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Jugez-en un peu. M. Labardin a expliqué que le logo de notre ville, la vénérable coquille Saint-Jacques, celle du pèlerin, adopté comme emblème municipal au début des années 1980 était devenu « obsolète », qu’il avait « perdu de sa force », que les jeunes générations, comme les nouveaux habitants, l’identifiaient à un soleil, que tous les logos des collectivités locales avaient changé et qu’il fallait donc que celui de Gradignan change également. Soit !
Il s’agissait, ajoutait-il, de « redonner à l’emblème de Gradignan, la force, le dynamisme d’un logo tourné vers l’avenir ». Fichtre ! Le nouveau logo, expliquait-il encore, ne pouvait être « festif » ; il devait être « institutionnel » et exprimer « la durabilité, la solidité, la sobriété, l’élégance ». Diantre ! Il fallait à la ville un logo « qui soit de lecture aisée », « de caractère moderne symbolisant des éléments de projection », « pas un logo replié sur lui-même ». Le suspens était à son comble et l’inquiétude aussi. On s’attendait au pire.
Et le logo fut révélé, son image projetée sur un écran blanc !
Ce nouveau logo, vous l’avez découvert à votre tour dans le journal municipal Ensemble dernièrement paru (numéro 225). L’analyse qui en a été faite devant les élus, le 10 octobre, relève du subliminal et du symbolique.
Le nom de Gradignan est porté, sur ce logo, sans majuscule : « ville de gradignan ». L’absence de capitale scelle « une plus grande proximité, la modernité ». Ville « car c’est l’institution qui s’exprime » et le mot « ville » adoucit le caractère médiocrement euphonique du nom de Gradignan : « Au fait, comment appelle-t-on les habitants de Gradignan ? » a lancé à la cantonade Michel Labardin. La typographie retenue se veut « facile, en rondeur ».
Quant aux couleurs, attention, écoutez bien et retenez ; cela vous permettra d’épater vos amis, qui ne sont pas de Gradignan, le jour où ils vous feront une visite :
le vert anglais signifie le « statut »,
le gris, « la stabilité, la fidélité, l’institutionnel » mais aussi « les racines, l’histoire »,
le vert clair, dit vert citron, « le dynamisme, la lumière, l’ouverture, l’espoir ».
Je me souviens que, dans ma jeunesse, Antoine avait une chanson qui s’intitulait « Les élucubrations » où il était question de chemises à fleurs. Ce soir du 10 octobre, Monsieur le Maire a élucubré. Les conseillers municipaux de gauche et de droite se regardaient ; interrogation, stupéfaction, sourires entendus se lisaient sur les visages. Ce nouveau logo a été élaboré par un cabinet, l’Agence DDH de Bordeaux. Mais on ignore combien la lubie de Monsieur le Maire a coûté aux contribuables de Gradignan.
Jean-Paul Jourdan, Conseiller Municipal