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A propos des services publics marchands il nous est apparu qu’il y avait antinomie entre la notion de service public et la logique du marché et des entreprises privées pour trois raisons
l’efficacité : les services publics d’Etat ont une efficacité réelle auprès du public que n’ont pas les entreprises privées. L’exemple des chemins de fer britanniques ou, a contrario, le comportement d’EDF pendant la tempête le prouvent. Sur l’exemple de l’eau de nombreux camarades ont souhaité la renationalisation de ce service où il n’y a pas de concurrence réelle pour l’usager (monopoles locaux) et où le service est incomplet. et inégal sur le territoire.
la péréquation tarifaire et l’égalité sur le territoire nous semblent menacés par les privatisations car les entreprises privées dans une logique de marché ne peuvent pas assurer ce principe et se livrer à la concurrence. Par exemple, l’ADSL devrait pouvoir être offert à tous à ce titre.
enfin, l’investissement est apparu comme constitutif des services publics. Dans de nombreux secteurs, l’entreprise privée ou délégataire du service public n’a pas pour objectif principal d’assurer les investissements, mais des dividendes pour les actionnaires. La logique d’investissement à moyen et long terme, indispensable à l’efficacité de demain (réseaux de télécommunications, santé, services de l’eau, universités...), ne peut être menée à bien qu’avec les moyens et la logique de l’Etat.
Des dysfonctionnements ont été notés dans les services publics marchands et non marchands.
Les rachats d’entreprises étrangères par les grandes entreprises nationales sont une des causes de l’acharnement européen contre les monopoles publics. Par nature, la logique du service public ne peut être celle du privé.
Depuis quelques années, les logiques d’entreprises privées (rentabilité, croissance extérieure, communication et politique d’image...) et les méthodes douteuses de gestion des personnels semblent atteindre les entreprises de services publiques. La recherche d’une rentabilité de façade (croissance du nombre de dossiers traités) dans les administrations (CAF, Poste...) peut conduire à une chute de l’efficacité sociale réelle, et à un mal être des salariés, persuadés que le service public manque à sa mission.
Plus largement, ce débat pose la question : « Quel capitalisme veut le PS aujourd’hui ? ». Ouvrir le capital des entreprises publiques au privé, comme l’a fait le gouvernement de gauche, était considéré comme un gage de pérennité et d’efficacité des services publics. Mais leur permettre de se comporter à l’étranger comme des entreprises privées nuit à nos arguments. Les risques aujourd’hui sont ceux d’un délitement du service public. En effet, l’acceptation implicite de l’économie de marché doit-elle aller jusqu’à l’abandon des grands services publics ?
Mais assigner des objectifs de service public à des entreprises privées ou à des entreprises publiques en concurrence avec des entreprises privées est impossible : d’une façon ou d’une autre, des biais sont introduits dans la concurrence.
Il appartient donc aujourd’hui au PS de rédéfinir clairement les missions des services publics :
Quels services, identiques en termes de disponibilité et de coût sur tout le territoire, jugeons-nous indispensable que l’Etat garantisse au public ? Quel prix souhaitons-nous y mettre ?
En résumé : Services publics et efficacité, c’est possible. Il ne faut pas confondre efficacité sociale, essentielle pour les socialistes, et rentabilité économique à court terme.