|
|
|
|
|
|
|
|
Cette élection aura pour nous tous été synonyme tout d’abord d’une grande tristesse et d’une profonde déception :
un an plus tôt, la gauche était largement donnée gagnante, portée par le succès considérable des élections régionales de 2004 dont Alain Rousset, souvenons-nous, a été, sans aucun doute, un artisan essentiel ;
je ne rêvais pas de la France que nous promet Nicolas Sarkozy pour nos enfants : le bouclier fiscal pour les plus fortunés, la TVA sociale pour l’ensemble des ménages et notamment les moins aisés et les plus démunis (cherchez l’erreur…), la remise en cause de la carte scolaire, le contrat unique de travail, la défiscalisation des heures supplémentaires, la franchise médicale (et le plus dur reste à venir, après le 17 juin)… sont autant de réformes auxquelles il nous faut nous opposer très vigoureusement… mais pour cela il nous faut une solide opposition à l’assemblée.
Cette élection présidentielle aura aussi été source d’amertume.
Pour commencer, les primaires internes au PS constituent, en effet, un réel sujet d’amertume. Elles ont, pourtant, été saluées, en leur temps, unanimement par la presse (mais aussi par la droite) qui y voyait le signe d’une démocratie interne vigoureuse. Avec le recul, elles n’ont pas facilité le rassemblement des socialistes derrière leur candidate,
amertume, encore, car cette élection a été marquée par la folie sondagière qui s’est abattue sur nous et qui nous a totalement anesthésié… En 2002, nous avons perdu sur le thème de l’insécurité… En 2007, nous avons perdu sous le coup des sondages qui nous annonçaient, jour après jour, de façon désespérante, la victoire du candidat de droite,
amertume, enfin, car la France a été séduite par le marketing politique d’un commercial, d’un bateleur de foire et non pas par les propositions socialistes, généreuses et intelligentes de notre candidate qui a fait preuve, jusqu’au bout, de pugnacité, de détermination mais aussi, reconnaissons-le, de beaucoup de talent.
Mais cette élection a aussi suscité beaucoup d’espoir… pour au moins trois raisons :
Je voudrais citer, tout d’abord, la forte mobilisation qui a donné presque 18 millions de voix à notre candidate, même si cette mobilisation, à notre principal préjudice s’est passablement érodée dimanche dernier. 25% d’électeurs en moins qui se sont déplacés… soit tout de même 9 à 10 millions d’électeurs de moins environ ; ce phénomène est à mettre sur le compte de la lassitude, mais aussi sur le fait que chacun, notamment à gauche, a pensé que les jeux étaient faits…
Autre sujet d’espoir : notre candidate a su poser les bases d’une vaste opération de modernisation de la gauche. Notre candidate s’est largement engagée dans cette entreprise nécessaire. Elle a su renouer avec les préoccupations du plus grand nombre, dont les plus démunis qui avaient quitté la gauche en 2002. 35 heures, insécurité, institutions, Europe, Nation, sont autant de thèmes qu’elle a réécrits. Elle a su nous montrer que la synthèse entre notre aspiration à l’égalité et la réalité de notre monde du XXI° siècle est possible… C’est à la construction de cette synthèse que nous devrons, nous socialistes, nous atteler dès le 18 juin…
Espoir, enfin, suscité par l’élection présidentielle, du fait des résultats obtenus sur notre territoire. Le score de Ségolène Royal en Aquitaine, en Gironde, dans notre canton et plus spécifiquement à Gradignan… (53,3% d’électeurs gradignanais lui ont accordé leur suffrage) constitue un remarquable succès...
Ségolène Royal a, ainsi, fait naître un formidable espoir à Gradignan pour les échéances futures et notamment municipales.