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Le volet urbanisme du Projet d’Aménagement et de Développement Durable (P.A.D.D.) a suscité les premières réactions de l’opposition. Cette pièce maîtresse du Plan Local dUrbanisme fixe les grandes orientations stratégiques en termes d’aménagement et de développement durable. Claire Le Lann rappelait la nécessité d’éviter le grignotage des espaces naturels. M. Canivenc s’est aussitôt emparé de la question pour rappeler que le Conseil Général soutenait le grand contournement. première attaque qu’A.M. Keiser a retourné à l’envoyeur en rappelant d’autres tentatives de diviser l’opposition.
Avant le budget ont été abordées deux autres questions. La composition du jury devant désigner le maître d’oeuvre de la médiathèque a été votée à l’unanimité. L’opposition s’est abstenue sur les décisions modificatives concernant les réajustements du budget 2003 et a rappelé sa demande d’une amélioration des subventions accordées aux associations.
M. Labardin présente ensuite le budget primitif 2004 et les quatre axes forts sur lesquels il est construit :
412 800 € pour les services, échanges, la solidarité (ce qui inclut le PLG, les MJC, les clubs de tennis, football et rugby, le contrat temps libre jeunes, le SIVU, l’accessibilité des gradignanais à la piscine de Villenave d’Ornon (pour 45 000 €),
748 000 € pour le cadre de vie et l’environnement urbain, dont les réseaux piétonniers et cyclables, la voirie, l’assainissement et l’éclairage publics, les travaux sur l’Eau Bourde,
640 000 € pour les nouveaux équipements, dont 400 000 € pour les études et la première tranche de rénovation du Château de l’Ermitage,
948 740 € pour l’entretien du patrimoine et le développement des compétences des services municipaux.
Le maire rappelle avec insistance la pérennisation des sept emplois jeunes dans les services municipaux. On se demande encore si c’est pour rendre hommage à une mesure mise en place par un gouvernement de gauche...
Claire Le Lann s’étonne de l’endettement de la commune par habitant, qui atteint presque le double de celui de Talence. Elle confirme le soutien total de l’opposition aux associations mais annonce qu’elle ne votera pas le budget. Le maire qualifie cette position de « grand écart ». Curieuse manoeuvre intellectuelle de vouloir ainsi réduire les positions politiques de l’opposition à une figure de gymnastique. Déformer ou caricaturer chaque tentative de dialogue de l’opposition, voila la conception du débat pour M. Labardin... Il estime que les comparaisons entre villes de population différente sont hasardeuses, alors qu’il a lui-même fait de telles comparaisons avec Pessac lors de précédents conseils...
Anne-Marie Keiser prend la parole pour rappeler dans un premier temps les conditions lamentables du débat dans ce conseil dont un adjoint n’hésite pas à caricaturer dans le journal municipal l’action du Conseil Général dans la restructuration du Collège Monjous. Le maire l’interrompt en rappelant que c’est lui qui conduit les débats et qui distribue selon son bon vouloir la parole. Son problème, c’est qu’il confond conduite des débats et confiscation de la parole : lui seul peut s’exprimer et estime avoir légitimité pour le faire...
Anne-Marie Keiser, avec détermination, termine son intervention, en qualifiant le budget 2004 de « copié-collé » du budget 2003, budget asphyxié par la lourdeur de l’endettement et la faiblesse de l’autofinancement. Elle souligne que les dotations de l’Etat n’augmenteront que de 0,95 %, soit moins que l’inflation. L’endettement de la commune est en augmentation constante (681 € par habitant en 1999, 709 € en 2001, 805 € en 2003 et 886 € en 2004), soit plus de 30 % en 5 ans. Elle est interrompue par M. le Maire, pour qui « avec des taux à 3,5 %, il est inutile de se priver de la dette ! ». Tant pis s’il faudra rembourser demain !
A.M. Keiser souligne également les limites des projets d’investissement (les travaux de l’Ermitage sont scindés en deux tranches). Elle manifeste aussi sa vigilance pour les études concernant la médiathèque et rappelle que le coût final du Solarium a été 2,5 fois plus élevé que prévu au départ. Quand à la piscine promise pendant la campagne électorale... les gradignanais l’attendront encore longtemps.
Cette intervention semble insupportable pour M. Labardin qui a cette phrase étonnante : « vous nous faites souverainement rire ». Phrase décidément révélatrice de sa conception du débat démocratique. Nous sommes affligés, atterrés devant cette incapacité d’un maire à ne pouvoir concevoir son rôle sans une attitude autocratique et méprisante. Il faut rappeler que l’exercice de la démocratie requiert le respect. M. Labardin, par ses dérapages successifs, montre à quel point il est incapable d’assumer son rôle : le Prince Consort n’a conservé de l’héritage de la fonction de maire que la tradition de mépris de l’opposition.
Et c’est M. Canivenc qui monte au créneau contre le Conseil général, encore une fois, qui ne participe pas aux projets d’investissements. A.M. Keiser lui rappelle simplement que Gradignan n’a déposé aucune demande ! Claire Le Lann revient sur sa comparaison avec Talence, tout à fait justifiée : Talence offre une médiathèque, une piscine, une école de musique gratuite et d’autres services municipaux, pour un endettement deux fois plus faible. M. Labardin y voit du catastrophisme, conclut qu’ « on ne va pas épiloguer des heures et des heures » et décide de passer au vote. Anne-Marie Keiser soulève alors le problème d’une conseillère municipale qui, étant présidente d’une association, va se trouver en position de se voter une subvention. Le Maire n’y voit aucune incompatibilité et le vote a lieu, l’opposition votant contre.
Les points suivants de l’ordre du jour concernent les tarifs 2004 des différentes structures municipales. Jean-Paul Jourdan attire l’attention sur l’augmentation des prestations du Comité de la Caisse des Dépôts et Consignations gérant le Centre de Loisirs. Sont également présentés les tarifs de location de la Salle du Solarium :
255 € pour une ssociation gradignanaise ou pour une association extérieure à caractère social ou caritatif, pour les associations d’étudiants ou d’intérêt local,
1000 € pour les associations paracommerciales,
3060 € pour les autres utilisateurs. La gratuité peut être accordée pour des manifestations d’intérêt général pour la collectivité.
C. Le Lann demande des précisions sur ce dernier point.
Le maire cite deux exemples : les Assises contre l’exclusion, organisées par le Conseil Général, et la Messe de Minuit de la Paroisse. Curieuse référence en ces temps de crise de la laïcité...
Les décisions concernant le régime indemnitaire du personnel communal et des agents recenseurs sont votées à l’unanimité, ainsi que la composition du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance, et la mise en oeuvre d’un audit de l’éclairage public communal. le Maire s’autorise sur ces points de longues litanies, n’ajoutant rien aux exposés de ses adjoints, mais lui procurant sans doute une grande satisfaction.
Ce conseil municipal, pénible en raison de l’autoritarisme de son maire, se termine sur les voeux de règle en cette période et sur une invitation à « un verre de l’amitié pour poursuivre dans la convivialité ». On croit réver ! Mais non, ce n’est qu’une maladresse supplémentaire de M. Labardin. Dans sa conception de l’exercice, son mépris pour la démocratie et son manque d’envergure à diriger un débat peuvent se diluer dans une coupe de champagne. Ce n’est pas l’option choisie par nos représentants, qui doivent sans cesse batailler pour pouvoir faire entendre leurs positions. Oui, les citoyens gradignanais méritent mieux qu’un simple "Réglement de comptes de Noël", comme le titrait Sud-Ouest du 22 décembre 2003. Encore une fois, l’opposition s’est efforcée d’élever le débat politique dans un lieu où la parole est confisquée et dénigrée au service d’une poignée d’élus d’un autre temps.