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Le logement social à Gradignan : une réponse bien éloignée des enjeux...

Texte paru dans Ensemble n° 224, septembre 2006
mis en ligne le : dimanche 10 septembre 2006.

La France connaît une grave crise du logement social. L’agglomération bordelaise n’est pas épargnée, bien au contraire. L’offre n’est pas suffisante pour satisfaire les besoins. La forte progression des prix de l’immobilier constatée depuis plusieurs années, en particulier en région bordelaise, ne fait qu’accentuer les difficultés que rencontrent les ménages modestes pour se loger.

En 2001, la gauche plurielle a voté la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) afin d’améliorer cette situation. Cette loi stipule que les communes doivent offrir un minimum de 20 % de logements locatifs sociaux. La démarche paraît des plus logiques : si l’on souhaite répondre à la demande en logement social de la population en évitant que les difficultés sociales se concentrent toujours dans les mêmes villes ou quartiers défavorisés.

Cette logique ne convient pourtant pas à la majorité UMP de l’Assemblée Nationale qui a récemment voulu dénaturer la loi en comptabilisant dans le seuil de 20 % d’autres types de logements que le locatif social, comme l’accès social à la propriété. La manœuvre a échoué devant l’hostilité du Sénat, ce dont nous nous félicitons.

Sur ce point, la position de l’équipe municipale majoritaire à Gradignan est conforme, malheureusement, à la position de l’UMP. Outre les accusations absurdes selon lesquelles la gauche voulait couvrir Gradignan de tours et de barres (personne ne conçoit plus aujourd’hui le logement social ainsi), elle a qualifié la loi SRU de « loi socialiste, loi inique ». Puis, Gradignan ne respectant pas le quota de 20 %, et la commune devant, de ce fait, acquitter, chaque année, une pénalité financière, la municipalité a commencé à se mettre, contrainte et forcée, en conformité avec la loi.

Cependant, les chiffres sont bien loin d’être à la hauteur des besoins. Ainsi, alors que notre commune manque de 640 logements sociaux, sur la période 2001-2004, ce ne sont en tout et pour tout que 21 logements qui auront été livrés, en moyenne annuelle, par rapport à un objectif de...35. Sur la période 2006-2008, seuls 53 logements devraient être réalisés... D’ailleurs, lors du dernier conseil municipal, nous avons entendu la majorité regretter que la tentative de remise en cause de la loi SRU par les députés de droite n’ait pas abouti.

La majorité de M. Labardin tient-elle vraiment à ce que les ménages modestes puissent se loger à Gradignan ?

Groupe des élus socialistes