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Solidarité dans le quartier Malartic

Mobilisation contre l’expulsion d’une réfugiée
mis en ligne le : mardi 9 octobre 2007.

Ce vendredi en fin d’après-midi, nous avons été nombreux à répondre à l’appel du Réseau Education Sans Frontières, de la Ligue des Droits de l’Homme et des associations de parents d’élèves.

Militants associatifs ou politiques, habitants du quartier, connaissances et amis étaient là, pour manifester leur soutien à la maman d’Abigaelle, menacée d’expulsion. Les élues Anne-Marie Keiser et Claire Le Lann se sont associées à la manifestation.

Abigaelle est scolarisée à l’école maternelle de Malartic. Elle est née en France après que sa maman enceinte ait fui l’Angola où son mari, opposant politique a disparu et où ses autres enfants avaient été emprisonnés, avant qu’elle ne prenne leur place. En prison, elle a subi des violences et des sévices dont elle ne s’est pas encore remise. Elle a demandé asile en France, mais le statut de réfugiée politique ne lui a pas été accordé. Un titre de séjour provisoire lui a été accordé à titre sanitaire. Mais le renouvellement de ce titre n’est pas assuré et elle risque d’être expulsée pour l’Angola et d’y retrouver la prison et la torture.

C’est Sylvie Karbia, au nom de RESF, qui expose calmement la situation à la presse. Au fil du récit, c’est à une histoire tragique que nous sommes confrontés. La situation est simple : Abigaelle n’est pas expulsable. On donne à sa maman le choix suivant : soit rentrer en Angola avec elle soit l’abandonner en France où elle sera prise en charge dans un foyer. Bien entendu, aucune de ces deux solutions n’est supportable.

C’est d’une voix posée mais dont on sent combien elle est chargée d’émotion (et aussi de colère) que Sylvie continue à plaider la défense de la maman d’Abigaelle. Sa santé demeure très fragile, et elle reste sans nouvelles de ses autres enfants. L’avocate de RESF33 essaie de les retrouver, pour établir les preuves qui permettront d’obtenir le statut de réfugiée politique, mais rien n’est facile. En attendant, la menace d’expulsion plane.

Chacun perçoit profondément combien, derrière les grands discours sur la « maîtrise de l’immigration », le durcissement des consignes et la volonté de Nicolas Sarkozy et de Brice Hortefeux de « faire du chiffre » en expulsant les immigrés illégaux, il y a quantité de drames humains.

Mais là, c’est chez nous, à Gradignan, dans notre quartier, et l’on est directement interpellés. Il s’agit d’une personne dont l’intégrité physique est menacée et qui est venue chez nous pour avoir la vie sauve ! Elle demande asile. Le constat de la situation nous montre comment l’application brutale et aveugle de la loi nous éloigne chaque jour de la simple humanité.

Denys Breysse