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Pour débattre, on doit au moins être deux. Cela tombe bien : au conseil municipal de Gradignan, il y a une majorité et une opposition. Pour que dans une telle enceinte, vrai débat il puisse y avoir, il faut que la majorité, en responsabilité des affaires de la commune, fournisse à l’opposition les éléments d’information nécessaires à la discussion. Enfin, il n’y a pas de débat sans respect des opinions et des personnes qui les expriment.
Le débat d’orientation budgétaire qui figurait au menu du conseil municipal du 17 novembre dernier est bien loin d’avoir satisfait à ces deux dernières conditions.
Primo, aux élus de l’opposition que nous sommes, pas le moindre document écrit présentant les axes de la politique municipale pour 2004 n’avait été communiqué préalablement à la discussion. Nous avons tout découvert, en séance, de la bouche même de M. le Maire. Il nous a lu, dans un long monologue, un texte de seize pages. Nous avons bien sûr protesté contre cette façon de faire : à notre sens, la démocratie municipale mérite mieux.
Secundo, les règles élémentaires de la courtoisie et du respect républicain ont été oubliées par M. le Maire. Certes, la loi lui confie l’organisation des débats au sein de l’assemblée communale. Lui permet-elle de couper, de la manière la plus désinvolte, la parole à ses adversaires politiques sitôt après qu’il la leur a donnée ? L’autorise t’elle à s’aventurer vers les eaux de l’injure en traitant les conseillers municipaux de l’opposition d’individus « dépressifs » ou de « rabat-joie » ? Je ne le crois pas.
Maire depuis bientôt un an, Monsieur Labardin nous avait habitué à des séances du conseil municipal plus sérieuses. Comme l’écrivait le journal Sud-Ouest quelques jours plus tard, M. le Maire s’est « lâché » lors de la séance du 18 novembre dernier. Souhaitons que l’on revienne à plus de retenue et de sérénité.
Jean-Paul Jourdan, Conseiller municipal