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Comment améliorer le réseau des bus à Gradignan ?

mis en ligne le : jeudi 21 avril 2005.

Dès le mois de mars 2002 nous avions présenté aux habitants nos propositions dans l’optique de la restructuration du réseau de transports en commun de la C.U.B. (modifications pour le réseau de bus accompagnant la mise en service du tramway). La mairie de Gradignan avait semblé peu préparée sur ce dossier. Elle avait tardivement déposé ses propositions, reprenant certaines des idées proposées par les socialistes, mais en laissant d’autres de côté.

Le réseau de bus a été restructuré le 2 juillet 2004. Nous avons alors souligné ses avantages et ses insuffisances . Au cours des premiers mois d’exploitation, la C.U.B. a procédé à quelques réajustements légers (fréquences, déplacements d’arrêts...) avant de procéder à une enquête plus approfondie au mois de mars 2005.

Les vœux d’amélioration transmis par les communes :

Les municipalités ont été conviées à exprimer leurs vœux propres ou à transmettre les demandes des usagers ou des associations. La C.U.B. pourra procéder aux ajustements souhaités, proposer une étude de faisabilité ou, au contraire, répondre qu’il n’est pas nécessaire de donner suite.

Rappelons que la communauté urbaine est divisée en secteurs géographiques. Gradignan appartient au « Secteur Sud », comme Talence, Bègles et Villenave d’Ornon. Trente deux demandes ont été recensées dans le Secteur Sud. Elles se répartissent ainsi :

- Villenave : 6 demandes, dont 4 de la part de la mairie,

- Talence : 8 demandes, dont 7 de la part de la mairie,

- Bègles : 2 demandes, de la part de la mairie,

- Gradignan : 16 demandes, de la part de la mairie.

Les demandes principales du Secteur Sud portent sur :

- les lignes 40 et 41, en vue de rétablir la continuité qu’assurait la ligne A (accès vers la barrière de Toulouse et le sud de Bordeaux),

- l’axe du Général de Gaulle (ligne 42) ,

- la demande d’une navette Talence-Gradignan, formulée par la mairie de Gradignan,

- la demande de création d’une ligne Talence-Gradignan en site propre par le traitement du Cours de la Libération, elle aussi formulée par la mairie de Gradignan.

Notre analyse :

La moitié des demandes formulées émane de Gradignan. On constate que la situation actuelle ne satisfait pas la municipalité. Elle ne satisfait assurément pas non plus les gradignanais...

Faut-il s’en étonner ? Quelles en sont les raisons ?

Considérons d’abord la situation des communes périphériques, en rive gauche de la Garonne : on remarque que toutes les communes sont desservies par le tramway (Talence, Pessac) ou par des lignes express. C’est le cas de Parempuyre (58), de Bruges (35), de Blanquefort (56), du Taillan et du Bouscat (55), de St Médard et du Haillan (53), de Mérignac (50), de Villenave d’Ornon (20 et 21) et de Bègles (23).

Gradignan est absente de la liste, c’est la seule commune périphérique en rive gauche à ne pas être desservie par une ligne de bus express (rappelons qu’une telle ligne permet aux habitants des quartiers excentrés de rejoindre rapidement le centre de Bordeaux ou le tramway, en ne desservant que quelques arrêts).

Comme nous l’avons vu, les élus gradignanais se sont peu impliqués dans le dossier lors de la phase d’élaboration du réseau de transports en commun. Ils ont procédé à des choix discutables, dont les habitants font aujourd’hui les frais.

C’est la majorité municipale qui a choisi de multiplier les lignes et les « antennes » en oubliant la question essentielle des fréquences ; ceci au détriment d’une desserte efficace de la ville, d’une bonne liaison avec les quartiers périphériques et d’un raccordement rapide au tramway.

Il suffit d’habiter dans les quartiers Sud, théoriquement desservis par le bus pour savoir que le 42 n’arrive au terminus de Mandavit qu’à deux reprises entre 9h32 et 16h30, que cette fréquence diminue encore le samedi et qu’il n’y a aucun bus le dimanche.

Il suffit aussi de circuler dans Gradignan pour vérifier que la ligne 42, qui permet de rejoindre le tram à Peixotto, emprunte une voirie surchargée, dans le flux automobile, sans moyen donc d’amélioration simple.

Aux demandes de la mairie de Gradignan (une navette entre Talence et Gradignan et une ligne en site propre sur le même parcours - ne peut-elle se décider à choisir ? -), la C.U.B. a beau jeu de répondre que :

- les lignes 41, 42 et 43 assurent déjà cette desserte,

- elle fera procéder à une étude pour améliorer la vitesse commerciale (on en imagine le résultat, aucune voie en site propre n’étant facile à mettre en œuvre sur une voirie surchargée et qui vient d’être recalibrée dans toute la traversée de Talence).

A.M. Keiser, J.P. Jourdan et D. Breysse présentent les propositions du P.S. à la presse (quotidien Sud-Ouest, 18 avril 2005)

Nos propositions :

Lors de la phase de définition des lignes de bus, les élus socialistes n’étaient pas restés inactifs. Leur étude du dossier les avait conduit à définir deux priorités :

- la connexion rapide et aisée au réseau de tramway, en utilisant les stations de Bougnard et Unitec à Pessac, les plus facilement accessibles depuis Gradignan, par une voirie non encombrée,

- l’amélioration des liaisons radiales entre communes périphériques, à mettre en œuvre conjointement avec Pessac et Villenave d’Ornon.

Les deux parcours ainsi définis, desservis à une fréquence élevée, auraient permis de satisfaire la plus grande part des problèmes grâce à leur interconnexion près du cimetière. La municipalité n’a pas retenu ces propositions et nous sommes aujourd’hui dans une impasse. Les gradignanais en font les frais, comme ils le dénoncent régulièrement lors de nos visites de quartier.

Depuis cette période, Villenave d’Ornon a résolu efficacement la question de son raccordement au tramway (en évitant hélas tout passage par Gradignan), et n’a plus besoin de Gradignan. Ses deux lignes express ont par ailleurs une forte attractivité et la demande principale des élus vise leur renforcement !

Nous maintenons donc nos propositions :

- Depuis Gradignan, le tramway doit pouvoir être rejoint à la fois à Peixotto, et à Bougnard et Unitec (ce qui permet aussi d’accéder au campus).

- La mise en place des deux lignes croisées (la première circulant sur l’Avenue du Général de Gaulle, la seconde desservant principalement Malartic et la route de Canéjan) avec un véritable pôle d’interconnection (avec affichage des délais d’accès à Peixotto et Unitec) au cimetière est la solution la plus efficace et la plus économique.

- Le maintien de la ligne 80 avec une fréquence aussi faible n’a pas de sens. Elle ne peut que décourager les usagers des transports en commun. L’augmentation de la fréquence est indispensable, que ce soit pour relier Malartic au centre bourg, pour assurer une desserte correcte du lycée. La connexion transversale avec Pessac et Mérignac pourrait aussi être renforcée par des aménagements limités des extrémités des lignes 42/43 (pour Gradignan) et 44 (pour Pessac).

- Enfin la desserte des quartiers Sud ne doit pas être que symbolique.

Le dossier des transports à Gradignan n’a pas été traité sérieusement. Aujourd’hui, les habitants en font les frais, avec un réseau beaucoup moins efficace que celui des communes voisines, et une circulation automobile de plus en plus dense. Il serait temps que la majorité se ressaisisse et cesse de rejeter des idées intéressantes simplement parce que la gauche les a eues avant elle. Cela est-il possible ?

Pour connaître l’avis de l’élu adjoint à l’urbanisme