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Face à la crise, que peut le politique ? Les erreurs de la politique économique de Sarkozy

Extraits de l’intervention d’Alain Rousset lors de la soirée débat organisée le 19 mars 2009
mis en ligne le : lundi 23 mars 2009.

Alain Rousset, député de la circonscription et Président de la Région Aquitaine et de l’Association des Régions de France, apporte son éclairage. La réponse à la crise doit venir des territoires.

L’Etat devait intervenir pour sauver le système, mais il devra intervenir à nouveau. Il ne prend pas la mesure de la question sur deux aspects :

  les contreparties demandées aux banques ne sont pas effectives (l’exemple de Valorem l’illustre, avec la réticence à accorder les financements, alors que l’Etat les a soutenu dans ce but),

  le plan de relance des investissements repose sur les collectivités : l’Etat n’a plus d’argent et demande aux collectivités d’intervenir à sa place, sans aucune concertation, embrouillant au passage les compétences.

Les entreprises ne passeront bien la crise que si elles ont une visibilité à moyen terme, ce qui suppose un engagement effectif pour les grandes infrastructures : la LGV Sud Europe Atlantique, c’est 16 milliards d’euros et 100 000 emplois. L’Etat devrait accepter de la financer à 100 % et demander aux régions de s’occuper des lignes régionales ! Quelle est l’efficacité d’un remboursement « immédiat » de la TVA alors qu’il faut deux ans au minimum pour tout projet d’investissement ?

Il faut aussi un réel effort sur la fiscalité. Il faut supprimer le bouclier fiscal et mettre fin à la gabegie de la défiscalisation des heures supplémentaires : 6,3 milliards qui n’ont servi qu’à légaliser le travail au noir, sans ressources supplémentaires pour l’Etat. Cette mesure a conduit à des dérives, des chefs d’entreprise bloquant les salaires et augmentant les heures supplémentaires, sans aucun gain pour le salarié ni pour l’Etat. Comment peut-on ne pas voir qu’encourager les heures supplémentaires de ceux qui ont un emploi ne permet pas de favoriser la création d’emplois et la lutte contre le chômage ?

La Région peut apporter et apporte des réponses, mais elles sont structurelles : par des efforts considérables dans les formations d’ingénieurs et la recherche, avec la structuration de la chaîne industrielle à partir de l’innovation et de sa diffusion dans les PME.

La formation est essentielle (pensez qu’il y a chez Ford des dizaines de personnes qui ne savent ni lire, ni écrire). Il faut assurer une coordination globale du service public de l’emploi, qui relève aujourd’hui de multiples dispositifs éclatés, sans vision cohérente (Pôle emploi, PLIE, PAIO…). La Région est prête à assurer ce rôle. Si l’on veut lutter contre les délocalisations et pour le développement économique, on ne peut pas raisonner par entreprise, mais par « bassin d’emploi ». On n’empêchera pas les entreprises de fermer, mais si le bassin est dynamique et les travailleurs formés, les personnes licenciées retrouveront un travail à proximité.

pour revenir à l’ensemble des débats de cette soirée sur la crise