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Des discours de Chirac énonçant la recherche et la lutte contre les handicaps comme des priorités (parmi quelques dizaines d’autres, c’est vrai) aux actes du gouvernement, le fossé est grand. Citons deux exemples récents.
Le premier exemple concerne l’enseignement supérieur (n’oublions pas que le campus universitaire est en partie situé sur la commune de Gradignan). Lors de l’examen du projet de budget 2005 de l’Université Bordeaux 1, le Conseil d’Administration de l’Université a voté à l’unanimité (présidence, enseignants et chercheurs, personnels administratifs et techniques, étudiants) une motion qu’il a adressée au Ministère :
« Le Conseil d’Administration de l’Université Bordeaux 1 Sciences et Technologies, réuni le 14 décembre 2004 pour examiner le projet de budget de l’année 2005, constate avec inquiétude l’érosion de la dotation globale de fonctionnement dans une période où les coûts des fluides et les frais d’entretien de locaux augmentent notablement. Ainsi, dans l’état actuel du budget :
les crédits alloués au fonctionnement pédagogique des composantes d’enseignement sont largement insuffisants pour assurer une formation de qualité,
la mise en sécurité des bâtiments et les mesures envisagées pour permettre l’accessibilité des bâtiments aux handicapés ne peuvent être engagés à la hauteur des ambitions de l’état dans ce domaine,
la vétusté des locaux d’enseignement et de recherche qui datent de plus de 40 ans s’aggrave, nuisant ainsi à l’attractivité de notre site universitaire scientifique.
Le Conseil demande instamment un complément de dotation lui permettant de faire face à ses missions de service public. A la lumière de l’expérience récente du mouvement des chercheurs, le conseil souhaite que nos tutelles prennent en compte rapidement notre message résumant les difficultés croissantes des universités françaises à conforter une formation de qualité pleinement reconnue dans l’espace européen de l’enseignement supérieur ».
Le deuxième exemple, concerne les collèges. Si les bâtiments sont à la charge des départements, l’état fixe chaque année les dotations (la fameuse dotation globale horaire - DGH) qui permettent à l’équipe pédagogique de remplir sa mission.
Au collège Alfred Mauguin, qui accueille les enfants de Gradignan et de Canéjan, les effectifs, après une baisse régulière, se sont stabilisés depuis trois ans. Petit problème, pour un nombre stable d’enfants, la dotation est à la baisse : 14 heures ont été perdues en 2004 (avec en fait une augmentation du nombre d’élèves !), et 9 heures vont l’être encore l’an prochain. 23 heures de moins, c’est un poste et demi d’enseignant que l’on supprime sans l’afficher.
Pour protester contre cette politique injuste qui met l’administration et les enseignants devant le fait accompli, les parents d’élèves FCPE, relayant une initiative départementale de leur fédération, ont organisé le 16 février 2005 une opération [silhouettes noires] devant l’établissement et une distribution de tracts. Les silhouettes cartonnées rappelaient combien les enjeux de l’éducation sont essentiels et mis à mal par la politique gouvernementale.
On aimerait bien savoir ce qu’en pense M. Labardin... Difficile peut être pour un maire de droite de marquer sa désapprobation de la politique nationale menée par Raffarin. D’ailleurs, l’an dernier à la même époque, la représentante de la municipalité au conseil d’administration du collège Mauguin n’avait-elle pas marqué sa singularité en refusant de se joindre à la motion de protestation des enseignants, des parents d’élèves, des représentants du personnel et des autres élus (Conseil Général, Mairie de Gradignan), dénonçant la baisse de moyens ?