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Municipales : enjeu national ou enjeu local ?

mis en ligne le : mardi 22 janvier 2008.

A chaque élection locale intermédiaire, cette question revient dans le débat politique : doit-on leur accorder une valeur nationale à l’image des « mid-terms » américaines qui présentent clairement un enjeu pour le pouvoir en place ?

La nouveauté provient du fait que le pouvoir en place a décidé, et c’est une première, de politiser ces élections en leur donnant ce statut de test national. En règle générale, seule l’opposition appelle au vote sanction, la majorité tentant de mettre en avant le caractère local de la consultation.

Qu’en pensent les français ? Selon les enquêtes d’opinion (65% pour la Sofres, 64% pour l’Ifop, 79% pour LH2 avec une question légèrement différente), les français se prononceront majoritairement sur les enjeux locaux. Sur les 30% qui se positionneront en priorité sur les problèmes nationaux, l’avantage va à la sanction (20% pour la sanction au gouvernement contre 10% pour le soutien selon TNS-Sofres).

Cette situation appelle deux commentaires : si, majoritairement les électeurs se positionnent sur des enjeux locaux, le scrutin se joue à la marge sur des enjeux nationaux. Les 30 % d’électeurs qui se positionnent nationalement sont ceux qui « font » l’élection (toujours au plan national) car ils provoquent le basculement de 2% à 3% permettant à un camp ou à un autre d’enregistrer des victoires. C’est ce qui s’est passé en 2001 où le résultat (45% gauche ; 47% droite au 1er tour) atteste d’un léger déplacement de gauche à droite, permettant à celle-ci de remporter une quarantaine de villes de plus de 20 000 habitants où les résultats étaient serrés.

Et Gradignan dans tout ça ? Qu’il s’en défende ou non, Michel Labardin sait bien que les voix qui se seront portées sur sa liste seront comptabilisées par les états-majors comme étant à droite et seront donc interprétés en haut lieu comme un soutien à la politique gouvernementale actuelle. A fortiori avec le combat politique très médiatisé de Bordeaux et de son agglomération où l’ancien premier ministre et ancien président de l’UMP Alain Juppé reçoit le soutien de notre premier magistrat.

Notre volonté n’était pas de « nationaliser » ce scrutin. Nous avons un projet pour Gradignan élaboré avec les forces vives de notre commune (président d’associations, représentants syndicaux, chefs d’entreprise,…) que tous les Gradignanais recevront dans leurs boîtes aux lettres fin janvier/début février. Nous nous engageons dans le cadre d’un projet d’agglomération pour la CUB que la gauche présentera le 6 Février à Bordeaux à l’Athénée municipale.

Mais le président ayant choisi de faire de ce scrutin un test national, les électrices et les électeurs doivent savoir comment seront interprétés leur vote le soir du 9 Mars. Le choix de la liste conduite par Anne-Marie Keiser est le choix de la clarté. La clarté d’un projet pour la ville et l’agglomération courageux. La clarté pour la compétence et l’éthique de ces membres. La clarté aussi d’une ligne politique qui nous engage devant les citoyens : pour élire nos représentants à la CUB comme pour désigner les sénateurs de la Gironde en septembre.

Enjeu local ou enjeu national ? Beaucoup du premier et un peu du second mon capitaine…

Dorian Roucher