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Conseil municipal fleuve ce soir, commencé à 18h30, achevé à 22 heures passées. Pensez-donc : il ne s’était pas réuni depuis trois mois. Les choses vont comme cela à Gradignan où l’on se borne à réunir le conseil le moins souvent possible, c’est-à-dire guère plus que ce que la loi impose, soit quatre fois par an. La conséquence est un ordre du jour copieux, pour ne pas dire indigeste, pas moins de vingt quatre délibérations ce soir-là. C’est embêtant : comme il faut aller vite, on ne va pas toujours au fond des choses dans la discussion. Mais est-ce bien nécessaire ? Quoi qu’elle dise, l’opposition municipale a toujours tort selon M. le Maire…
Il y a d’abord eu la litanie du compte rendu des décisions prises par le maire par délégation que le conseil lui a accordée. C’est habituel car c’est la loi. Le premier des élus doit rendre compte devant l’assemblée communale des actes qu’il a passés (conventions, signatures de marché) entre deux réunions du conseil. Mais ce 25 juin, il a été vingt-huit fois au rapport, et souvent longuement ; normal, depuis trois mois que l’on ne s’était pas vu…
Il est maintenant environ 19 heures ; nous avons droit à deux communications, l’une sur la façon dont la commune a utilisé la Dotation de Solidarité Urbaine dont elle a bénéficié en 2006, l’autre sur le Plan Local d’Urbanisme, qui, adopté en juillet 2006, va faire l’objet d’une première modification. Ces communications ne donnent pas lieu à débat, cela n’est pas prévu.
19 h 30. On en vient à l’examen des délibérations. La plupart d’entre elles sont techniques et fort peu politiques, telle la délibération portant sur la fourniture de lubrifiants et de carburant pour la flotte automobile de la commune ou l’acquisition de telle parcelle auprès d’un particulier, pour raison d’alignement de voirie, au prix fixé par les domaines... En conséquence, elles sont adoptées à l’unanimité. La discussion portant sur le projet d’adoption, par la commune, d’une « charte environnement et développement durable » donne lieu à un échange haut en couleur entre M. Labardin et Claire Le Lann, élue d’opposition (Les Verts), au cours duquel les deux protagonistes se donnent du « tu », du « Cher Michel » et du « Chère Claire ». Mais la cocasserie a ses limites et on comprend mal comment M. le Maire a pu les franchir.
La grosse affaire de la soirée est le compte administratif 2006 et le budget supplémentaire 2007. C’est rituel ; on y a droit chaque année en juin ; c’est dans l’ordre des choses dans la vie d’une collectivité territoriale : on voit ce qu’a été l’exécution budgétaire de l’année écoulée et on ajuste le budget de l’année en cours. Ni l’un ni l’autre n’ont été approuvés par l’opposition.
Anne-Marie Keiser (P.S.) s’en explique en s’arrêtant à la vérité des chiffres. Les dépenses de fonctionnement ont poursuivi, en 2006, leur progression (+3,5% en 2005, + 5,3% en 2006). Parmi les dépenses, les dépenses de personnel ont cru de + 5,7% (+ 5,8% en 2005) : on voit vers où nous mènent les choix dispendieux centrés sur l’affichage et la communication, fait-elle observer. Quant aux impôts, ils ont pris +4,4% en 2006. Il faut bien financer les dépenses ! D’autant que les dépenses d’investissement ont été, de leur côté, multipliées par 2,5 entre 2005 et 2006 du fait de la construction et de l’équipement de la médiathèque. « L’opération médiathèque » était tout à fait nécessaire, mais, compte tenu de son coût, cette opération aura paralysé l’ensemble des projets structurants de notre commune. A preuve, la Maison des services publics et associatifs peine à voir le jour. Les crédits nécessaires à cette réalisation ont été inscrits au budget de… 2004 ! Depuis, ils ont été régulièrement reportés : en 2005, en 2006, en 2007, et, comble de cette affaire, les crédits inscrits pour 2007 sont partiellement…annulés par le budget supplémentaire ! Dans le même, temps, la majorité municipale n’ose pas avouer l’état de la dette financière de la commune. Tout ceci est un peu compliqué, mais on peut résumer sans transfigurer les choses : M. le Maire a inscrit au compte administratif 2006, la quasi-totalité de la dépense d’investissement relative à la médiathèque. Mais, par un tour de passe-passe comptable, il n’a pas inscrit la dette correspondante ; elle apparaîtra au compte administratif 2007 qui sera présenté au conseil municipal… après les élections du printemps 2008 ! Or cette dette s’élève à 4 641 000 euros !