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Pôle de l’Ermitage
Après les diverses communications au conseil, la séance s’attarde sur la réalisation du Pôle de l’Ermitage, véritable « serpent de mer » de la majorité qui profite de ce dernier conseil pour faire voter un projet pour une enveloppe globale de plus de 2,3 millions d’euro TTC. Le pôle regroupera les différents services de l’emploi aujourd’hui éclatés sur la commune, la salle de mariage, un pôle administratif à la disposition des associations et un service Famille-Handicap (au 2ème étage !).
La gauche, par la voix de son leader, ironise sur le calendrier. On notera le premier accroc de ce conseil sur l’éternel problème des commissions dans lesquelles l’opposition ne dispose pas de suppléant, ce qui rend l’accès à l’information et au dossier complexe en cas d’indisponibilité de son élu dans chaque commission. Sur le dossier du Pôle de l’Ermitage, M. le Maire refuse de donner des précisions techniques à Anne-Marie Keiser, arguant de leur présentation en commission. La gauche vote néanmoins le projet mais promet par la voie de Claire Le Lann une remise à plat des commissions et de la place de l’opposition si elle est élue.
Plan Local d’Urbanisme et logements sociaux
La principale discorde survient sur la délibération la modification du PLU. L’opposition saisit l’occasion pour se démarquer de la position du Maire sur les logements conventionnés et dénoncer les choix faits dans les réalisations en cours ou en projet à Favard et à Malartic. Anne-Marie Keiser expose les raisons de sa critique : la concentration de logements conventionnés dans le secteur le plus dense de la commune et déjà le plus pourvu en logements de ce type, ne correspond pas à l’exigence de mixité sociale.
Elle rappelle les chiffres (809 demandeurs de logements sociaux à Gradignan et 650 logements manquants) et préconise, prélude à son programme futur, une répartition harmonieuse du logement conventionné sur l’ensemble des quartiers de la commune à travers des programmes de taille plus modeste. Claire Le Lann renchérit en demandant des précisions sur la réservation foncière à Malartic et en demandant au Maire de ne pas surcharger en logements sociaux le quartier de Malartic, celui-ci ayant trouvé son équilibre. Elle demande au Maire de réfléchir à la constitution de programme dans les quartiers Sud, notamment sous la forme d’éco-quartiers.
Michel Labardin fait alors une réponse classique lénifiante tenant du « content de lui » et expose les raisons qui, à ses dires, rendent ces programmes particulièrement intéressants. Il récuse le terme de concentration et s’émeut des termes employés par Claire Le Lann pour Malartic. Mais il commet un impair sur les quartiers Sud en engageant l’opposition à ne pas « brutaliser » leur paysage en y développant du logement conventionné. Autrement dit : les logements conventionnés brutalisent au Sud mais se fondent dans le paysage au Nord : les habitants de Favard et de Malartic apprécieront !
La droite vote pour la modification du PLU, accompagnée par l’inclassable René Lapouyade ; l’opposition s’abstient.
Le reste de la séance – qui voit toutes les délibérations adoptées à l’unanimité – est ponctué par quelques piques échangées entre Anne-Marie Keiser et Henri Rivière (adjoint aux finances) sur les décisions modificatives du budget. Ce dernier se permet même des commentaires légèrement désobligeants dans les réponses qu’il fournit, propos qu’il retire après protestation sur les bancs de la gauche.
On notera une intervention d’Anne Banvillet à propos d’une délibération sur le « renouveau » de Lire en Poche, elle demande la publication d’un bilan objectif de la manifestation dans le journal Ensemble et se voit opposer une fin de non recevoir. Mais M. le Maire doit reconnaître que le coût de l’opération est de 140 000 €.
Anne-Marie Keiser intervient en fin de conseil en déclarant, au nom de l’opposition, qu’elle a appris que les conseillers de la majorité avaient reçu un courrier anonyme dénonçant certaines pratiques. Elle tient à préciser que les élus de gauche sont étrangers à cet envoi et qu’ils condamnent fermement le procédé.
Quid du contenu de l’envoi ? On n’en saura pas plus. Le Maire, visiblement mal à l’aise, interrompt l’orateur en agitant sa clochette dans le brouhaha général dont les conseillers de droite, habituellement silencieux, sont coutumiers quand l’opposition évoque un sujet qui fâche. Affaire à suivre…
Dorian Roucher