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La concertation CG/Préfecture/élus, après le choix stratégique de Gradignan de s’impliquer prioritairement dans le SIVU, est légitime. Mais à l’évidence le besoin est là d’aires d’accueil pour les gens du voyage. M. Bertin nous a d’ailleurs exposé en commission que, malgré l’aire du SIVU, des caravanes continuaient de stationner à Villenave d’Ornon de manière sauvage, ajoutant pour notre information, « qu’il était difficile de faire intervenir la force publique aujourd’hui, sans la preuve de trouble à l’ordre public. »
J’ai par ailleurs le souvenir qu’en 2009 il y a eu un stationnement sauvage d’environ 5 jours à Cayac, contrairement à l’affirmation énoncée dans la délibération (je cite) « Le diagnostic présenté ne démontre aucun besoin ».
Le diagnostic confirme le manque de 100 places sur la CUB ; seulement 67% des places sur notre secteur Sud, sont réalisées. Les populations de Talence, Gradignan et Villenave d’Ornon, regroupent à elles seules plus de 96 000 habitants. Alors que l’objectif du shéma départemental 2003, ambitieux, parce que notre département est une zone de convergence, a pour objectif 0,93 place/millier d’habitants, nous sommes pour les trois communes du SIVU à 0,31 place/millier d’habitants. C’est un fait, ces familles ne peuvent plus se déplacer et stationner comme leurs anciens l’ont fait, tant notre société est devenue complexe et formatée à la fois. Ils sont français comme nous, nés en gironde pour 45% de ceux qui circulent dans la région, 20% des autres sont nés en Aquitaine ou secteurs limitrophes.
Monsieur le Maire, vous avez développé dans votre discours de vœux aux associations et entreprises, quatre points : l’accueil, la mobilité, les services et l’identité communale. Précisément l’accueil et l’identité communale sont au cœur de cette délibération. Accueillir les nouveaux habitants de Favard, c’est pour partie, mettre à leur disposition des services qu’il faudra adapter un tant soit peu, mais qui sont humainement et financièrement rôdés.
Accueillir les gens du voyage, à cause de nos différences culturelles, c’est introduire une souplesse dans nos codes, nos habitudes, nos craintes, nos égoïsmes, en redéfinissant des limites pour que le respect des droits et des devoirs de chacun progresse. C’est pour la plupart un effort, des préfets jusqu’au citoyen de base en passant par les élus. Pour preuve, devant la difficulté et la lenteur de la mise en œuvre de la loi de juillet 2000 suivi en 2001 de son décret d‘application relatif aux normes, une nouvelle adaptation de la loi a été nécessaire en 2004
Des élus, des partenaires sociaux à tous les échelons, profondément humains, courageux, créateurs d’idées, pédagogues, se sont lancés sans traîner les pieds dans la mise en place d’aires d’accueil. Leurs expériences croisées avec celles des organismes gestionnaires ont profité amplement à tous ceux qui ont suivi le même chemin. Elles ont accompagné des réussites, permis d’ajuster les normes, occasionné de nombreux dialogues Leur résultat aboutit à un réel progrès sociétal.
L’identité de la commune dont vous nous parliez jeudi dernier, soucieuse de qualité comme vous aimez à le dire, doit prendre sa part des équilibres sociaux. Ceci est un critère qualitatif de gestion communale, A l’échelon national, voire international, le poids est lourd économiquement et humainement parlant, des exclusions indéfiniment répétées ou des simples carences d’intégration. Alors ne laissons pas les discours trop narcissiques ou sectaires, écrire seuls, l’histoire de notre identité communale.
Anne Banvillet