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Monsieur le Maire,
Le débat sur le tramway à Gradignan touche aujourd’hui à sa fin provisoire. En tant qu’élus d’opposition nous y avons contribué dans le cadre de la concertation publique. Nous avons, après une analyse détaillée du dossier, des enjeux, des options à l’étude, rédigé un dossier résumant les éléments qui nous paraissent les plus importants.
Nous vous avons transmis ce dossier, comme nous l’avons fait, formellement, dans le cadre de la procédure en cours, aux services techniques de la CUB. Les conseillers municipaux en ont eu communication et peuvent, s’ils le souhaitent, juger sur pièces, comme pourront le faire tous les habitants. Dans tous les cas, nous continuerons à proposer et à construire, comme nous l’avons fait à de nombreuses reprises depuis le début de ce mandat. Nous n’hésiterons pas non plus à dénoncer les arguments d’autorité tel celui de la « densité des zones desservies », dont chacun jugera, au vu des chiffres, du caractère spécieux.
Je reviendrai rapidement sur la concertation à la mode locale, dont le caractère partial et partiel est trop caricatural, à notre sens, pour mériter une longue discussion. Je ne prendrai qu’un exemple, qui montre le crédit que l’on peut accorder au caractère « quasi-unanime » du soutien de la population pour le Tracé 2. Les tracés à l’étude ont été présentés lors de la Pause Quartier du quartier Saint Géry, quelques jours après la réunion du 11 mai. Ils ne l’avaient pas été à Malartic quelques jours avant. On m’a soutenu ce que le calendrier ne le permettait pas, puisque la réunion du 11 ne s’était pas encore tenue… Que vaut l’argument quand l’on sait que, même à Saint Géry, les tracés présentés n’étaient pas ceux dont Egis Rail a présenté la synthèse, et qu’en particulier le Tracé 3 était oublié ? Les habitants de Barthez et Malartic auraient ils été unanimes ? Auraient-il majoritairement soutenu le tracé qui les évite ? Nous ne le croyons pas.
Nous avons retrouvé, dans le dossier présenté par le bureau d’études Egis Rail, des données chiffrées conformes à nos estimations, pour les kilométrages et les durées de trajet, pour les fréquences. Le tracé 2 y est confirmé comme celui qui conduira à la plus faible fréquentation. C’est naturel puisque, comme le montre le document d’Egis Rail (page 15), le scénario 2 ne dessert pas les zones les plus denses de Gradignan. La seule zone dense de Gradignan est, sur ce document, celle de Barthez et Chantemerle, laissée à l’écart, comme celle de Thouars. Nous y avons découvert, avec curiosité, que les « gagnants » de ce tracé étaient en fait pessacais, dans le quartier (dense) de Compostelle. Merci pour eux, nous y avons des amis, mais ils n’avaient rien demandé…
Mais revenons un instant aux enjeux. Nous sommes tous demandeurs d’une desserte plus efficace et plus rapide de Gradignan permettant de rejoindre le centre ville de Bordeaux. Les enjeux se montent aussi au bas mot à une centaine de millions d’euros pour cette extension, soit à peu près 4 fois le budget annuel de notre commune. Cette somme c’est aussi à peu près trois fois la somme prévue pour l’extension de Mérignac à l’aéroport et dix fois la somme prévue pour prolonger la ligne C vers Villenave.
Qu’obtient-on pour cette somme ? Vous avez, Monsieur le Maire, titillé notre curiosité en disant, le 11 mai, que le tracé 1 ne faisait « rien gagner par rapport à l’existant ». Et si c’était vrai ? Ce serait grave, car pour le tracé 2, qui fait gagner 4 minutes aux habitants du sud de la commune par rapport au tracé 1, le gain par rapport à l’existant serait de… 4 minutes. Pour un budget prévisionnel de 100 millions d’euros (au minimum, dans le cas d’un BHNS), voilà qui fait cher de la minute.
C’est là que nous devons nous demander si le problème a bien, dès le départ, été correctement posé. Oublions Thouars, oublions Talence, et considérons que le seul objectif soit, à coût minimal, de relier Gradignan au centre de Bordeaux. La solution est simple : en 2014, la ligne C arrivera à Terres du Sud, à la limite de Bègles et de Villenave, soit à moins de 2 km de l’échangeur 17. Il se rapprochera d’ailleurs à brève échéance, puisque le TCSP devrait atteindre le Pont de la Maye d’ici à 10 ans. Pourquoi ne pas considérer qu’il y a là une solution efficace et économique : de Gradignan à la Gare Saint Jean, aux Quais et aux Quinconces, en économisant des kilomètres de tracé, des dizaines de millions d’euros, une bonne quinzaine de minutes de trajet. Sans compter que la solution fonctionne aussi pour les quartiers Sud de Talence.
Bien entendu, cette variante n’était pas dans le paquet de départ, mais si la solution 1 est retenue, elle apparaîtra à tous comme une solution naturelle.
En attendant, pour l’ensemble des arguments que nous avons longuement exposés dans notre dossier, la solution 1 nous semble d’ores et déjà celle qui permet, par un compromis entre les intérêts de nos voisins de Talence et les nôtres, servir au mieux les intérêts des Gradignanais en nous donnant les meilleures chances pour que le tramway arrive à Gradignan.
Je demande l’inscription de cette délibération au registre des délibérations du conseil municipal.
Denys BREYSSE