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Je demande l’inscription de cette déclaration au procès-verbal de la séance.
« Monsieur le Maire,
Ce matin, 17 octobre 2005, à 9 heures, j’ai été convoqué au commissariat de police de Talence pour m’entendre signifier qu’une plainte, pour atteinte au secret de la correspondance, a été déposée contre moi, le 13 juillet dernier, par un conseiller municipal de votre majorité. Hélène Breysse qui a reçu la même convocation à titre de témoin était présente.
De quoi s’agit-il ? On me reproche d’avoir trouvé, vers la mi-mai dernière, dans ma boîte aux lettres, de mon domicile, une enveloppe à mon nom et à mon adresse. Cette enveloppe, frappée du logo de la ville, contenait deux documents : sous forme de lettre circulaire, une invitation chaleureuse, signée de votre main, conviant les membres du conseil municipal à participer à une rencontre avec les habitants du quartier Saint-Géry le 7 juin suivant, et, second document, un calendrier précis des manifestations municipales qui devaient se dérouler entre le 25 mai et le 13 juin. Voilà le délit dont on m’accuse.
Je le répète, cette lettre m’était nominativement adressée. Une première car, je n’avais reçu jusqu’à ce fameux jour de la mi-mai, aucune invitation à participer, comme élu, aux « pauses quartier » que vous organisez régulièrement dans l’année, ni non plus un calendrier aussi exhaustif des manifestations municipales. Etait-il vraiment dans votre intention de me faire part de cette invitation et de ces informations ? J’en doute, mes collègues de l’opposition municipale n’ayant pas eu droit à pareille faveur. Permettez-moi donc de penser qu’il y a eu, pour cause d’homonymie avec un élu de votre majorité, erreur sur la personne à informer. Mais le fait est là : j’ai reçu une lettre que, de votre point de vue, je n’aurais pas dû recevoir. Qu’y puis-je ? La même lettre a-t-elle été adressée aux conseillers municipaux de la majorité ? Il semblerait que oui, la plainte qui m’a valu d’être convoqué ce jour par la police n’en apporte-t-elle pas a posteriori la preuve ? J’en tire la conclusion suivante : il existe, dans notre conseil municipal, deux poids, deux mesures en matière d’information des élus, selon qu’ils appartiennent à la majorité ou à l’opposition, sur les événements qui font la vie de notre commune. Il n’y a là rien d’illégal certes, mais on y trouvera à redire au plan de la vie démocratique locale. Nous le subodorions depuis longtemps. Nous en avons confirmation, et je prends à témoin ce soir, par delà cette enceinte, l’opinion gradignanaise.
Tout cela serait hautement risible si cela n’était profondément affligeant. J’en reviens, pour terminer à la dimension judiciaire de cette affaire. Je considère que la plainte qui a été portée contre moi est abusive. Dans ces conditions, après avoir consulté mon conseil, je tiens à vous signaler que je me réserve le droit de déposer plainte à mon tour pour dénonciation calomnieuse ».
Jean-Paul JOURDAN, Conseiller Municipal
M. Labardin n’a pas permis à Jean-Paul Jourdan de lire cette déclaration dans son intégralité lors du Conseil Municipal du 17 octobre.
Ce texte a aussi été publié dans l’espace d’expression politique du Journal Ensemble, n° 218, de novembre 2005