|
|
|
|
|
|
|
|
Avec l’APA, un progrès immense avait été réalisé dans la prise en charge de la dépendance liée à l’âge, en tenant compte réellement des besoins de la personne, sans condition de ressources et sans mettre les familles à contribution. Si l’APA constitue une avancée sociale majeure, elle représente, aussi, un gisement d’emplois considérable, dans le domaine du service à domicile.
18 000 bénéficiaires de l’APA en Gironde. Ainsi, le conseil général de la Gironde, en charge de la mise en place de l’APA, estime que ce sont prés de 3000 emplois qui auraient pu être créés, dans notre département, si le dispositif n’avait pas été freiné. Le succès remporté par cette prestation témoigne de son utilité. Ainsi, on dénombre, en Gironde, 9407 bénéficiaires à domicile et 8679 en établissements ; à Gradignan, le nombre d’allocataires est de 74 à domicile et de 66 en établissements (hors établissements concernés par la dotation globale).
Dispositif freiné. Or , les mesures prises par le gouvernement au printemps dernier, ont remis en cause l’APA. Le décret du 28 mars 2003 , en réduisant d’environ un tiers le plafond de ressources mensuelles au-dessus desquelles une participation financière est demandée à la personne âgée, fait payer davantage les allocataires pour leur maintien à domicile. La loi du 31 mars 2003 modifie, elle, la date d’ouverture du droit à l’APA. Elle démarre, désormais, le jour de la notification du plan d’aide par la collectivité et non plus le jour de réception du dossier (soit une perte sèche de deux mois de prestations).
Les personnes âgées ont, parallèlement été pénalisées par une deuxième série de coupes sombres, dans les budgets. Ainsi, la sécurité sociale, afin de libérer des lits occupés par des personnes âgées, dans les hôpitaux, avait dégagé une enveloppe budgétaire de 900 millions d’euros sur 5 ans. Celle-ci devait permettre d’améliorer les soins et l’accueil dans les 10000 établissements français pour personnes âgées. L’enveloppe prévue pour 2003, soit 180 millions d’euros, a très rapidement été écornée. Aujourd’hui, seuls environ 80 millions d’euros subsistent. Avant l’été, de nombreuses voix s’étaient élevées pour exprimer leurs inquiétudes vis à vis d’une situation très dégradée. La majorité du conseil général de la Gironde, notamment, a voté le 27 juin une motion remettant en cause les mesures restrictives prises par nos gouvernants, à l’encontre des personne âgées et de leur famille.
Les services de soins mobilisés. Il ne s’agit en aucun cas d’imputer la responsabilité des 15000 décès de personnes âgées de l’été à ces coupes budgétaires. Cependant, cette politique de rigueur en matière de troisième et de quatrième âges met en difficulté les familles, les organisations syndicales de retraités, les médecins, les associations qui assurent les services de soins à domicile et la société toute entière. Plus spécifiquement, à Gradignan, l’efficacité des soignants du secteur libéral et du service de soins et d’aide à domicile associatif a permis d’éviter les drames vécus ailleurs.
Le service de soins infirmiers associatif de notre commune, ses infirmiers et ses aides-soignantes ont assuré la prise en charge de plus de 60 personnes âgées ; on ne compte aucun décès, ni aucune hospitalisation. Comme ses homologues, il a démontré la pertinence de sa mission, au cours de cet été caniculaire, et pourtant il s’interroge sur les restrictions budgétaires évoquées ci-dessus qui pourraient remettre en cause la pérennité de bien des associations de soins et d’aides à domicile.