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Le budget de Gradignan s’équilibrera donc en 2006 à 27,1 Millions d’euros, dont 21,5 pour la section de fonctionnement et 5,6 pour la section d’investissement. Devant la hausse importante des charges et le manque d’anticipation dans le financement des investissements, la municipalité a du se résoudre à une augmentation des taux d’imposition de l’ordre de 2 % pour 2006.
M. Rivière, chargé de présenter le budget, tente de justifier les choix budgétaires et de prévenir les critiques de l’opposition sur la forte hausse de l’endettement et les hausses de fiscalité depuis 2001 en dénonçant, avant même que l’opposition puisse s’exprimer, une « lecture comptable ».
Comptable ? Rigoureuse en tout cas. Réagissant en premier à la présentation de M. Rivière, Jean-Paul Jourdan démontre, chiffres à l’appui, une évolution « plutôt préoccupante » des finances municipales (une dette en hausse de 11% par rapport à 2005, 20% depuis 2001, hausses successives des taux d’imposition : + 2,1% en 2002, + 2,6 % en 2004 et donc aux alentours de + 2 % en 2006). Si la dette de la commune ramenée au nombre d’habitants reste inférieure à la moyenne nationale, sa tendance d’évolution est nettement orientée à la hausse avec un troisième pic d’emprunt en 2006 depuis le début du mandat. Au final, Jean-Paul Jourdan juge le budget de la municipalité ni bon ni mauvais, étant donné les contraintes dues aux choix présents et antérieurs.
Le Maire lui répond et se livre à son inévitable exercice d’autosatisfaction habituel. Il se flatte d’avoir une gestion rigoureuse des finances municipales, et un programme d’investissement ambitieux. Plein de mépris, il demande à l’opposition « un peu plus d’intelligence » (comme si la hausse de l’endettement était le fruit de son imagination...). M. Rivière en rajoute en qualifiant les remarques de l’opposition de « récurrentes ». « Vous radotez » s’exclame encore l’adjoint au maire.
M. Lapouyade rappelle que les chiffres s’imposent à tous et que la dette qui atteint 849 € par habitant se traduira par une hausse de la fiscalité future. Il fait remarquer de plus l’injustice de la fiscalité locale aujourd’hui qui ne tient que très partiellement compte des revenus des habitants. Il s’inquiète encore une fois de la hausse de la fiscalité locale d’autant plus que d’autres collectivités ont procédé à des hausses. M. le Maire peut ainsi glisser que les taux du Conseil Général augmenteront de 4% en 2006 (conséquence de la Décentralisation sans compensation des moyens, mais M. Labardin omet de le préciser...) .
Reprenant la parole, M. Jourdan fait remarquer à la municipalité qu’elle non plus ne change pas de discours. « Nous ne sommes pas faits pour nous entendre » conclut-il, faisant le titre de l’article de Sud-Ouest du 22/12 et volant ainsi la vedette à la majorité.
Le Conseil se prononce pour le budget primitif par 28 voix contre 6 et une abstention, l’opposition votant contre et M. Lapouyade s’abstenant.
Après une série de délibérations sur les tarifs des différents services communaux, adoptées à l’unanimité, le conseil aborde le budget opérationnel 2005 du Contrat de Développement Durable, véritable épopée de cette année au Conseil Municipal. La commune recevra 84 048 € dans le cadre du contrat pour financer différents projets présentés par la municipalité. Malgré l’absence d’Anne-Marie Keiser, M. Labardin ne peut s’empêcher d’étriller le Conseil Général.
De nombreux dossiers auraient été écartés par le Conseil Général, alors que le Maire, naturellement, les jugeait excellents. Il aurait, en effet, apprécié que le Conseil Général aide la commune à financer un certain nombre d’actions lourdes pour le budget communal, telles que le fonctionnement de la maison de la nature ou encore la médiathèque... Faisant preuve d’une réelle ingratitude, il énumère les opérations refusées par le Conseil Général en oubliant bien évidemment de citer celles qui ont été acceptées. Les financements apportés par le Département à la commune s’élèvent tout de même à 12% des sommes en jeu.
Le pompon de l’ingratitude (ou du mépris ?) revient finalement à M. Fabia, adjoint à l’urbanisme, qui évoque pour caractériser l’intervention du Département cette douce expression : « ...à peine une quote-part publicitaire pour permettre à la minorité de récupérer nos actions... ».
Dorian Roucher
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