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Vu et entendu au Conseil Municipal du 13 décembre 2004

mis en ligne le : samedi 1er janvier 2005.

C’est par une pensée dédiée à Aude, jeune fille de 19 ans fauchée par un camion à Gradignan, que débute le Conseil municipal, moment de solidarité avec sa famille et tous ses proches, que partagent l’ensemble des conseillers.

La Poterie, suite

Après le compte-rendu des procurations, M. le Maire demande de pouvoir « ester en justice », Canéjan ayant déposé une requête en référé contre l’arrêté municipal interdisant aux plus de 3,5 tonnes, sauf desserte locale, d’emprunter l’Allée de la Poterie. Le jugement sera rendu le 20 décembre 2004. L’Association des Riverains de la Poterie a transmis un message pour remercier l’ensemble du Conseil municipal de la décision prise.

Budget municipal

L’ordre du jour porte sur la décision modificatrice (D.M.) du budget 2004. M. Rivière rappelle que les dossiers ont été présentés en commission le 9 décembre et propose un vote par chapitre sur les réajustements nécessaires. Préférant répondre aux questions, il souhaite éviter une présentation fastidieuse. A.M. Keiser veut faire part de ses remarques, mais des problèmes de micro, avec de magnifiques effets Larsen, empêchent toute expression. M. Labardin souligne qu’il « est difficile de s’entendre et difficile de s’écouter ». Les problèmes techniques sont cependant rapidement réglés, se révélant plus faciles à résoudre que l’incapacité trop fréquente du maire à assurer la sérénité des débats avec l’ensemble des élus.

A A.M. Keiser qui souhaite avoir des précisions sur les 250 000 euros en annulation de dépenses « personnel », M. Rivière, relayé par M. Labardin, invoque les difficultés à prévoir exactement en fonction des mouvements en cours d’exercice. L’opposition s’abstient sur le vote de la D.M., mais pas M. Lapouyade qui vote... avec la majorité !

Vient ensuite le vote sur l’ensemble du budget de fonctionnement et d’investissement 2005 : 21 millions de dépenses et 21 millions de recettes, dont les impôts et taxes en représentent 13.

Dans les investissements c’est la Médiathèque qui représente le plus gros poste : 4 millions d’euros. M. Labardin, dans une de ses litanies habituelles, relève surtout les subventions aux associations et un taux de progression identique avec un effort particulier pour deux associations : l’école de musique Martenot en raison de sa bonne fréquentation et le VTT Club d’Aquitaine Bike, jeune association bénéficiant d’une ouverture de ligne à 500 euros. Le Centre la Prairie enregistre une forte baisse de sa subvention justifiée par la reprise de l’entretien les locaux par la Mairie. Enfin la disparition de la subvention à la Ludothèque le Petit Train est expliquée par la reprise de cette activité en gestion municipale.

A.M. Keiser précise la position des conseillers socialistes sur ce budget en demandant que le texte de son intervention soit annexé au P.V. Sa satisfaction concerne surtout la signature d’un contrat de développement durable avec le Conseil Général de la Gironde, contrat permettant enfin des aides financières pour la Commune, après 4 années perdues par la faute de la majorité.

Elle s’interroge sur le budget attribué au C.C.A.S, dont la progression ne sera peut-être pas suffisante pour prendre en compte la précarité qui se développe aussi à Gradignan.

Elle reste soucieuse face à l’optimisme affiché par M. Labardin quant aux Fonds européens et de l’Etat devant financer la Médiathèque en ces temps de réductions drastiques des budgets. Le soutien au projet de Médiathèque s’accompagne d’inquiétudes sur le montage prévu, qui va nécessiter un recours à l’emprunt le plus fort de la mandature, mais également le gel d’autres projets, comme c’est déjà le cas de la Maison des Associations, dont le budget voté en 2004 est « reporté »... A l’aune d’un tel choix on appréciera l’appui proclamé aux associations de Gradignan.

M. Labardin, certainement irrité par ces constats, rappelle les modalités s’appliquant aux textes à intégrer au P.V. de séance (2 feuilles, x caractères....) sur un ton méprisant qui laisse perplexe. Est-il si difficile en démocratie d’admettre l’existence d’une opposition qui « ose » exprimer un avis différent ? A.M. Keiser rétorque placidement que son intervention a la longueur habituelle et que cela n’a jamais posé problème. M. le Maire insiste alors pour l’obtenir dans l’instant, lui qui se dispense si souvent de fournir les supports écrits nécessaires au débat !

Il se plaint ensuite de l’inefficacité du Conseil Général de la Gironde, prend pour exemple la construction d’un local de poubelles installé sans autorisation (un exemple d’un grand intérêt !). Sa logorrhée s’étale sur les aléas des prévisions, il anticipe déjà « les promesses non tenues des collectivités locales les plus proches » car « il pressent le mouvement ». Il vitupère contre le « discours récurrent de l’opposition sur le recours à l’emprunt », justifie le gel du projet de Maison des associations qui prévoyait un regroupement des services permettant une meilleure fonctionnalité. Ce gel, selon lui, n’enlève rien aux associations « bien pourvues en équipements, moyens et logistique » (à elles d’apprécier ! elles qui se battent au quotidien recherchant qui un local disponible, qui de l’argent, qui des moyens humains...). Toujours plein d’humour « à l’insu de son plein gré » il termine en précisant que c’est « pour l’essentiel ce que je voulais dire ».

Puis, comme d’habitude, M. Canivenc en rajoute et s’interroge sur les conséquences pour les associations du choix de voter contre le budget. Il énonce avec conviction son message aux associations : « si vous avez une subvention, c’est grâce à la majorité ». Une telle finesse, une telle rigueur dans l’analyse laissent pantois. Rappelons, puisqu’il le faut, que les élus de gauche s’opposent à la majorité et non à l’action des associations qu’ils ont toujours soutenue.

René Lapouyade s’exprime alors pour expliquer son abstention : il souhaite participer sans caractère polémique (comprenne qui pourra !). M. Del Perugia insiste sur le fait que, pour cette Médiathèque demandée par tout le monde, « il ne faut pas lésiner ». J.P. Jourdan s’interroge sur l’adéquation entre moyens et ambitions. Claire Le Lann ajoute que la prudence en matière financière n’est pas incompatible avec le soutien à la médiathèque.

Comme d’habitude (mais quelquefois on se prend à imaginer un autre scénario), ces propos sont de trop pour M. Labardin qui se lance dans des accusations contre l’opposition qui rechercherait un angle d’attaque. Pour l’instant, c’est lui qui, après avoir maintes fois attaqué la Conseillère générale, s’en prend à la Conseillère régionale, mise en demeure d’appuyer la demande de subvention. Décidément M. Labardin a un problème avec ces instances. Dommage qu’il n’arrive même plus à avoir un minimum de respect pour leurs représentantes. J.P. Jourdan explique que les interventions de l’opposition ne sont que le reflet de l’exercice d’une attention vigilante et d’un droit de critique sur la gestion de la commune.

Quant à A.M. Keiser, elle doit encore rappeler (mais il n’est pire sourd que celui qui ne veut rien entendre) que le Conseil Général cible ses projets pour accorder les subventions. Aux reproches faits par M. Labardin de ne plus subventionner la Ludothèque, elle lui rappelle que le Conseil Général subventionne les ludothèques associatives, mais pas les ludothèques municipales. La commune bénéficie par ailleurs des subsides du Conseil général et salir pour exister, comme le fait le Maire, n’est pas acceptable. Les attaques injustifiées de M. Labardin relèvent-elles de l’ignorance ou de la mauvaise foi ?

Interviennent pour la majorité M. Labardin, M. Canivenc (et M. Lapouyade dont on ne sait plus pour qui il intervient...), enfin Mme Orsoni. Cette dernière interpelle directement J.P. Jourdan en se plaignant de ses interventions contre les décisions de la majorité. J.P. Jourdan rappelle à M. Labardin que le Règlement intérieur interdit cette pratique. Face au peu de réactions de M. le Maire, A.M. Keiser remarque fort opportunément qu’il doit y avoir un règlement pour la droite et un règlement pour la gauche !

Le vote se conclut par 28 voix pour, 6 voix contre et l’abstention de René Lapouyade.


Sont ensuite abordées différentes questions concernant les tarifs municipaux.

A propos des tarifs des Foyers restaurant et en réponse à des questions portant sur des tarifs différenciés selon l’âge et non pas selon les revenus ; M. Labardin reste flou, ajoutant curieusement : « je n’y vois pas beaucoup d’entre vous »...

S’agissant des tarifs de la Bibliothèque municipale, H. Breysse demande la gratuité pour les moins de 18 ans et les familles non imposables. M. Labardin se lance dans un discours sur la refonte nécessaire de la tarification de la Médiathèque car la nouvelle offre de services, prévue en 2007, l’exigera. Pour lui, les demandes d’aide sont traitées par le CCAS.

H. Breysse rappelle l’intérêt pour les familles en difficulté de bénéficier d’un droit inscrit plutôt que d’avoir à réclamer une aide. C’est M. Fabia qui, en bon disciple de son maître, s’étonne de voir l’opposition ne pas s’inquiéter d’une offre croissante de services. Une intervention qui fait avancer le débat... Mme Orsoni insiste sur la prise en charge par le CCAS des difficultés qui sont exprimées, d’autant plus que, d’après elle, certaines personnes préfèrent payer leurs cotisations à la Bibliothèque et être aidées ailleurs...

Ces échanges révèlent des pratiques clairement marquées politiquement. Comment favoriser la pratique régulière de la lecture ? Comment améliorer l’accès de toutes les familles gradignanaises à un lieu d’intégration culturelle par excellence, la Bibliothèque municipale si l’on oblige les familles en difficulté à solliciter une aide ?

Quand C. Le Lann s’interroge, à propos de l’organisation par la Mairie de stages de danse mixtes valides-handicapés, sur le fait que les associations pourraient être sollicitées, Mme Orsoni explique qu’aucune association n’est venue proposer ce travail ! M. Labardin se saisit de l’opportunité pour faire une longue tirade sur le « tissu associatif rayonnant » ... contredit par le point suivant à l’ordre du jour : la reprise en gestion directe de la Ludothèque.

En effet l’Association « la Ludothèque le Petit Train », institution vieille de 25 ans déjà (une des toutes premières ludothèques en Gironde, une ludothèque qui a accueilli les étudiants de l’I.U.T. proche, animée par des équipes de bénévoles depuis sa création) ne peut plus faire face à ses obligations financières. Pour se développer elle a recruté une personne en emploi-jeune. La pérennisation de cet emploi a été stoppée brutalement par le gouvernement. Les subventions sollicitées ne suffisent plus, sauf à augmenter considérablement les tarifs pour les familles, ce que l’Association a toujours refusé de faire. La municipalité a décidé « d’aider à sa manière cette association » en se substituant à elle... F. Moison propose l’adoption de tarifs prenant en compte les familles non imposables. Mais la réponse de M. Labardin est immuable : prise en charge possible par le CCAS, harmonisation en 2007.

Le « débat » se termine par un hommage rendu à l’ensemble des équipes de bénévoles qui se sont succédé dans cette Ludothèque.

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