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La lecture des quelques pages du résumé, dont vous venez de nous faire un deuxième résumé, ne peut fournir qu’une vision forcément partielle de la question. De tels dossiers, rédigés avec l’appui de bureaux d’études spécialisés, doivent comporter entre autres, comme le prescrit la Loi Bachelot votée après la catastrophe AZF : un descriptif technique de l’installation, une étude des situations de danger, les dispositions prévues en cas de sinistre. L’étude de dangers est un inventaire de tous les scénarios possibles d’accidents, avec leurs causes, les conséquences, les mesures nécessaires pour en réduire la fréquence ou la gravité.
C’est l’avis du Conseil Municipal qui est souhaité, en parallèle de celui que remettra au Préfet le Commissaire Enquêteur. Nous aurions aimé que vous soumettiez au Conseil votre propre analyse du dossier, et non celle, fournie dans le résumé succinct rédigé par le bureau d’études payé par le demandeur.
Il s’avère que les dangers liés à ce type d’installations (centre de calculs informatiques) sont généralement de deux origines : les problèmes liés à d’éventuelles cheminées de réfrigération, susceptibles de répandre la légionellose (mais les techniques utilisées ici évitent ce danger), et les problèmes liés à l’utilisation des fluides (gaz ou liquides réfrigérants) : fuites, déversements accidentels, pollutions, incendies…
Peut-être auriez-vous pu ainsi évoquer les deux éléments qui suivent, et que j’ai tirés du dossier :
le premier concerne l’étude de dangers, obligatoire, et fournie dans le document. Elle repose sur l’établissement de grilles de criticité, combinant la probabilité et la gravité d’un accident. L’objectif est, par des mesures de prévention, d’abaisser l’une ou l’autre à un niveau tel que le risque soit jugé acceptable. Onze situations de danger sont envisagées, en phase de réception, de manipulation ou de stockage des produits. Parmi ces onze situations, quatre font état d’une gravité « non évaluable » (par exemple les conséquences de débordement de la cuve du liquide inflammable). Le commissaire enquêteur, à qui je l’ai signalé, semblait surpris,
le second est relatif à l’état des sols. Le dossier, en page 35, énonce « l’activité d’Atlantica ne génère pas de rejet dans le sol en fonctionnement normal ». Le dossier contient aussi une étude des sols, avant que l’aménagement ne soit réalisé. J’en extrait une phrase (p. 9, Annexe 6) : « les résultats d’analyse relatifs à l’échantillon SD2 [à proximité de la cuve enterrée] révèlent une contamination des sols par les hydrocarbures… la zone concernée devra faire l’objet d’investigations supplémentaires afin de délimiter l’étendue de la contamination. De plus, compte-tenu de la présence d’une nappe superficielle, il est préconisé de réaliser un contrôle de la qualité des eaux souterraines du site ». Le rapport signale une teneur en hydrocarburs (naphtalène, anthracène, fluoranthène, pyrène…) dépassant 3g/kg.
Mon souci n’est nullement d’effrayer les membres du Conseil, encore moins la population, mais au regard de votre « ETUDE » du dossier, pensez-vous, en ce qui concerne les points précis évoqués, que le dossier ne mérite aucune observation ?
Denys Breysse