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Monsieur Le Maire
Je ne peux pas parler du budget 2010 de notre commune sans aborder la question de la fiscalité qui a toujours deux fonctions :
La première est de procurer à la commune les recettes nécessaires à son action. La seconde est d’en redistribuer une partie pour aller vers plus de justice sociale.
Si quelques opportunités locales permettent de maintenir les taux d’imposition pour 2010, l’évolution des recettes devient de plus en plus aléatoire et l’inégalité devant l’impôt grandit. La politique fiscale de notre pays, loin de contribuer à résorber les inégalités, les aggrave.
En France, il existe deux raisons pour ne pas payer l’impôt : soit être très pauvre, soit être très riche. De plus en plus notre fiscalité repose sur les ménages salariés ou retraités, elle va devenir la seule variable possible d’ajustement des recettes pour assurer l’équilibre du Budget communal.
La suppression de la Taxe Professionnelle et la réduction généralisée des politiques publiques, l’incertitude sur les « nouvelles » dotations ne permettent pas d’anticiper sur la réponse aux besoins de la population. Nous allons de fait avoir l’obligation de resserrer à terme l’ensemble de nos dépenses par manque de recettes. Nous percevons dans ce budget une contraction des dépenses, cette pratique peut conduire à une externalisation d’une partie du fonctionnement incluant une démarche de précarisation de l’emploi public. Comment assurer et faire grandir le service public d’intérêt général communal ?
Les équilibres sont actuellement assurés dans notre commune, mais ils sont fragilisés, notamment lorsque nous devons faire face à des dépenses importantes imprévues. Compte tenu des orientations prises, il deviendra impossible dans quelques années à notre commune d’établir son propre budget. D’autant que les conséquences de la réforme en cours peuvent conduire à ne plus avoir de commune, ou que celle-ci se fonde dans une agglomération. Nous assistons de fait à un éloignement programmé de la gestion publique locale.
Avec une capacité de notre investissement réduite, comment allons nous faire face aux besoins qui vont grandir ? L’arrivée de nouveaux habitants couplée à une évolution de la situation de l’ensemble de notre population frappée par la crise exige une réponse locale plus forte et plus solidaire. Cette situation appellera un besoin d’investissement sur l’ensemble du champ d’action de notre commune, avec un impact certain sur le fonctionnement.
Dans l’orientation et la démarche de la municipalité, à l’exemple des MJC qui vont devenir un EPA , Monsieur le Maire dans sa conception d’une politique en direction de la jeunesse, se donne les moyens d’une gestion plus efficace avec une éventuelle meilleure réponse aux besoins. Mais par cette action, à mon avis, il réduit dans le même temps un espace de la vie démocratique dans la commune.
Quelles réponses pour les autres générations face aux reports et à la transformation de projet à l’exemple de la maison des associations ? Quelle place pour les anciens ? Quelle offre publique diversifiée en centre ville ?
Je me permets de souligner les contradictions de M. le Maire concernant la vie associative et le bénévolat qui fait face à ses propres difficultés, nous devons être attentif à la nature des activités qui vont d’une pratique élitiste à celle de construction et d’émancipation individuelle au service du développement de la vie démocratique. L’intervention de la population est indispensable dans une expression diversifiée et pluraliste, à la condition de faire vivre le débat d’idées. C’est à mon avis une responsabilité publique communale.
De la même façon la mise en concurrence et la réforme en cours imposeront des économies d’échelles autant pour les investissements que pour le fonctionnement communal. L’autre obstacle sera l’obligation du financement important à engager par la commune pour ses projets.
C’est un budget qui manque d’ambition dans le sens ou il accompagne une politique qui va à mon avis à l’encontre des intérêts de la population. Même s’il comporte un zeste de social en plus. Il manque d’anticipation sur l’évolution d’une situation prévisible aggravée à court terme.
Seule une action concertée de la municipalité avec les habitants sera de nature à faire bouger dans le sens de l’intérêt public et d’une meilleure réponse aux besoins de tous. Cela va bien au delà de la seule question d’un tram pour Gradignan.
Ce sont brièvement exposées les raisons de mon vote sur le budget 2010 de la commune.
Je demande l’inscription de cette déclaration au procès-verbal des délibérations
Pierre Auzereau