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Ce faisant, il a renoncé à utiliser tout l’espace consacré à l’expression politique dont il disposait jusqu’ici. C’est son droit. Mais il présente le choix qu’il a fait comme un cadeau à son opposition, qu’il s’évertue d’ailleurs à appeler, avec condescendance, "minorité" : "La minorité, écrit-il, l’a accepté, reconnaissant que de nombreuses collectivités de sa tendance ne faisaient pas aussi bien en matière de droit à l’expression" (Ensemble n°206).
On croit rêver ! M. le Maire se fait notre porte-parole ! Le voilà qui prétend parler en notre nom ! Et avec quelle obligeance pour nos amis politiques ! Sur le fond, depuis 2002, nous réclamions, dans le journal municipal, un droit d’expression proportionnel à ce que nous représentons dans l’opinion. M. Labardin nous le refusait, au point qu’il nous a fallu saisir le tribunal administratif pour obtenir réparation. M. Labardin nous l’accorde lui-même, aujourd’hui, à son corps défendant. Non pas, en effet, que M. le Maire ait cédé à nos arguments ou se soit pris de remords. Point du tout : il a fini par se rendre compte que la page qu’il livrait, pour lecture, chaque mois à ses concitoyens était fort roborative, pour ne pas dire indigeste, même pimentée de formules fielleuses à notre encontre ou à l’endroit de la Conseillère Générale du canton.
Malheureusement, réduite à une demi-page, la prose de M. le Maire n’en reste pas moins excessive. Nous voici à nouveau taxés d’être des "professionnels de la politique", de pratique "l’opposition systématique" dans un but "tactique", d’être passés maîtres dans l’art de "l’obstruction politicienne", de nous "déchaîner" contre les élus majoritaires, de nous livrer au "dénigrement des personnes".
Depuis l’arrivée de M. Labardin aux fonctions de maire, il y a un an, la vie politique municipale s’est dégradée, ce qui, évidemment, est triste. Ainsi, encore à propos du droit à l’information : savez-vous que l’opposition n’est pas conviée aux fameuses "pauses-quartiers" organisées par la municipalité pour rencontrer a population ?"
La loi de la Majorité est devenue la loi du plus Fort ; la transfiguration de la vérité est érigée en principe, le mépris de l’opposition a gagné du terrain. De grâce, Monsieur le Maire, revenez à plus de sérénité et le débat municipal gagnera de la hauteur !