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Rencontres dans le quartier Barthez - samedi 5 juin 2004

mis en ligne le : samedi 19 juin 2004.

Les élus socialistes et des militants sont allés rencontrer et écouter des habitants de Barthez. Aperçu de leurs échanges.

Dans le hall de l’immeuble, des travaux sont en cours : on refait les entrées et les parcs à vélo.

Premier appartement, on nous répond. La jeune habitante est contente : le loyer est abordable (370 € pour un F3) et le cadre est agréable avec le parc en vis-à-vis. Les travaux ? "Bien sûr, cela cause du passage mais ils ont refait les sanitaires et installé le double vitrage, ce qui est un progrès", confie-t-elle. Des problèmes de cité ? "Il y a quelques jeunes, mais on a de la chance, notre entrée est calme", lâche-t-elle avec une pointe de sous-entendu.

Un peu plus haut, c’est le même son de cloche, le couple vient d’aménager : ils apprécient le cadre vert et surtout le calme. La zone est bien desservie par les transports en commun. 4ème étage : une femme "pressée" accepte de nous répondre. Elle est contente mais signale que le ménage est fait moins régulièrement depuis que Domofrance a externalisé ce service. En face, un couple installé depuis 7 ans apprécie la tranquillité du lieu.

Tous reconnaissent une faible implication dans le tissu associatif, faute de temps : la plupart ne souhaite que "passer" à Barthez mais semble y vivre avec sérénité. L’école, la ludothèque sont appréciées par les familles.

On croise un salarié de Domofrance, et tout à coup le tableau s’assombrit : on parle de vols, d’agressions, de tapage nocturne, de drogue... en un mot de délinquance. "C’est la banlieue parisienne en plus petit", analyse-t-il. Avec un sentiment de mise à l’écart : "Barthez est un village enclavé dans la ville". Il en veut pour preuve la signalisation inexistante, l’éclairage public trop pâle et les trottoirs défoncés, loin de l’entretien du centre-ville. Pour lui le système fonctionne mal : la police et la gendarmerie "ne se déplacent même plus". Il faut des mois pour faire enlever un véhicule. Surtout, la justice "ne fait pas son travail" : et de citer des exemples de "délinquants" relâchés. Exagération ou réalité ? En tout cas un réel sentiment de malaise.

Nous poursuivons notre tour. Une femme, dans l’embrasure de sa porte d’entrée évoque les "jeunes qui traînent dans la cité le soir". "Je surveille les fréquentations de mes enfants", déclare-t-elle, mais à part ça, "tout va bien". Elle apprécie le parc et le cadre même si elle interdit le city-parc à ces enfants.

On aborde une entrée réputée plus difficile. Une jeune femme se confie : pour elle, les habitants sont trop repliés sur eux-mêmes et refusent le partage. "Les jeunes, je les connais, ils ne sont pas méchants mais ils s’enferment dans l’image que l’on donne d’eux", juge-t-elle. Quant aux habitants, ils leur tournent le dos. Les solutions ? "Un local animé par un éducateur pour développer un esprit de quartier". "Faire se rencontrer les gens". Le bruit et l’agitation, ça ne la gêne pas mais "plus haut, on vous dira autre chose", conclut-elle.

A l’étage suivant, une habitante nous ouvre : elle nous parle de tapage nocturne, de provocations quasi quotidiennes. "Les gens, ici, ils en ont marre", lâche-t-elle. Et les associations ? "J’aimerais en faire partie pour nouer des liens". Autre vision mais même besoin de contact.

Au fil des discussions, d’autres questions seront abordées :
- le bus 80, qui permet aux lycéens de rejoindre le lycée des Graves, trop peu fréquent, et qui ne permet pas de revenir en milieu de journée,
- le city stade, sympa, mais il manque peut-être une régulation de l’activité : les plus petits sont parfois repoussés par les plus grands et les filles aimeraient avoir un autre choix que ce terrain souvent dédié au foot,
- les places de parking pour handicapés, qui sont regroupées et éloignées de nombreuses entrées,
- les activités de la MJC plus tournées vers les ados que vers les jeunes adultes.

Il est 12h 30, on fait le bilan autour d’un verre : le quartier est calme pour une majorité d’habitants même s’il serait vain de nier les problèmes de voisinage et d’incivisme (bruit nocturne, jets d’ordures...). Les habitants regrettent la réputation de quartier difficile, trop souvent attachée à Barthez, alors que la vie peut y être paisible.

Quelques solutions "locales" peuvent être avancées :

- améliorer l’éclairage et la signalisation et mettre en place une zone 30 avec des ralentisseurs (adaptés au passage des bus) pour modérer l’ardeur des conducteurs,
- développer un service d’îlotage ou d’aides éducateurs en relation avec les associations pour améliorer le lien social,
- ouvrir un local pour les habitants et en particulier les jeunes,
- appuyer la création d’un commissariat à Gradignan pour ne plus dépendre de Talence,
- améliorer la desserte de Barthez-Malartic par les transports en commun, en particulier avec le bourg et le lycée.

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