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En choisissant de voter (Conseil Municipal du 27 juin 2005) une subvention à l’une des deux fédérations de parents d’élèves de Gradignan en négligeant l’autre, le maire a incontestablement commis un faux pas.
Symboliquement, cette erreur est la plus flagrante depuis son installation à la tête du château de Laurenzanne en janvier 2003 tant elle illustre l’inéquité avec laquelle la mairie traite les forces vives de la commune. Ce n’est pas le fait d’aider financièrement les associations de parents qui est contestable (d’autres communes le font) mais c’est le caractère injuste et partisan de cette décision qui est en cause.
En effet la mesure est injuste : la représentativité de la FCPE est au moins aussi importante que celle de l’AAPE au regard des résultats obtenus lors des élections des représentants des parents dans les différents établissements de Gradignan. Son action est toute aussi revendicative et ses élus défendent avec la même ardeur les intérêts des parents de la commune. Avec une sensibilité certainement différente, mais c’est justement la diversité qui constitue la force de la démocratie.
Mais, me direz-vous, la FCPE n’a pas fait de demande de subvention. Pardi ! Il n’a jamais été dans la politique de la mairie de subventionner les associations de parents d’élèves : pour demander une subvention, encore fallait-il être au courant de cette évolution...
En principauté de Gradignan, tout le monde n’est pas à égalité devant l’information : faut-il avoir la cruauté de rappeler que plusieurs conseillers municipaux sont membres de l’association subventionnée ?
De plus, a contrario de ce que prétend le maire, les associations de parents d’élèves ne sont pas comparables aux autres dans la mesure où leur action s’engage dans un processus électif. Une subvention s’apparente donc à un financement (y compris aux frais de « campagne ») : en choisissant de subventionner l’une et pas l’autre, M. le maire apporte clairement son soutien à l’AAPE.
L’association « autonome » reçoit ainsi l’appui de la mairie « apolitique » : l’essentiel c’est d’être à droite...
Au-delà de l’éternel problème du faux apolitisme gradignanais, cette décision est révélatrice du changement de cap de la municipalité. En effet, l’ancien maire n’aurait jamais mis en œuvre une telle mesure clientéliste et politicienne. On pouvait reprocher le manque de dialogue et l’entêtement de M. Canivenc, mais on doit lui reconnaître une habileté certaine dans la gestion politique de Gradignan. Visiblement, en cédant son fauteuil de maire à son successeur, il ne lui a pas transmis son sens politique.
Dorian ROUCHER