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A cette occasion, Claire Le Lann (Les Verts) prend la parole pour pointer tous les questionnements en cours (renégociation du contrat avec la Lyonnaise, encombrement encore réel des réseaux routiers, notamment sur les axes transversaux comme les boulevards non desservis par le tramway, sous-équipement de l’agglomération en ce qui concerne le tri sélectif même si des progrès ont été accomplis). Rappelons que ces rapports d’activité ne donnent pas lieu à un vote et sont simplement communiqués aux conseils municipaux des 27 communes.
La première délibération de ce conseil concerne la création d’un cheminement piétons et vélos entre le centre-ville et le collège Monjous. Deux opérations sont réalisées à ce titre : une cession à titre gratuit par le Conseil Général d’une bande de terrain de 1640 mètres carrés et l’acquisition par la Mairie d’une bande de 585 mètres carrés auprès d’un particulier pour 38 000 €. Anne-Marie Keiser (PS) prend la parole pour insister sur la part prise par le Conseil Général en la matière. Mais certains diront encore que le Conseil Général ne fait rien pour Gradignan !
Vers une maisons des associations ?
La délibération suivante concerne l’aménagement du Château de l’Ermitage en plateau de service public et associatif. Ce projet prévu dès 2003 avait dû être repoussé suite aux problèmes de financement de la médiathèque. Le projet de réhabilitation se monte à 1,6 million d’euros TTC. Il est adopté à l’unanimité. Il faut espérer que le château de l’Ermitage deviendra une vraie maison des associations, c’est-à-dire un lieu où les associations trouveront l’appui logistique nécessaire à leurs activités et un relais à leurs initiatives.
Le PLIE - TGV
Vient la question du PLIE (Plan Local pour l’Insertion et pour l’Emploi) que la commune souhaite constituer avec Talence et Villenave d’Ornon. Surprise de Jean-Paul Jourdan (PS) qui s’étonne que tous les détails contenus dans cette délibération ne soient pas portés sur la note de synthèse des délibérations, le seul document que les élus ont entre les mains avant le conseil. Anne-Marie Keiser revient sur cette intervention pour demander à son tour que les textes soumis aux votes soient communiqués par écrit, dans leur intégralité, aux conseillers pour qu’ils sachent au moins sur quoi ils votent... Exigence démocratique minimale bien sûr mais la démocratie n’est pas le fort de la droite gradignanaise aux affaires.
Michel Labardin rétorque que l’opposition est parfaitement ( !) informée des affaires municipales en commission et qu’il est donc inutile de porter à la connaissance des conseillers les textes intégraux des délibérations soumises à leur vote... (autrement dit, mesdames et messieurs les conseillers, on vous concède les titres des délibérations et on pousse l’amabilité jusqu’à vous lire les textes des délibérations : de quoi vous plaignez-vous ?...).
Par ailleurs, sur le fond, Anne-Marie Keiser rappelle le scepticisme de la gauche municipale qui défendait sur cette question, le rattachement de la commune au PLIE des Graves existant déjà (comprenant notamment Pessac, Cestas et Canéjan) plutôt que la création d’un nouveau PLIE. C’est un problème de cohérence. En effet, la Mission locale pour l’emploi, autre institution majeure en matière de lutte contre le chômage, regroupe les communes de Gradignan, Pessac, Cestas et Canéjan. La création d’un PLIE avec d’autres communes fait se chevaucher des structures sur des territoires différents et risque de brouiller la lisibilité du système. Pour ces raisons de bon sens et de bonne gestion des deniers publics, Anne-Marie Keiser annonce que l’opposition s’abstiendra sur cette délibération.
Claire Le Lann prend la parole : la droite défend un projet TGV (Talence-Gradignan-Villenave) qui présente une homogénéité (politique) évidente : c’est l’attente des municipalités de droite. La gauche défend un rattachement de la commune au PLIE existant, car la multiplication des structures est coûteuse.
Sur ce dossier, René Lapouyade, l’électron libre du Conseil Municipal, (ex-Vert) regrette que le projet ait été retardé « pour des raisons politiciennes » et vote « pour » avec la droite.
La délibération suivante concerne la cession par la commune de deux parcelles à la SCI Solarium, acquise par la commune il y a longtemps. Anne-Marie Keiser profite de l’occasion pour réitérer sa demande de disposer in extenso du texte de la délibération avant la réunion du conseil municipal. Fin de non-recevoir du Maire qui, à court d’argument, finit par lâcher : « Allez-voir dans les villes voisines ! ». Mais quelqu’un devrait lui rappeler qu’en terme de démocratie locale la comparaison avec les « villes voisines » n’est pas à l’avantage de Gradignan (pas de conseil municipal des jeunes, pas de conseils de quartier, opposition pour le moins ignorée,...). Rappelons par exemple qu’à Canéjan, le public peut interpeller les élus à la fin du Conseil Municipal !
Jean-Paul Jourdan, visiblement non sans arrière-pensée, demande au Maire à quel prix au mètre carré cette vente doit s’effectuer, car il « s’intéresse au prix du mètre carré à Gradignan ». Il varie en effet beaucoup d’un endroit à l’autre sur la commune et peut-être, d’un acheteur à l’autre...
La médiathèque et les coûts de fonctionnement
Le Maire fait état de l’avancement du chantier de la médiathèque et du retard pris en raison d’aménagements pour l’accessibilité à toutes sortes de handicaps et aux équipements HQE (Haute Qualité Environnementale). Il fait alors un point sur les finances. Prévue en novembre 2003 à 6,5 millions d’euros HT, l’enveloppe des travaux s’établit à 6,7 millions. Les subventions (Europe, Etat, Région, Conseil Général de la Gironde) ont été, en masse, celles que l’on attendait (2,9 millions d’euros). Cependant, le Maire avait imprudemment tablé sur une aide de l’Europe conséquente. Il n’a pas obtenu le montant espéré. « Nous revenons de loin » a t-il avoué. Il faut ajouter que la Ville a contracté en août dernier un nouvel emprunt de 800.000 € !
Autant M. le Maire s’est spontanément senti en devoir de faire devant le Conseil Municipal le bilan financier de l’opération médiathèque, autant il a rechigné de dire où nous en sommes en matière de recrutement des personnels pour la faire fonctionner. Le personnel des bibliothèques, a-t-il fini par concéder, passera de douze personnes (effectif actuel) à vingt. Magnifique et indispensable équipement culturel, la médiathèque de Gradignan n’a pas fini de faire parler d’elle : il faudra voir, à l’usage, quelles dépenses de fonctionnement elle engendrera chaque année.
Dorian Roucher, Jean-Paul Jourdan