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« La démocratie est une action continuelle du citoyen » (Mendès-France).
Elle n’est pas une formule d’organisation politique ; elle est une perspective, un cheminement qui ne s’arrête jamais, une Valeur. Elle se fonde pour moi sur l’intérêt porté à l’Autre, la solidarité qui en découle, le désir et la nécessité de créer et construire ensemble.
Le tissage de ma vie individuelle et familiale d’adulte avec la vie collective a été au cœur de mes engagements : engagements non violents, paroissiaux et chrétiens progressistes dans les années 1970, puis associatifs locaux (fédération de parents d’élèves, PLG, Au pays de Cernès), nationaux dans l’association reconnue d’utilité publique APLCP (association de lutte contre le Psoriasis) ; engagements dans le service d’abord puis dans les responsabilités les quinze dernières années. Je suis depuis 2004 conseillère municipale, représentant la société civile sur la liste de gauche.
Ce parcours après quelques années à Clermont-Ferrand et dans la région parisienne, s’inscrit à Gradignan dont je suis habitante depuis 1971. Mais ma citoyenneté est française et je ne peux concevoir un engagement municipal autrement que relié politiquement aux réflexions, impulsions, choix, départementaux, régionaux, nationaux. Les grandes questions qui feront le cœur de cette mandature : urbanisme, solidarité, transport à envisager dans une perspective de développement durable, dépassent les limites de la commune et s’inscrivent dans une solidarité beaucoup plus large, même si les applications locales sont différenciées du fait de l’histoire et de la géographie des communes.
Les taux d’abstention nationale aux législatives, cantonales, municipales (env.35% moyenne nationale pour des élections dites de proximité) posent question. Il me semble que tant qu’il ne se présente pas localement de problèmes cruciaux, une large partie de la population se laisse administrer, cesse sa présence vigilante et active, se contentant d’intervention sur des « problèmes de trottoir ». En face, le pouvoir représentatif a tout intérêt à cette douce apathie qui lui facilite la conservation d’un ordre existant, l’utilisation d’outils politiques qui échappent à un grand nombre.
Il n’y a pas de démocratie sans démocrate et sans pratique de la citoyenneté Nous avons aussi, en tant qu’élus dans la manière de poser les problèmes et de coopérer à leur résolution, la responsabilité de développer pour nous tous la formation à la citoyenneté, de la stimuler, de proposer une progression constante de la pratique démocratique dans la cohésion sociale. L’expérience nous apprend qu’individuellement comme collectivement le progrès ne se fait pas souvent dans la facilité.
Anne Banvillet