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Rencontres dans le quartier La Prairie - Cité Jardin - samedi 27 novembre 2004

mis en ligne le : dimanche 23 janvier 2005.

Les élus et les militants socialistes se sont séparés en deux petits groupes, rencontrant les habitants de la Cité Jardin pour les uns, et ceux de La Prairie pour les autres.

Cité - Jardin ; rue Anatole France, 10 heures. Nous ne croisons que de rares personnes. L’une d’elles nous parle des problèmes de voisinage. C’est la principale remarque qui nous sera faite tout au long de la matinée. Il est question des jeunes qui s’attroupent, font du bruit avec leur musique, laissent le sol jonché de cannettes. Un habitant nouvellement arrivé d’une commune de la Rive-Droite dit qu’il ne voit pas de différence entre la Cité-Jardin et le quartier difficile dans lequel il habitait il y a peu. Chacun s’ignore. Plus loin, une dame qui réside dans le quartier depuis 50 ans confirme : « Autrefois, il y avait plus de solidarité ». Mais elle se plaît là où elle vit, d’autant que le CCAS de Bordeaux, dont dépend la Cité, a rénové sa maison, il y a quelques années.

Nous abordons un homme jeune, la trentaine. Dans un premier mouvement, il refuse de nous parler, agressif. Il nous explique que nous sommes des élus et qu’il n’attend rien de nous. Il faut que nous nous expliquions. Nous lui disons que nous sommes des élus de l’opposition municipale et que nous ne sommes pas aux affaires à l’Hôtel de Ville. Il devient plus calme. Il est sans qualification, sans travail, survit de petits boulots ; actuellement il ramasse et vend des palettes de bois. Nous lui expliquons qu’il y a à la mairie un service emploi auquel il pourrait s’adresser. Il connaît, il y est allé ; sans résultat. Ses propos transpirent l’aigreur. Il a le sentiment de vivre dans un ghetto : « Tout est fait pour le centre-ville, rien pour nous et nous sommes montrés du doigt, comme des déchets ».

Tous les habitants de la Cité-Jardin ne partagent pas son amertume. Il est maintenant 11 heures et le quartier est plus animé qu’en début de matinée. Nous serrons davantage de mains et nous nous disons que vraiment les personnes que nous rencontrons ici, dans la rue, ne sont pas celles que l’on croise lors des pauses-quartiers de M. Labardin ! Certains retiennent leurs propos, ils sont sur la défensive, nous le sentons. Toujours ces problèmes de voisinage. Nous terminons bientôt notre circuit.

Tandis que le CCAS de Bordeaux rénovait les maisons, « L’Habitat Economique » en a construit d’autres. La voirie a été refaite ; l’ensemble fait un quartier qui n’est pas désagréable, mais il reste des « verrues » ; des jardins ressemblent à des dépotoirs. Ici, on a monté un véritable chenil. Là, des centaines de cagettes sont empilées à la façon d’un vrai mur, au mépris de toute sécurité. On nous dit que la mairie aurait été prévenue mais qu’il n’y a pas eu de suite. Effectivement, on a l’impression d’avoir affaire à un quartier oublié par la Ville. Quant aux riverains de la rue de Canéjan, il se plaignent de la vitesse excessive des voitures et attendent que l’on y fasse des contrôles.

Côté La Prairie (rue Loubens et Place Deutsh de la Meurthe), deux militants accompagnent Hélène BREYSSE, élue municipale. Les habitants n’ont, à la première réaction, aucun problème : le quartier est calme, les résidents sympathiques habitent l’endroit depuis 25, 30, voire 45 ans. La population est assez âgée, avec de nombreux retraités. Néanmoins, depuis quelques années, des départs occasionnent l’arrivée de nouveaux et jeunes couples qui déstabilisent un peu l’atmosphère du quartier : ils n’ont ni les mêmes aspirations, ni la même culture. Les « anciens » disent ne plus s’y retrouver... il peut même y avoir de mauvais rapports de voisinage.

Au détour des confidences, on apprend aussi que :
  les trottoirs n’ont pas été refaits depuis 20 ans, les bouches de gaz et d’électricité se déchaussent,
  l’antenne de réception téléphonique suscite méfiance et rejet,
  depuis que les bus ont des numéros (42 pour le quartier), il est plus difficile de les lire. La confusion entre le 2, le 3 et le 7 est pénible. Le G est regretté,
  les jeux pour enfants de la Place Deutsch de la Meurthe sont utilisés par des enfants qui résident à la Cité Jardin, et dont l’activité bruyante dérange les résidents. Une aire de jeux plus proche de leur domicile résoudrait cette question.

En résumé, dans un quartier en apparence calme et agréable, les visites et les discussions ont permis de cerner deux problèmes récurrents :

  le manque de communication et difficulté de cohabitation entre voisins,

  le sentiment d’être délaissé, que l’on ressent d’autant plus fort que les difficultés de la vie sont là.

Jean-Paul JOURDAN et Hélène EDITH

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