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Les services délégants de la CUB notent dans leur avis (p. 57) qu’ils seront très vigilants sur le niveau d’entretien et de renouvellement des équipements d’eau potable et d’assainissement. A l’approche de la fin de la concession pour l’eau potable et du contrat d’affermage pour l’assainissement (2013), on peut en effet relever que certains indices relatifs à l’activité du service ne semblent pas compatibles avec le maintien de l’état du patrimoine.
Ce patrimoine, pour nous limiter aux seules canalisations, est constitué de 3 118 km de conduites d’eau potable, et de 2 504 km de conduites d’assainissement collectif. Il est valorisé à hauteur d’environ 1 milliard d’euros. Les linéaires renouvelés en 2007 sont respectivement de 1,243 km et de 3,075 km, ce qui correspond à des taux de renouvellement respectifs de 0,04 % et de 0,12 %. Pour être plus explicite, disons que ces chiffres seraient suffisants si la « durée de vie » des conduites était de 2 500 ans ( !) pour l’eau potable et de plus de 800 ans pour l’assainissement, c’est-à-dire 20 à 50 fois plus que ce que l’on observe dans la réalité. Notons aussi que le taux de renouvellement en eau potable est très inférieur à ce qui est pratiqué dans d’autres collectivités, comme le confirme le tableau de la page 7. Les conséquences de cette politique de renouvellement insuffisant sont, entre autres :
le vieillissement du patrimoine qui se dégrade progressivement, ce qui implique une dégradation du niveau de service (plus de 4 000 fuites constatées annuellement dans le domaine public) et n’ira pas sans une forte augmentation des coûts futurs de remise à niveau (nous avons ici évoqué cette question dans le domaine des équipements communaux),
le gaspillage d’une ressource précieuse. En effet plus de 14 millions des m3 prélevés dans les nappes ne sont pas servis aux usagers (qui ne consomment que 41 des 55 millions de m3 prélevés). Le rendement, de moins de 75 % est d’ailleurs en baisse par rapport à 2006. La « perte en ligne » correspond, sur la base des 106 litres consommés chaque jour par habitant à 200 jours de consommation pour chacun de nous ! Ces 14 millions dépassent largement les 9 millions de mètres cube prélevés dans la nappe « fragile » de l’éocène dont la préservation est l’un des objectifs du contrat,
une hausse du prix de l’eau, car si elle n’est pas distribuée à l’usager, la plus grande partie de cette eau n’en est pas moins traitée !
Dans les trois cas, nous voilà bien loin des exigences du développement durable. Bien entendu, je sais que les services de la CUB ont fait de ces préoccupations l’une de leurs priorités. Certes, les élus sont souvent plus friands de programmes « visibles », qui leur permettent de procéder à des inaugurations, et le renouvellement des réseaux ne fait pas partie de ces travaux que l’on peut aisément valoriser. Le budget actuellement dédié aux opérations de renouvellement (1,52 million d’euros de fonds d’investissement annuel pour l’assainissement) me semble notoirement insuffisant. J’aimerais savoir, Monsieur le Maire, ce que vous en pensez, dans quelle mesure vous compter porter ces préoccupations légitimes au niveau communautaire et comment vous comptez agir pour que le programme de renouvellement et d’entretien du réseau sur le territoire communal soit à la hauteur des enjeux.
Denys Breysse