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Monsieur le Maire,
Dans sa rédaction actuelle, le texte de ce projet de délibération nous demande non seulement de vous « autoriser à poursuivre les études de faisabilité » mais aussi d’ « adhérer au projet ».
Nous sommes devant un projet ambitieux, qui correspond à un engagement de campagne, et que nous devons analyser au regard de l’intérêt collectif. Ce projet d’équipement sportif présente des avantages cités dans le texte :
fournir un équipement de qualité à la petite centaine de licenciés du club,
attirer des spectateurs et des pratiquants dans la commune, qui pourra en tirer bénéfice en terme d’images, plus largement,
participer au développement de la pelote dans l’agglomération,
ouvrir des pistes de collaborations avec le CREPS ou les scolaires.
Le montant estimé du projet est un critère dont nous devons tenir compte. 2 500 000 euros HT. Imaginons ce qui pourrait être entrepris avec cette somme. C’est plus de 7 fois la somme qui a été budgétée pour 2008 pour l’entretien de l’ensemble du patrimoine communal, dont les équipements sportifs. Quand, en Conseil Municipal le 14 avril dernier, nous avons souligné l’insuffisance de cette ligne budgétaire, on nous a rétorqué que nous étions toujours pour plus de dépenses, sans nous préoccuper des recettes ou de l’équilibre du budget. Aujourd’hui, on se prépare à engager bien plus. Sachant que le budget n’est pas extensible, et que les installations sportives de Gradignan sont utilisées par plusieurs dizaines de clubs et de sections sportives, nous nous inquiétons pour les quelques milliers de pratiquants de ces sports, moins bien lotis que les 85 pelotaris.
Un deuxième point suscite notre inquiétude. Nous avons un projet « au conditionnel », avec l’emploi à plus de dix reprises de ce mode de conjugaison. Beaucoup de choses POURRAIENT se faire (doit-on dire POURRONT ou PEUT-ETRE ?) une fois l’équipement créé. Nous comprenons qu’à ce stade, aucune décision ne soit prise quant à la création d’un centre d’entraînement, le transfert du siège de la ligue et d’autres centres d’entraînement, ou les subventions des autres collectivités. Nous aimerions cependant savoir que est le degré de plausibilité de ces hypothèses. Au regard de l’effectif des bénéficiaires directs, les sommes qui POURRAIENT être engagées nous semblent disproportionnées et peu compatibles avec l’intérêt général.
Il ne fait pas de doute que, du fait de la majorité du Conseil, cette proposition sera adoptée. Nous ne la voterons pas en l’état car nous ne pouvons, à ce jour, adhérer au projet tel qu’il nous est présenté. Nous espérons que l’étude de faisabilité qui sera engagée permettra à la fois d’affiner le projet, sur le plan technique comme sur celui des partenariats et des retombées, et nous convaincra du bien-fondé de ce projet pour Gradignan et ses habitants. Si c’est le cas, nous n’hésiterons pas, en temps utile, à lui affirmer notre soutien.
Denys Breysse