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De la tristesse bien sûr puisque la gauche a échoué à retrouver le chemin de la victoire et a permis aux néoconservateurs, plus déterminés que jamais, de se maintenir au pouvoir. Le résultat est d’autant plus décevant que les sujets économiques et sociaux étaient au cœur des débats. Il nous faudra prendre le temps de l’analyse de notre échec avec l’ensemble du « peuple de gauche », quelle que soit son origine, militant ou non, pour refonder l’espoir d’une gauche moderne et conquérante. Les socialistes gradignanais participeront de leur mieux à cette rénovation avec l’ensemble des militants, sympathisants et citoyens de tous les partis de gauche.
Mais ce cadre national ne doit pas masquer les excellents résultats obtenus à Gradignan. Le 6 mai au soir, dans une France désespérément bleue, nous étions fiers des 53,3% que vous avez accordés à Ségolène Royal.
Dimanche 17 juin, alors que les résultats nationaux nous redonnaient le sourire (pour la première fois en quatre dimanches d’élection), le « mascaret rose » a touché Gradignan : Alain Rousset a réuni 56,7% des suffrages et plus de 1 300 voix d’avance. La droite locale, le Maire en tête, ne s’y est pas trompée. Le 6 mai comme le 17 juin, ils ne souriaient pas. Et les déclarations de notre premier magistrat dans le journal Sud-Ouest du 18 juin selon lesquelles « la sociologie de la ville n’évolue pas » relèvent plus de l’auto-persuasion que de la réalité. Ils ne peuvent pas cacher la fébrilité d’un Maire plus que jamais menacé.
Oui, M. Labardin, chiffres à l’appui, on peut démontrer que la sociologie de la ville a changé. En effet, le différentiel en faveur de la gauche n’a jamais été aussi favorable à Gradignan. Traditionnellement, celui-ci (que l’on définit comme la différence entre le score gradignanais et le score national de la gauche) était de 3 ou 4 points en faveur de notre candidat, plus une éventuelle surcôte personnelle (Pierre Ducout faisait traditionnellement évoluer le différentiel à + 5, voire + 6). Le 6 mai ce différentiel a atteint 6,4 points en notre faveur à Gradignan, du jamais vu au second tour d’une élection présidentielle depuis 1981.
| date | candidat de la Gauche | différentiel |
| Mai 1974 | François Mitterrand | 3,1 |
| Mai 1981 | François Mitterrand | 6,7 |
| Mai 1988 | François Mitterrand | 0,3 |
| Mai 1995 | Lionel Jospin | 3,0 |
| Mai 2007 | Ségolène Royal | 6,4 |
En voix, le résultat est encore plus impressionnant, Ségolène Royal obtenant plus de 800 voix d’avance. Le 17 juin, le différentiel s’est encore accru, atteignant 8 points (56,7% contre 48,7% au plan national), Alain Rousset se payant même le luxe, en pleine vague bleue de réaliser le meilleur score jamais obtenu à Gradignan par un candidat de gauche à une élection législative (Pierre Ducout avait réalisé 56% en 1997 et 55% en 1988).
Oui, à Gradignan la sociologie a changé et ne nous a jamais été aussi favorable. Et c’est un formidable espoir pour les élections municipales qui se profilent. Sympathisants de gauche, femmes et hommes de progrès, je vous invite à nous rejoindre dans notre démarche et à participer nombreux au Forum Participatif que nous organisons Samedi 30 Juin à partir de 10 heures pour discuter des enjeux locaux au Prieuré de Cayac, Maison des Associations.
Il nous reste huit mois pour inventer l’alternance dans une ville plus que jamais attentive aux idées de solidarité, de développement durable, de progrès, de respect et de tolérance que porte la gauche. Il nous reste huit mois autour d’Anne-Marie KEISER pour oser Gradignan.
Dorian Roucher, Secrétaire de Section PS Gradignan