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Ni procureurs, ni détectives

mis en ligne le : lundi 3 mars 2008.

Une rumeur s’est propagée pendant la campagne. Des lettres anonymes ont circulé. Certains ont même vu, au petit matin, les abribus de Gradignan couverts d’affichettes dénonçant le comportement du premier élu de la commune.

Il se trouve qu’en tant que responsable local du P.S. de Gradignan je viens d’être interpellé par un commentaire sur le blog de campagne d’Anne-Marie Keiser. Ce commentaire dit « …je sais que différentes plaintes ont été déposées au commissariat de Pessac contre un responsable PS de Gradignan et un responsable associatif de Gradignan concernant les courriers anonymes et les affiches calomnieuses injuriant M. Labardin. A savoir si mon message ne sera pas censuré… ».

Notons d’abord que le commentaire n’a pas été censuré.

Puisque me voilà accusé, avec mon collègue secrétaire adjoint Patrick Lecoq (ancien secrétaire) et la trésorière Annie Groleau, je me vois obligé de préciser ce que je sais.

Nous avons été alertés à la fin de l’année 2006 par des habitants de Gradignan à la suite d’une modification minime du P.L.U. sur quelques parcelles du Sud de la commune, et de la construction que M. Labardin a, en tant que personne privée, entreprise sur l’une de ces parcelles. Plusieurs habitants se sont documentés et ont recueilli une série de documents publics (délibérations, actes notariés…) permettant de reconstituer une opération qui pose un certain nombre de questions. Ce dossier les a interpellés sur le plan de l’éthique et ils ont décidé, après mûre réflexion, d’adresser en janvier 2007 ce dossier, signé, et avec accusé de réception, au Procureur de la République et aux services fiscaux.

Ne recevant aucune réponse, et devant des faits nouveaux (entre autres un permis de lotir accordé sur les parcelles en question), le dossier complété a, dans les mêmes termes (signé, avec accusé de réception) été à nouveau adressé au Procureur de la République en septembre 2007.

Dans le même temps, ils ont décidé de faire connaître le dossier à la presse, et ont rencontré de manière tout à fait transparente le correspondant local du journal Sud-Ouest. Le fait que la presse, dont nous savons qu’elle a prolongé son enquête, n’ait jusqu’à présent pas rendu cette démarche publique nous incite à penser, que, campagne oblige, le calendrier ne lui a pas semblé propice.

Nous avons choisi, face à des informations qui nous ont interpellées, la voie qui nous est apparue la plus « citoyenne » : interroger le représentant de la justice, celui du Ministère des Finances, et la presse. Il se trouve cependant que nous ne sommes pas les seuls à avoir cet épais dossier entre les mains et que d’autres ont choisi des moyens d’action plus discutables.

Je regrette et je dénonce ces pratiques de courriers anonymes et d’affichage sauvage, de la même manière qu’Anne-Marie Keiser a, en conseil municipal, dénoncé les courriers anonymes détaillés qu’avaient reçus il y a quelques semaines l’ensemble des conseillers municipaux.

Ces comportements sont regrettables. Je fais cependant confiance à la justice et à la presse pour, après les élections municipales et quel qu’en soit le résultat, nous dire ce qu’il en est sur le fond de cette affaire qui n’aura réussi qu’une chose : à polluer la campagne.

Dorian Roucher