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Pourquoi adhérer au PS en 2009 ?

mis en ligne le : samedi 11 avril 2009.

Nous avons lors de la dernière réunion de section adopté le barème 2009 des cotisations d’adhésion au Parti Socialiste et c’est le moment aujourd’hui de nous engager ou de renouveler notre engagement.

Quelques-un(e)s hésitent, s’interrogent sur le bien fondé de cette décision. Nous devons reconnaitre que notre parti traverse une période « creuse », dont le symptôme le plus apparent est la difficulté à se faire entendre au milieu du concert médiatique. L’hypothèse du « combat des chefs » est parfois mise en avant, laissant penser que la question pourrait être traitée en dégonflant l’égo d’un tel ou d’une telle (rarement, il faut bien le dire, de la personnalité que l’on soutient…).

Je voudrais pour ma part explorer une autre piste : l’évolution des institutions de la 5ème République (je pense notamment à l’alignement de la durée du mandat présidentiel et à l’inversion du calendrier) fait que l’élection présidentielle est devenue la « mère » de toutes les échéances électorales. Combinée avec une pratique égocentrée du pouvoir par Nicolas Sarkozy, cette nouvelle donne institutionnelle confronte le Parti Socialiste à sa nature profonde, d’essence parlementaire. Le souci de la représentation proportionnelle de chaque motion dans les instances comme dans les listes en est la traduction la plus évidente. Notre parti se trouve ainsi confronté à la nécessité d’une indispensable autant que déchirante révision de son fonctionnement interne. Le moins que l’on puisse dire est que la répétition de congrès n’apportant pas les clarifications indispensables de ce point de vue lasse les militants les plus motivés.

Que dire des évolutions de notre société qui sont autant de mises en tension de l’idéal socialiste ? La montée de l’individualisme (dont le fameux « travailler plus pour gagner plus » est un exemple), la remise en question des repères traditionnels (la chasse aux élites), la primauté de l’émotion sur le raisonnement (voir chaque soir à 20h la une des journaux télévisés)…

Cela se traduit par une apparente schizophrénie entre la gestion sociale-démocrate des élus socialistes à la tête des régions, des départements, des grandes métropoles, - en phase avec les attentes de nos concitoyens, les élections locales le prouvent - et les discours empreints de surmoi marxiste des mêmes dès lors qu’il s’agit de se démarquer de Besancenot ! Là encore, une clarification est souhaitable. Bien évidemment, les dirigeants de notre parti sont conscients de tout cela, le diagnostic est posé. Mais cela ne suffit pas. Car aujourd’hui, les talents particulièrement nombreux au sein de notre parti et l’expression démocratique qui leur est accordée font que les analyses des solutions à mettre en œuvre divergent. Le dernier exemple en date est le débat autour des travaux de la commission sur les "primaires ouvertes". Ces travaux ne sont pourtant que préparatoires et ils devront faire l’objet d’un arbitrage lors de la convention sur la Rénovation prévue à la fin de l’année. Alors si les medias sont une caisse de résonnance parfois regrettable à ces avis différents, si leur propension à simplifier la présentation de l’actualité réduit leur capacité à en décrypter la complexité, ne donnons pas pour autant dans l’abattement et l’auto flagellation.

Le temps du débat est un temps nécessaire dans une démocratie moderne, transparente. Nous pouvons être fiers des atouts de notre parti sur ce terrain, emparons-nous de l’opportunité qui nous est offerte de contribuer au débat démocratique !

Dans le même temps où notre parti ne cache pas ses difficultés internes, notre pays a besoin d’une force politique d’opposition puissante, d’un parti de gauche capable de représenter un véritable contre-pouvoir, une véritable alternative, avec un vrai projet de société, des idées créatives. Des propositions existent, elles ne couvrent pas tous les domaines et c’est bien normal, l’échéance présidentielle est dans 3 ans. Au plan national sous la houlette de notre Première Secrétaire Martine Aubry comme en Gironde sous l’impulsion de notre Premier Secrétaire Fédéral Ludovic Freygefond, indiscutablement le Parti Socialiste s’est remis en mouvement. Des fondations politiques proches animent des travaux d’experts et participent également activement à la refondation de notre parti : la Fondation Jean-Jaurès bien sûr, mais aussi Terra Nova ou La Forge. Tous ces travaux sont à consulter sur les différents sites Internet, ils témoignent de la réalité de la tendance rénovatrice et de l’espoir que l’on peut placer en elle. Soulignons autour de nous cette réalité, personne ne le fera à notre place.

Revenons à Gradignan. Ne rêvons pas, nous ne résoudrons pas les difficultés du Parti Socialiste et nous ne changerons pas les règles du jeu médiatique. Mais nous pouvons apporter notre pierre à l’édifice du débat politique, nous pouvons contribuer à l’enrichir. C’est le sens du programme que nous nous sommes fixés pour les trois ans à venir :

- une présence militante mensuelle sur les lieux de vie gradignanais (marché, centre ville, supermarchés…),

- la diffusion mensuelle de Gradignan ma ville (A4 recto-verso), traitant alternativement de sujets municipaux et de politique générale,

- 3 réunions ouvertes par an avec nos camarades de Cestas et de Canéjan, réunissant experts, représentants des corps intermédiaires, élus, militants et sympathisants,

- la construction d’un réseau relationnel avec les associations, les syndicats, les commerçants et artisans, les TPE/PME ;

- sans parler bien entendu des campagnes électorales : européennes, régionales…

Alors, oui, par notre engagement soyons acteurs de la rénovation du Parti Socialiste, contribuons à le rendre plus fort, au service des valeurs politiques qui sont les nôtres et nous retrouverons la dynamique des victoires nationales !

Alain Carrié, secrétaire de la Section de Gradignan