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Gradignan est saisie, depuis le début de l’année, d’une fièvre créatrice : celle des comités consultatifs.
Comité consultatif ville-handicap, comité consultatif des 12-18 ans... en attendant celui des seniors, annoncé pour bientôt. Le Maire a donc l’intention de consulter ! Il organise déjà, pour les habitants, les « pauses-quartiers ». Consulter, c’est louable sur le principe. Encore convient-il de savoir comment cette consultation est conduite et ce qui en sort.
Dans de très nombreuses communes de taille comparable à la notre, des instances ont été mises en place de façon officielle : conseils de quartiers, conseils municipaux des jeunes par exemple. Ces conseils n’ont pas qu’un rôle consultatif. Ils sont, comme à Pessac par exemple pour les conseils de quartier, associés dès leur origine au développement des projets, à l’enrichissement desquels ils contribuent. Ils peuvent aussi, comme le Conseil des Jeunes à Canéjan, prendre des initiatives et disposent d’un budget pour les mener à bien.
De telles instances constituent la base de la démocratie participative. Les citoyens sont ainsi associés à la vie de leur commune et apprennent comment peut être mené un projet public, depuis l’idée jusqu’à la réalisation avec toutes ses contraintes. Ils apprennent aussi à différencier l’intérêt collectif de la somme des intérêts individuels.
Rien de tel à Gradignan, du moins pour l’instant. Les pauses-quartiers, dans leur mode de fonctionnement actuel, consistent en une énumération par le Maire des réalisations déjà faites ou à venir et à écouter les questions individuelles des habitants. Les réclamations concernent souvent les problèmes de circulation et de voirie. Le Maire rappelle alors les prérogatives de la CUB et exhorte à la patience. Il sera intéressant de noter en quoi ses réponses en 2005 différeront de celles de 2004. Quand une idée originale se fait jour, par exemple la mise à disposition d’un local pour une association de quartier qui la justifie par ses activités et le besoin de ses nombreux adhérents, la réponse est qu’on ne peut accèder à toutes les demandes. Peu importe que ce soit la seule demande de ce type exprimée au cours de toute la série des pauses-quartiers. Peu importe aussi que la capacité de satisfaire la demande relève bien pour une fois de la commune et non de la CUB. Le Maire semble préférer l’écoute des doléances individuelles à celle de projets collectifs constructifs.
Rappelons enfin une curiosité à propos de ces pauses quartiers : le Maire refuse d’en informer et d’y convier les élus de l’opposition. Ils sont seulement invités, en tant qu’habitants, quand vient le tour de leur quartier. Il s’agit pourtant d’une manifestation officielle, organisée dans des locaux communaux, et les "agapes" offertes aux participants sont financées sur le budget municipal. L’usage républicain veut que les élus (y compris ceux de l’opposition !) soient conviés aux manifestations officielles.
Un comportement d’autant plus étrange que l’objectif affiché de ces pauses-quartier est d’aller à la rencontre des habitants afin de mieux connaître et satisfaire leurs besoins. Un comportement qui rappelle le refus obstiné du Maire d’associer notre conseillère générale, Anne-Marie Keiser, au comité Ville-Handicap, alors que le Conseil Général est un acteur incontournable dans le domaine social, en en particulier dans celui du handicap ! M. le Maire a décidément une conception bien particulière de la consultation !
Sans préjuger de la réussite des récents et futurs comités, on est seulement en droit de craindre qu’il n’existe aujourd’hui, ni la volonté politique de la mairie, ni les moyens techniques (missions, budget) de transformer l’essai. Souhaitons tout de même bon courage à tous les citoyens qui, en participant de façon désintéressée à ces comités, tâcheront de faire avancer les choses.
Hélène BREYSSE, Conseillère Municipale