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Vu et entendu au Conseil Municipal du 22 novembre 2004

mis en ligne le : mardi 30 novembre 2004.

C’est un Conseil municipal dans le droit fil de la démocratie locale façon Michel Labardin qui s’est tenu le lundi 22 novembre 2004 : il illustre à merveille la pratique partisane d’un maire qui ne sait toujours pas débattre sereinement et respecter l’opposition.

Le dossier de la Poterie semble être devenu un prétexte pour notre Maire à s’acharner sur sa bête noire, Anne-Marie Keiser, et sur l’opposition de gauche. Triste spectacle une fois de plus de la manipulation politicienne par la majorité municipale d’un problème d’intérêt général. Le ton est donné dès le départ quand Jean-Paul Jourdan précise qu’il ajourne un projet d’intervention suite aux propos infâmes tenus par un adjoint lors du Conseil municipal précédent afin de ne pas interférer avec le sujet à l’ordre du jour.

Fidèle à lui-même, Michel Labardin répond avec fiel et mépris qu’il le remercie de son intervention vertueuse bien que, pour lui « déclarer ne pas interférer est déjà une interférence »... Quel humour ! Eh oui , M. Labardin rêve d’un Conseil municipal où aucune intervention de l’opposition ne viendrait troubler ses longs monologues... tout un programme.

Suit donc l’historique du « dossier de la Poterie », les comptages des P.L. (350 en 24 heures dont 40% de semi-remorques), les mesures acoustiques, les diagnostics relatifs à la chaussée, l’arrêté d’interdiction aux véhicules de plus de 3,5 tonnes pris par le Maire de Canéjan en 1999, le premier courriel envoyé par Gradignan en 2001, les premières réunions et les premières études des communes de Canéjan et Gradignan, la création de l’Association des Riverains de la Poterie en 2002, les diverses solutions proposées par Canéjan et rejetées pour une solution avancée par la C.U.B à la demande de Gradignan. Il se félicite du travail mené par ses soins depuis 2 ans (on n’est jamais mieux servi que par soi-même, merci pour son prédécesseur) pour faire avancer les solutions . Après cet historique « bien orienté » il propose un vote sur le voeu devant amener à l’arrêté municipal interdisant le passage des camions de plus de 3,5 tonnes sur l’Avenue de la Poterie.

Anne-Marie Keiser précise que l’opposition votera pour ce voeu, "sans réserve et sans ambiguïté". Cependant, elle tient à rappeler à son tour l’historique du dossier (Ponce-Pilate (à propos de la Poterie), Poterie et nuisances sonores), le cadre juridique, entériné par les deux municipalités, donnant à ces terrains une vocation de zone d’activités sans aucune restriction quant à leur nature. Quant à l’aménagement de la zone de la Poterie, l’arrêté de lotir n’a fait l’objet d’aucune restriction, le co-promoteur étant, il est vrai, adjoint à l’urbanisme dans le Conseil municipal précédent de Gradignan (ndlr. de droite). Les deux équipes municipales ont travaillé main dans la main pour l’ensemble de ce projet...

La solution envisagée semble relever d’une vision à court terme car la D.D.E. a émis un avis réservé sur la faisabilité d’une contre-allée longeant l’A 63. Anne-Marie Keiser s’interroge sur la portée de l’initiative et sur cette délibération qui pourrait être remise en cause (ce que montrera la suite).

M. Labardin reproche de manière très agressive à la Conseillère générale de ne pas s’être impliquée dans ce dossier car elle n’est... pas venue le voir ! Anne-Marie Keiser lui rappelle qu’il n’a pas jugé bon de l’inviter aux réunions traitant de ce sujet.

Claire Le Lann prend la parole pour lire une déclaration des Verts, malgré les multiples interruptions de M. Labardin dont la goujaterie rejoint le mépris pour les élus. Ces interruptions la poussent à s’interroger avec colère sur « les propos du Maire lors des pauses-quartiers », sur son « cinéma quant à la démocratie de proximité » et sur ses interruptions systématiques et intempestives dès que l’opposition prend la parole au Conseil municipal.

M. Del Perugia rappelle le refus de Gradignan d’accueillir sur son territoire à Bersol cinq entreprises, de même que le Multiplexe (logé à Talence) et bien d’autres activités pour ne pas générer de nuisances. M. Labardin se gargarise alors d’un long monologue sur le développement durable (l’a-t-il vraiment compris au delà du discours ?) et la coopération transversale (il écrira en ce sens à son homologue de Canéjan).

M. Fabia, façon fidèle chien de garde, en remet une couche sur la souffrance des habitants et sur la démagogie de la Conseillère générale. Il est vrai qu’en la matière il est souverain... On croit rêver devant l’instrumentalisation aussi abjecte d’une cause portée, ne lui en déplaise, aussi par la gauche !

Quant à M. Lapouyade, qui se réjouit de l’unanimité des votes au-delà des différences d’appréciation, nous apprenons qu’il n’appartient plus aux Verts, même s’il partage leur avis sur le dossier de la Poterie. S’ensuit un procès d’intention de l’ex-Vert sur « l’attitude présumée des socialistes » s’ils avaient été majoritaires dans ce conseil. L’absurdité et la gratuité d’une telle attaque sont confondantes... Anne-Marie Keiser s’élève contre de tels propos plus que malheureux.

M. Latour, par ailleurs président du Club des entreprises de l’Orée du Tech, intervient à son tour sur le rôle que doivent assumer les municipalités en amont de la création des zones d’activités. C’est un avis fort intéressant et raisonnable. Dommage qu’on ne l’ait pas écouté au Château. M. Canivenc, piqué au vif, précise qu’il avait donné son accord par « solidarité avec Canéjan », en prenant « toutes les précautions nécessaires »...

Bien qu’habitués à l’autosatisfaction de cette équipe municipale, on reste effaré de mesurer le déni systématique des responsabilités à assumer. Le refrain est connu : leurs actions ne supportent aucune discussion !

M. Labardin ne supporte plus d’entendre Jean-Paul Jourdan ou Anne-Marie Keiser rappeler qu’ils votent ce voeu « sans réserve et sans ambiguïté » mais en s’inquiétant de l’application des mesures et d’une solution optimale. Pour lui, il n’existe aucun problème et ses convictions personnelles suffisent à régler toutes les difficultés. Quelle leçon pour le nombreux public qui a répondu présent ce 22 novembre 2004 !

Claire Le Lann intervient pour mettre en cause « le tout routier » et le projet de grand contournement de Bordeaux. Elle rappelle qu’elle n’a pas été invitée, elle non plus, comme elle l’avait déjà dit au Maire en novembre 2003, aux réunions...

M. Del Perugia, qui doit « pour la première fois en 22 ans de carrière se prononcer en opposition avec une commune voisine », demande un scrutin public. Si ce n’est pas une démarche démagogique pour jeter la suspicion sur l’opposition, cela y ressemble beaucoup. Une dramatisation bien inutile après les interventions sans ambiguïté des conseillers municipaux de gauche. Le voeu est donc voté à l’unanimité à voix haute par chacun des conseillers.

La méthode a eu le mérite de nous rappeler les noms et la voix d’une vingtaine de conseillers qu’on finit par oublier à force de ne pas les entendre. Il y a des silences assourdissants dans cette majorité où seul le premier élu peut pérorer à son aise en laissant quelques miettes d’intervention à quatre ou cinq fidèles !

C’est ainsi que se termine un Conseil municipal où la méthode Labardin continue à faire ses dégâts : tout sujet est prétexte à jeter l’anathème sur les conseillers élus par 43% des gradignanais(es). Il reste incapable d’assurer les conditions d’un débat démocratique car trop occupé à afficher ses sentiments de mépris vis à vis de l’opposition de gauche, ce qui a étonné et surpris certains spectateurs loin d’imaginer un tel comportement.

Sa réécriture de l’histoire, dont il a soigneusement gommé les noms de Canivenc ou de Saint-Marc, et ses interventions partisanes ne nous font pas oublier l’intérêt des Riverains de la Poterie qui ont tout le soutien des élus socialistes.

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