner la parole aux habitants. Le simulacre de démocratie des pauses-quartiers suffira bien à donner le change...
« Fiscalité maîtrisée : baisse du taux de la taxe locale du foncier bâti »
Il augmente pour la deuxième fois en trois ans, mais on a dû mal comprendre.
Ce serait fastidieux de prolonger la lecture de la liste, mais vous pourrez en trouver des dizaines d’autres du même acabit...
« Ces promesses ne sont pas électorales. Nous les réaliserons pour vous et avec vous. »
Non ! Comme la démocratie, la piscine, les bancs publics, la salle amplifiée, le gymnase du lycée... tant de promesses qui n’auront vécu que l’espace du printemps 2001.
Mais, au fait, ces promesses engageaient-elles M. Labardin, bien camouflé sur la liste derrière R. Canivenc, Y. Del Perugia et C. Orsoni ? Ce n’est pas lui que les gradignanais avaient cru choisir...