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Le conseil municipal commence par le rituel des communications aux élus. Pour cette séance, le Maire énumère les indemnisations versées aux différents intervenants de Lire en Poche (compteurs, auteurs, journalistes,…) : en moyenne 350 € nets pour la journée entière ou 200 € nets pour la demi-journée, les frais d’hébergement et de restauration non précisés en sus. Chose curieuse, si le maire est obligé de communiquer certains éléments, il a toujours refusé de présenter en conseil un compte-rendu financier précis de l’opération et de son financement…
Le PLIE "TGV"
La première délibération porte sur la constitution du PLIE des Portes du Sud que Gradignan vient de constituer avec ses « sœurs » conservatrices (entendez par là proches du pouvoir actuel) de Talence et de Villenave et sur le montant de l’apport gradignanais à la structure, fixé à 1 € par habitant soit 23 032 €. Le Maire rappelle que la structure fonctionne déjà (pour les Gradignanais avertis, une pauvre feuille A4 signale son existence à l’emplacement de l’ancienne bibliothèque municipale).
Anne-Marie Keiser lui répond que l’opposition s’abstiendra sur cette délibération et, pour ne pas envenimer précocement le débat, précise « pour des raisons que j’ai déjà évoquées ici ». Précision pour les non-avertis : l’opposition municipale a toujours combattu ce projet de création d’une nouvelle structure pour l’insertion et l’emploi qu’elle juge peu judicieuse. Un rapprochement avec le PLIE des Graves déjà existant – Pessac, Cestas,… – aurait été pour nos trois communes moins coûteux et plus pertinent car concernant un bassin d’emploi élargi.
Cette délibération est adoptée par la majorité, l’opposition s’abstenant. Toutes les autres délibérations du conseil ont été adoptées à l’unanimité.
La deuxième délibération porte sur le maintien du Permis de Démolir. La nouvelle législation en supprime l’obligation, sauf pour les zones situées à proximité d’un monument historique ou classées comme remarquables par le PLU. Le Maire propose de conserver le Permis de Démolir à Gradignan pour maintenir un contrôle sur les opérations de déconstruction.
Rocade et nuisances sonores pour les habitants d’aujourd’hui et de demain
La délibération suivante concerne la mise en 2 * 3 voies de la Rocade de l’A63 à l’échangeur 17. Le Maire annonce les dates auxquelles le Commissaire Enquêteur sera en Mairie pour écouter les habitants et invite les conseillers à adopter une motion demandant, au nom de la commune un renforcement de l’isolation acoustique, un accès renforcé au Parc relais du Tramway et un franchissement vélo de la Rocade. Selon lui, il faut augmenter la capacité d’accueil de véhicules autour des parcs relais de la ligne de Tramway en créant une nouvelle aire de stationnement près du village 4 (notre analyse est légèrement différente car nous estimons que la ligne B, déjà saturée, n’est pas en capacité d’absorber ce surcroit de trafic).
Horaires des permanences du commissaire-enquêteur
Favard et la démocratie version Labardin
Anne-Marie Keiser pose alors une question sur le nouveau quartier de 420 logements prévus à Favard et s’étonne d’en avoir été informée par voie de presse et non par communication au Conseil municipal. Elle s’interroge sur les nuisances sonores pour les habitants de ce quartier.
Michel Labardin fait alors une réponse « langue de bois » et fait le coup des isolations des menuiseries et des murs dans la conception des bâtiments (encore heureux !) en prétextant qu’il existe une barrière « naturelle », la rocade étant à cette endroit « enterrée » (en fait légèrement enfoncée de 7 m).
Sur l’information donnée aux élus il répond (sans rire !) qu’un projet de ce type compte trois étapes :
1°) la concertation avec les bailleurs et constructeurs et habitants du quartier,
2°) l’instruction du permis de construire par la cub et Gradignan,
3°) « information » en commission urbanisme et conseil municipal.
Ce qu’il y a de bien dans la démocratie version Labardin, c’est l’extrême respect pour l’assemblée délibérative (qui est « informée » en bout de chaîne). L’opposition revient à la charge sur ce projet qu’elle conteste par ailleurs en demandant des précisions sur le type de logements construits et les conséquences en termes d’infrastructures notamment routières, l’avenue Favard étant déjà très fréquentée.
Après avoir reconnu que la programme ne comptera pas de PLAI (habitat social pour les plus démunis) et botté en touche pour la desserte (l’avenue Favard est un « corridor » à l’étude pour le futur Transport en Commun en Site Propre), le Maire clôt la discussion par une pirouette : « revenons à la délibération ». L’heure de « l’information » au conseil n’était sans doute pas venue.
Pourtant l’arrivée d’environ 1 200 habitants sur la commune n’est pas une mince affaire et en débattre 10 minutes en conseil n’est pas aberrant…. Il lâche tout de même que le projet comporte une crèche, ce qui permet à Mme Orsoni d’intervenir pour rappeler que « la commune a répondu à toutes les familles gradignanaises qui souhaitaient un mode de garde ». Vous remarquerez au passage l’habileté de la formulation (quasi électorale). La commune n’a pas pu accéder à toutes les demandes dans le mode de garde réclamé mais toutes les familles se sont vu proposer une solution de reclassement et sont donc considérées comme satisfaites, qu’elles l’aient acceptée ou non…
Suivent plusieurs points évoqués par M. Fabia sur l’acquisition par la commune de parcelles. Le rapport sur les berges de l’Eau Bourde donne lieu à une intervention d’Anne Banvillet sur la prise en compte des insuiffisances relevées dans ce rapport.
Contrat de Développement Durable
Enfin M. Bellanger lit la dernière délibération, qui porte sur l’acceptation du contrat de Développement Durable avec le Conseil Général. Ce sujet est à lui seul une épopée à Gradignan depuis l’installation de M. Labardin. Cette année le contrat se monte à 103 126 €.
Anne-Marie Keiser prend la parole pour insister sur le fait que le Conseil Général finance ainsi de nombreux équipements et manifestations à Gradignan (équipement de la Médiathèque, Lire en Poche, accès handicapés, subventions à la maison de la nature,…). Comme d’habitude sur le sujet, la majorité n’est jamais satisfaite même lorsqu’elle empoche 100 000 € ! Le maire rappelle qu’il n’y a rien eu en 2006 (le dossier était parvenu au Conseil Général le 31/12/2006, une fois le budget clos !) et 69 000 € en 2005. M. Fabia en rajoute en insistant, selon lui, sur la faible part des opérations totales financées par le Conseil Général à Gradignan.
La leader de l’opposition souligne l’habituelle ingratitude de la majorité et rappelle que le Conseil Général intervient ici hors compétences. Jugeant le Maire et ses adjoints un peu « gris » elle les appelle à un peu plus de reconnaissance.
En guise de conclusion et prélude aux consultations futures, le Maire s’exclame : « Nous n’avons pas l’habitude d’être parfaitement d’accord ! ». On ne pouvait pas être plus clair : Michel Labardin est en campagne…
Dorian Roucher