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Dans la même rubrique

Quelle vision de la culture ? Communication ou participation ?

Intervention en Conseil Municipal (27 juin 2011)
mis en ligne le : vendredi 22 juillet 2011.

Quelques centaines d’euros, voilà l’enjeu financier de cette délibération qui, si tout se passe bien devrait faire rentrer 250 euros dans les caisses municipales. Ce montant est dérisoire, moins de un millième du budget prévisionnel de Lire en Poche.

L’enjeu est donc autre : c’est de la com ! Le mug comme naguère l’autocollant, le pin’s ou l’affichette est destiné à conserver une « trace » de Lire en Poche. Mais pourquoi cette com a posteriori ? Ne s’agit-il pas d’une opération culturelle, dont le contenu et, nous l’avons répété si souvent, le mode de préparation, devrait être la préoccupation exclusive : comment mieux impliquer les habitants et les assos ? comment faire en sorte que la manifestation percole dans la ville ? Si le livre baladeur est un concept apprécié, nous avouons ne pas comprendre le message culturel porté par le mug.

Mais cette délibération est aussi l’occasion de revenir sur un point que nous jugeons plus crucial : celui de la politique culturelle de l’équipe majoritaire. Rappelons le parcours « mono » culturel Bigata, imposé d’en haut pour 135 000 euros. Lire en Poche est clairement plus en phase avec les attentes du public et est une manifestation utile… mais son organisation demeure hélas, encore une fois, décidée, pilotée et coordonnée d’en haut.

Dans la commune, les initiatives locales existent pourtant sur de multiples fronts, mais le soutien que la Ville leur apporte est souvent minimal. Par exemple, le Salon de la BD attire des centaines de jeunes et de familles, même s’il est toujours repoussé au Solarium, en dépit des demandes de ses organisateurs (tiens au fait, l’affiche à conserver, c’est un souvenir qui fait sens). Citons aussi le réseau Réciproques d’Echanges de Savoirs qui tisse le lien entre habitants de toutes générations même si la Ville n’a pas daigné mettre un simple local à sa disposition.

Le dernier exemple est celui du Festival des Arts du dehors, les Z’Arpètes. Organisé samedi dernier, il a permis à un public nombreux de profiter d’une grande diversité de stands, certes sans doute un peu « militants » pour Gradignan (DAL, la CIMADE, le droit des femmes…), et à des centaines de jeunes de partager autour de musiques actuelles, jouées par des groupes locaux et des artistes invités. Le festival a grandi. Il apporte à Gradignan quelque chose de nouveau et de qualité. Il mobilise près de 70 bénévoles, dont de nombreux professionnels de l’animation. Tout serait parfait si, face aux réticences de la Ville à le soutenir (1000 euros de subvention lui ont été accordés cette année – soit 135 fois moins qu’à D. Bigata), le festival était probablement organisé pour la dernière fois à Gradignan. En 2012, si nous ne faisons rien, il se tiendra à Cestas, à Canéjan, à Bègles ou ailleurs, dans une commune qui accueillera à bras ouverts une manifestation de qualité… même si ce ne sont pas les services de la Ville ou un EPA qui l’organisent.

Je me suis peut être un peu éloigné de vos mugs (dont je l’espère, vous avez contrôlé les conditions de fabrication,), mais tout se tient. Ces mugs ne sont qu’un signe de plus d’une politique culturelle municipale où l’on préfère mobiliser les compétences des personnels municipaux sur de telles questions plutôt que sur la manière de faire vivre et se développer les initiatives qui sont nées des habitants et qui vivent par les habitants.

C’est la raison pour laquelle nous nous abstiendrons. Je demande l’inscription de cette déclaration au registre des délibérations.

Denys Breysse


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