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Nous nous y sommes opposés, dénonçant son coût, son implantation géographique, mais surtout la totale absence de projet culturel ou d’animation qui accompagnait le dossier.
Une enquête bâclée avait permis de justifier le projet, la municipaité affirmant que les associations y étaient massivement favorables. En fait, trois associations ou structures parmi la centaine contactées s’étaient déclarées intéressées : la caisse des écoles, pour son spectacle annuel, la paroisse, pour organiser les communions, et le PLG pour ses grandes fêtes.
La mairie, fidèle à ses habitudes et sûre d’elle, s’est entêtée, a refusé d’ouvrir les yeux , et nous avons le Solarium. Il est là (disons plutôt « là-bas »), même si les plantations prévues à l’origine sont encore virtuelles.
A lire M. Labardin (Ensemble 208), on ne peut être que convaincu du bien-fondé de l’équipement : « il ne désemplit pas, a accueilli 61 manifestations et 35 580 personnes en 2003 ». Admirons la précision (l’effectif est-il celui revendiqué par les organisateurs ou par les renseignements généraux ?).
Réfléchissons un instant. La moyenne revendiquée dépasse donc à peine une manifestation par semaine, toutes réunions comprises, ce qui semble surprenant pour un équipement dont le coût a été multiplié par 2,5 entre le moment du projet et la réalisation. Il est donc inutilisé pendant 6 jours sur 7.
Ubu au Solarium :
Quel est le quotidien du Solarium, quand il n’est pas vide ? Un tel lieu est-il indispensable pour une soirée loto ? L’organisation d’une lan-party (jeux informatiques en réseau) est sûrement appréciée, mais était-ce une demande forte des habitants ?
Ne trouvez-vous pas surprenant que l’Ecole de Musique aille s’y exiler quand on connaît l’acoustique idéale du Théâtre des 4 Saisons ?
Que dire de l’exposition artisanale dont la fréquentation doit pâtir d’un lieu si éloigné de toute activité ?
Est-ce vraiment le rôle de la municipalité , dans un pays laïque, que de fournir une salle pour la messe de minuit ?
L’équipement n’est-il pas surdimensionné pour le spectacle de la troupe amateur de la MJC Malartic ?
Ne nous méprenons pas ! Les associations ne sont en aucune mesure responsables de cette situation ubuesque. La pression exercée (via les subventions, si faciles à « moduler ») est telle qu’il est préférable de ne pas renâcler, même au prix du bon sens. Et comme le Maire doit remplir le Solarium au moins un jour par semaine...
Le Solarium : un handicap pour la ville
Financièrement , le mal est fait. Les emprunts sont maintenant à rembourser. Mais, à condition de bien vouloir les reconnaître et les analyser, les conséquences négatives pour la vie de la cité pourraient être corrigées.
S’est-on demandé quelles étaient les répercussions sur l’utilisation du Théâtre des 4 Saisons, qui percevait une recette chaque fois qu’une association de Gradignan l’utilisait ? Comment ont évolué sa fréquentationcumulée et son déficit d’exploitation depuis le début 2003 ? Nous devons être la seul commune de la C.U.B. à disposer d’un équipement si parfaitement adapté au théâtre, à la musique, à la danse, et « interdit » de fait aux associations locales. Les chiffres seraient les bienvenus. Est-ce trop demander à la mairie ?
Les conséquences sont gênantes, aussi, pour l’animation des quartiers. Quand une MJC préfère traverser la ville pour aller se produire dans le désert, que devient la logique d’animation ? Sans compter que l’existence du Solarium permet de renvoyer aux calendes grecques les demandes d’équipements modestes, plus proches, au service des habitants et des associations.
Alors que faire ?
Le mal est là. Le diagnostic est simple. Nous aimerions que le projet d’utilisation et d’animation qui aurait dû accompagner le dossier de création de l’équipement collectif et que la municipalité n’a jamais pris le temps de rédiger soit enfin élaboré !
Que l’on fasse un état objectif de l’impact du Solarium sur la vie locale, que l’on associe les habitants et les associations à l’animation de leur ville et que l’on recueille et exploite leurs idées, sans doute nombreuses.
Faudra-t-il patienter jusqu’aux élections municipales de 2007 pour voir la raison l’emporter ?