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Une seule question à l’ordre du jour : la convention d’objectifs du contrat de Développement Durable entre le Conseil Général et la Mairie de Gradignan. Pour ceux qui avaient loupé le précèdent épisode, ce point avait été retiré de l’ordre du jour lors du dernier conseil, provoquant une altercation violente entre la majorité et Anne-Marie Keiser.
M. Belanger, adjoint au maire, prend la parole pour présenter la Convention. Deux parties dans ce texte, la première portant sur la convention d’objectif pour 2005/2006, la seconde étant le contrat opérationnel de Développement Durable. Le diagnostic de territoire avait déjà été établi suite à de nombreuses réunions et groupes de travail. Trois grands piliers sont avancés dans cette convention d’objectifs :
les équipements structurants : culture, accès aux services publics
la protection du patrimoine végétal et bâti : gestion forestière, berges de l’Eau Bourde, éco-citoyenneté, cheminements doux (pistes cyclables, chemins piétons)
la mixité sociale et l’action sociale : logement social, action pour l’insertion...
Il demande au Conseil municipal d’autoriser M. le Maire à signer le Contrat de Développement Durable.
Suit un épisode de haute démocratie : M. le Maire demande qui souhaite prendre la parole sur ce sujet. Seul M. Lapouyade lève la main. Pendant quelques secondes, plus personne ne se propose. Anne-Marie Keiser annonce qu’elle prendra la parole et là, par une heureuse coïncidence, Messieurs Belanger et Fabia sont pris d’une irrésistible envie de s’exprimer et lèvent mécaniquement la main. Bien sûr, on verra par la suite qu’il était impossible de prendre la parole une deuxième fois... L’important c’est d’avoir le dernier mot !
M. Lapouyade, se posant en censeur, voit dans ce texte le résultat d’un bras de fer entre le Conseil Général et la Mairie. L’état des lieux a été fait par une mairie et un conseil général en place depuis 30 ans, on peut donc selon lui, douter de l’objectivité du texte. Au final, c’est un patchwork avec des points noirs (le problème de l’augmentation du nombre de Rmistes sur Gradignan - supérieure à la moyenne départementale - n’est pas traité, rien sur le relogement d’urgence, la question de la natation débouche sur une formulation ambiguë : « Les attentes ne sont pas toutes satisfaites. La réouverture de la piscine de Talence les satisfera ».) Il aurait fallu « éloigner les tentations électorales » selon lui. Sarcastique et trop heureux d’assister à l’étalage public de dissensions au sein de l’opposition, le Maire lui sert un « Vous avez bien compris la musique » un peu mielleux.
Anne-Marie Keiser prend la parole avec gravité et revient sur les échanges violents, les sarcasmes et l’agressivité qu’elle avait essuyés le 27 juin lors du conseil municipal. Tous les élus ont droit au respect au nom de la démocratie. Elle s’étonne surtout que la convention d’objectifs soit la même que celle qui avait été retirée de l’ordre du jour le 27 juin et qui était alors considérée comme mauvaise par la Mairie. Incompréhension donc : pourquoi revenir aujourd’hui sur un texte inchangé ? Endossant les habits de conseillère générale, elle annonce que cette convention a été adoptée le matin même en Commission permanente du Conseil Général. Grâce à ce contrat pourront être financés (en tout ou partie) les équipements informatiques Haut débit de la médiathèque ou l’opération Lire en Poche. « Si la Mairie présente des dossiers aboutis sur des sujets relevant de cette convention d’objectif, je les ferai avancer avec vous » s’engage-t-elle. Elle rappelle aussi que 3 ans de financement ont bel et bien été perdus pour les équipements gradignanais... texte complet de la déclaration d’Anne-Marie Keiser
M. Belanger prend la parole dans un style qui se veut consensuel : pour lui le développement durable n’est plus un élément du clivage Droite/Gauche et ce contrat est voulu par la Mairie depuis longtemps. Mais il regrette des prises de position partisanes et personnelles qui ne sont, bien entendu, que du fait du Conseil Général. Et de raconter que lors de la première réunion avec le Conseil Général, il a ressenti « une volonté de censure ». Bien sûr, la Mairie, elle, travaille pour les seuls intérêts de la population de Gradignan.
M. Fabia rappelle que la CUB a adopté une charte de développement durable et se demande comment va fonctionner cette superposition. Il s’étonne que le plan s’arrête à l’année 2006 et que rien ne soit prévu pour 2007. Il y voit bien sûr un jeu électoral de la part du Conseil Général. Il conclut par un « Je voterai ce texte pour voir si la sincérité et les financement seront là » : toujours cette rancœur, toujours ce doute envers Anne-Marie Keiser...
Le Maire prend alors la parole pour une partition grandiose, à la limite du risible si le sujet n’était pas grave (Gradignan a tout de même perdu 3 ans et autant de possibilités de financement...). La municipalité se serait investie très tôt dans le dispositif avec une demande « dès 2004 » et une convention qui ne voit le jour qu’aujourd’hui : « Que de temps perdu ! » s’exclame celui qui a repoussé à deux reprises le vote de la convention en Conseil Municipal. Le diagnostic était partagé mais la convention d’objectif proposée par la mairie aurait été « charcutée » par le Conseil Général (retrait de la mention HQE pour la médiathèque, dévalorisation des équipements sportifs,...). Le bâtiment de la médiathèque ne sera pas financé « malgré les promesses de la Conseillère Générale » (l’équipement, lui, le sera, mais le maire feint de l’ignorer). Il demande solennellement le soutien de la Conseillère Générale puisque l’appui financier du Conseil Général reprend après qu’il se soit tari, selon lui, entre 2000 et 2005. Evidemment la source de ce pseudo-tarissement tient en un nom : Anne-Marie Keiser, qui se serait personnellement opposée à tous les financements pour des raisons politiques. Et de servir le couplet de Gradignan la mal-aimée du Conseil Général : le maire se met à citer tous les équipements de la ville pour lesquels il n’y a pas eu participation du Conseil Général (en oubliant tous les autres) : le Solarium (qui est comme chacun sait une grande réussite), les parcours cyclables, la rénovation de la Mairie, le dortoir et la restauration des écoles, les sanitaires de Saint-Exupéry (non, non vous ne rêvez pas)...
A ce stade, Anne-Marie Keiser, qui souhaite répondre à une telle mauvaise foi ne peut pas reprendre la parole « s’étant déjà exprimé » (déjà bien beau qu’elle ait pu parler une fois, elle se croit où : en démocratie ?) Elle ne peut donc pas rappeler que le Conseil Général n’oublie naturellement pas Gradignan dans le cadre de ses attributions et vient par exemple de rénover le collège Monjous...
Pour finir, le Maire se lance dans une diatribe anti-socialiste, digne d’un Sarkozy en herbe, se classant ainsi clairement à droite. « Nous ne sommes pas prêts à recevoir la leçon : quelle éthique avez-vous, vous, qui vous prétendez socialistes lorsque vous mettez en ligne un courrier d’un conseiller municipal qui ne vous était pas destiné ? »
Cette « entorse à l’éthique » mérite quelques éclaircissements : les Conseillers Municipaux d’opposition ont toujours réclamé à la Mairie d’être invités aux différentes manifestations de la commune et en particulier aux pauses-quartiers organisées par la municipalité. ; La mairie a toujours rétorqué que les Conseillers Municipaux n’étaient pas invités à ces pauses-quartiers, qu’ils recevaient seulement une invitation en tant qu’habitant, quand leur quartier était concerné. Or, un conseiller d’opposition a reçu par erreur, du fait d’une homonymie partielle, un courrier de la mairie destiné aux conseillers de la majorité. Et, ô surprise, il comportait une invitation à la prochaine pause-quartier, invitation qui n’existe pas selon la Mairie. Cette invitation était accompagnée d’une longue liste de manifestations de la commune, dont seulement quelques-unes ont été tardivement communiquées aux conseillers de l’opposition. les dates et lieux de toutes les manifestations de la commune, liste que l’on refuse aux conseillers d’opposition. L’invitation qui n’existait pas a été mise en ligne sur notre site pour alerter la population, mais le Maire n’aime pas être pris en flagrant délit de rétention d’information, lui si grand démocrate !
Sans que personne ne puisse reprendre la parole, le texte est mis aux voix et adopté à l’unanimité.
Dorian Roucher