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Sur le budget, nous aurions fait d’autres choix de dépenses comme de recettes
Plutôt que d’augmenter le budget de la Défense (9 % pour les dépenses d’équipement) et d’amplifier encore les allègements de cotisation sans contrepartie aux entreprises (20 milliards d’euros en 2004), nous aurions donné priorité à quatre budgets : l’emploi, l’Education, la Santé et la Recherche. C’est-à-dire à l’urgence -la lutte contre le chômage et la solidarité, et à l’avenir, c’est-à-dire à la croissance de demain.
Sur les recettes, nous proposons d’annuler toutes les baisses d’impôts sur le revenu et sur l’ISF (3 milliards d’euros) et d’affecter ces mêmes sommes sur le doublement de la prime pour l’emploi dont l’effet sur la consommation est direct. Nous engagerions la réforme de la taxe d’habitation en la liant au revenu réel et nous, nous ferions de l’élargissement de l’impôt sur le revenu une priorité alors que la droite le dépouille peu à peu par de multiples déductions de sa progressivité.
Bref, nous aurions construit un budget juste socialement, dynamique économiquement et entièrement dédié à l’emploi. C’est la première préoccupation des Français. Ce doit être notre premier engagement.
Nous proposons un pacte national pour l’emploi
Une politique de relance de la croissance :
À l’échelle européenne, plutôt qu’une initiative franco-allemande vide de contenu et de financement, c’est un plan cohérent de grands travaux en matière de transports, d’environnement et de Recherche à l’échelle de la zone euro et qui serait financé par un grand emprunt, lui-même gagé sur une part de l’IS à l’échelle européenne.
Au plan national, plutôt que de poursuivre une politique d’offre qui ne produit aucun effet dans un contexte de conjoncture ralentie, c’est la demande qu’il faut stimuler par un soutien à la consommation (PPE, taxe d’habitation, logement).
Une incitation à l’embauche par un contrat liant baisse des charges et emploi. La modulation des cotisations sociales, en fonction de l’effort consenti à l’emploi, peut modifier bien plus de comportements que ces cadeaux répétés en baisses de charge qui ne produisent aucune embauche.
La mise en place d’un contrat d’insertion sans critère d’âge pour les personnes les plus en difficulté. Il remplacerait l’ensemble des contrats aidés et s’ajouterait aux emplois jeunes dont il faut une nouvelle fois défendre le principe, au moment où ils vont être supprimés.
La Santé et l’Assurance maladie
La Santé est un sujet de société : y sont en jeu des choix fondamentaux de progrès, de civilisation, de justice, de démocratie et d’éthique (l’euthanasie est de ce point de vue une question légitime qui doit être traitée par le législateur lui-même). L’ampleur du déficit de l’Assurance maladie crée une obligation pour agir que le gouvernement prend la responsabilité de renvoyer à la fin de l’année prochaine début 2005 pour ne pas révéler ses intentions réelles et ne pas annoncer dès aujourd’hui l’inéluctable sanction de sa politique d’endettements et de prélèvements. Nous devons dire, dès à présent, ce que nous voulons en termes de principes sanitaires et les réformes qui en découlent.
Trois grands objectifs :
L’égalité : c’est-à-dire la couverture sociale pour tous, mais aussi l’accès aux soins partout sur le territoire,
La qualité : soins prodigués, information des malades, accueil,
La responsabilité : celles des patients, des professionnels, des gestionnaires au nom d’une véritable démocratie sanitaire.
Il en découle des réformes nécessaires :
Une priorité à la prévention (renforcement de la médecine scolaire et médecine du travail), plan de formation et de qualification des personnels de santé et médico-sociaux,
Une nouvelle organisation des soins pour briser ces cloisonnements que nous connaissons entre hôpital, soins de ville et aide sociale et pour introduire ces réseaux de soins qui ont fait tant défaut durant la canicule. Il faudra fixer la place du médicament et de celle de son industrie,
Une politique globale du vieillissement : service de maintien à domicile, aide au logement pour les personnes en établissement, qui peuvent parfois ne plus parvenir à financer leur prise en charge,
Des sources de financement de l’Assurance maladie pérennes, claires et transparentes pour les Français, dont la CSG doit être le socle, mais aussi une nouvelle assiette des cotisations patronales,
La clarification des responsabilités : à l’Etat la définition de la politique de Santé et les moyens financiers à dégager. Aux partenaires sociaux et aux mutuelles la gestion du système de soins.
Un nouveau projet pour la France
Nouveau projet pour la République : la laïcité contre le communautarisme que flatte le gouvernement d’aujourd’hui, l’intégration contre les ghettos (la plus grande des injustices) avec l’Education comme fondement et comme instrument pour une véritable égalité dans l’accès au savoir et à la culture ;
Nouveau projet pour la croissance et l’emploi : Ne perdons pas l’objectif du plein emploi ; ce qui suppose de revisiter tous les instruments de la politique économique pour les rendre plus efficaces. Politique budgétaire, réforme de l’Etat, politique fiscale, mais aussi politique industrielle. La réforme de l’Etat comme la clarification des compétences au plan territorial participent de cette même recherche ;
Nouveau projet pour la solidarité : c’est la réforme fiscale mais c’est aussi la protection contre les aléas de la vie autour du principe d’égalité et de responsabilité (logement, services publics, territoires) ;
Nouveau projet pour l’environnement : Energie, faire un choix maîtrisé sur le nucléaire et donc les énergies renouvelables ; transports ; cadre de vie, car nous portons le projet de le changer pour rester fidèles au projet de changer la vie.
Un nouveau projet pour l’Europe
Disons-le tout net, le rêve européen de l’après-guerre est en voie d’être réalisé : un vaste espace de paix, l’effacement de Yalta, un grand marché continental et des Institutions plutôt confédérales pour l’incarner. L’élargissement et la future Constitution consacrent ce processus. Mais, aussitôt accompli sous nos yeux, il ne peut nous suffire.
Nous devons porter un nouvel idéal européen. Celui d’une Europe d’avant-garde, limité aux pays qui le voudront, engageant une démarche clairement fédérale pour bâtir un véritable gouvernement économique autour d’un modèle social assumé et pour mettre en œuvre une politique étrangère et de sécurité cohérente et forte pour faire pièce à l’unilatéralisme des Etats-Unis.
Nous devons affirmer des objectifs (coordination de la politique économique, garantie des droits sociaux, base juridique pour les Services publics, le caractère laïc de la construction européenne, l’exception culturelle, la possibilité d’une avant-garde, la révision du traité pour permettre d’autres évolutions). Et demander qu’ils soient portés par les autorités françaises.