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Monsieur le Maire fait monter en première ligne son adjoint aux finances, M. Rivière, lequel passe en revue, assez longuement, le document budgétaire, à savoir un fort volume de tableaux chiffrés dont la lecture n’est guère aisée. L’intervention de M. l’adjoint est assez fastidieuse, peu digeste, plutôt technique et pas très politique. Puis Michel Labardin qui, pendant l’intervention d’Henri Rivière semble avoir l’esprit ailleurs, ouvre la discussion.
Des promesses à la réalité
Anne-Marie Keiser (PS) prend la parole au nom de l’opposition municipale pour dire le manque d’ambition du budget qui est présenté aux élus. Elle rappelle le programme électoral sur lequel a été élue la majorité municipale.
A la rubrique « animation de la ville », on y lit « création d’une piscine intercommunale, création d’un mur à gauche pour la pelote basque, création d’un festival de cinéma… ».
A la rubrique « solidarité », la majorité promettait « la construction de logements sociaux, la création d’un nouveau logement-foyer pour les anciens, le développement du logement des étudiants, la mise en place de coupons sport pour les jeunes de familles en difficulté, la création d’une résidence-services intergénérations, l’aménagement d’un espace récréatif à la Cité-Jardin ».
Autour de la thématique « qualité de la vie », on promettait « un effort exceptionnel pour la création et la réfection des trottoirs, l’aménagement de structures pour lutter contre le bruit à proximité des grands axes routiers ». On annonçait encore pour ce mandat « le renforcement des effectifs de police », « la création d’un pôle de services publics », « la modération fiscale et la limitation du recours à l’emprunt »…
Anne-Marie Keiser reconnaît que certaines choses ont été faites, notamment la médiathèque, un projet largement partagé par tous et que l’opposition municipale a soutenu. Mais il reste beaucoup à faire pour que les promesses faites en 2001 par la majorité soient tenues, sauf à considérer que « vos promesses n’ont engagé que ceux qui les ont écoutées » lance-t-elle à M. Labardin.
Une fiscalité qui s’accroît
Il est clair que l’on est loin du compte. La modération fiscale a été oubliée avec une hausse de la fiscalité en 2002, 2004, 2006 ; en 2007, les impôts prélevés par la commune sur les Gradignanais s’élèveront à 12,5 millions € contre 9,7 millions en 2001. Dans le même temps, l’endettement de la commune a fortement progressé en passant de 16 millions € en 2001 à 19,4 millions € aujourd’hui ; 2 millions € seront encore empruntés en 2007. Or les dettes d’aujourd’hui sont les impôts de demain. Ramenée au nombre d’habitants, la municipalité a endetté les Gradignanais à hauteur de 849 € par personne ! Les dépenses de fonctionnement, sous la pression notamment des charges de personnel, ne cessent de s’accroître… On comprend donc que la commune n’ait pas beaucoup de marge de manœuvre et que le budget concocté pour 2007 soit aussi tristounet que la séance du conseil municipal qui a vu son adoption.
A l’argumentation d’Anne-Marie Keiser, M. le Maire, toujours aussi las, ne répond pas, sauf pour dire qu’il se refuse de répondre ! Et aussitôt, il met aux voix le budget que les conseillers de la majorité, plus muets dans ce débat que des carpes, adoptent comme un seul homme (ou une seule femme). On l’a dit, M. le Maire semblait pressé d’aller vite.
Le reste de la séance est consacré à l’adoption de toute une série de tarifs (restauration scolaire, école municipale de musique…), rien que du classique à pareille époque de l’année : en décembre, les tarifs sont réajustés pour l’année qui suit. Mais, à la faveur des délibérations, on apprend que le torchon brûle entre M. le Maire et le Comité Social d’Etablissement de la Caisse des Dépôts et Consignations qui gére le centre aéré, la ville de Gradignan semblant traîner des pieds pour signer la convention qui la lie au Comité… On apprend aussi que le Musée de Sonneville, créé et inauguré il y a peu et dont l’entrée est gratuite, n’a reçu que 600 visiteurs en presque quatre mois. Quant à la salle du Solarium, « elle tourne à plein régime » Monsieur le Maire dixit. A voir !
Jean-Paul Jourdan