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Vu et entendu au Conseil Municipal du 24 Novembre 2008

Conseil municipal sous tension
mis en ligne le : vendredi 19 décembre 2008.

On s’attendait à ce que figurent, à l’ordre du jour de ce conseil municipal, le débat d’orientation budgétaire pour 2009 et la question des indemnités du maire et de ses adjoints, celle votée en mars dernier ayant été annulée par le tribunal administratif : deux cailloux pointus actuellement dans la chaussure de Monsieur le Maire.

La police de l’assemblée

Michel Labardin ouvre la séance en rappelant qu’il exerce la « police de l’assemblée » et qu’il entend faire appel à la force publique au cas où la séance du conseil municipal viendrait à être perturbée par qui dans le public lancerait des noms d’oiseaux à l’adresse du maire. Deux agents municipaux sont là, prêts à intervenir. Le public est resté sage ; d’un geste de la main, le Directeur Général des services a rapidement signifié aux huissiers qu’ils pouvaient rentrer chez eux. Sage, donc, le public. Mais sans doute a-t-il été également interloqué par ce qu’il a pu entendre, à plusieurs reprises, durant la séance, dans la bouche de Monsieur le Maire.

Le débat d’orientation budgétaire, exercice traditionnel des conseils municipaux de novembre, n’a pas eu lieu cette année. Chaque année à pareille époque, le conseil municipal débat en effet des orientations que le Maire entend donner à la politique municipale pour l’année suivante : en l’occurrence, le débat de novembre 2008 aurait porté sur les priorités de la politique municipale pour 2009. Point de débat donc, ce sera pour plus tard. Trop d’inconnues, dit Michel Labardin, pour envisager aujourd’hui la chose, car l’Etat tarde à dire à quelle sauce il dotera les communes. Du coup, le débat d’orientation budgétaire est reporté à janvier et le budget 2009 ne sera voté qu’en mars. On sait les difficultés financières de la commune. Le rapport de la Chambre Régionale des Comptes les a pointées. On voit venir Michel Labardin : en mars, il expliquera peut-être qu’il est obligé d’augmenter les impôts locaux parce que l’Etat etc. etc… façon qu’il aurait de se dédouaner de sa propre responsabilité. Nous verrons bien.

Indemnités illégales et récidive

Le débat d’orientation budgétaire n’étant pas à l’ordre du jour, la grande affaire du soir devient la question des indemnités des élus de la majorité. Les faits sont connus. La délibération du 25 mars 2008 sur cette matière ayant été annulée par un jugement du tribunal administratif, suite à la procédure engagée par l’Opposition, une nouvelle délibération doit être adoptée. Jean-Paul Jourdan (P.S) enfonce le clou. Sa déclaration est en quelque sorte une réponse aux propos du maire qui avait en effet balayé d’un revers de main les efforts faits par l’Opposition municipale pour ramener le ramener au respect de la loi : « Tout cela est plus que petit » avait-il déclaré à la presse le 8 novembre.

On en jugera : des indemnités qui chaque mois dépassent de plus de 700 € le plafond autorisé par la loi, et, au total, plus de 5 000 € généreusement et illégalement distribués depuis avril 2008, cela serait « plus que petit » ! Monsieur le Maire récidive ce soir en conseil municipal ; il n’y aurait là « que des enjeux assez faibles ». Il contre-attaque : « Je retrouve là un vieux classique chez vous, la démagogie qui vous fait stigmatiser le fait que des élus sont volontairement malhonnêtes ».

Si on comprend bien, Michel Labardin aurait eté, lui, involontairement malhonnête. Jean-Paul Jourdan ayant annoncé qu’il donnerait au Centre Communal d’Action Sociale les 200€ que la commune doit lui verser, au titre des frais de justice, Michel Labardin veut rendre aux socialistes de Gradignan la monnaie de leur pièce, si l’on ose cette formule : il versera de son côté dans cette même caisse du CCAS les 140€ « qui m’ont été attribués, dit-il, à la suite à la suite d’une plainte pour dégradation de matériel municipal lors de la campagne électorale dont s’est rendu responsable un ancien secrétaire de la section P.S  ».

Un casseur au P.S. ?

Un casseur au P.S ! On croit rêver ! En plein conseil municipal, cela claque comme un coup de tonnerre. De quoi s’agit-il ? En mars dernier, lors de la campagne municipale, on a vu fleurir, de nuit, quelques affiches sauvages couvrant, ici ou là, des vasques à fleurs du cours du général de Gaulle. Aucune dégradation de biens municipaux au sens strict ; certes des affiches à enlever à des endroits où elles n’auraient pas dû être collées, on en convient ; et des traces de colle à tapisserie. L’auteur des collages a reconnu les faits et a accepté de dédommager la commune (et non le maire comme celui-ci s’en prévaut) pour le temps passé par les employés de la ville à décoller ces affiches dont la colle n’avait même pas eu le temps de sécher. Peu de Gradignanais ont en effet eu vent de cet affichage sauvage car les services municipaux sont intervenus pour effectuer la besogne du nettoyage de très bon matin, avant même le lever du jour : il ne fallait pas que les électeurs puissent lire ce qui était porté sur ces placards. M. le Maire avait d’ailleurs déposé également une plainte pour diffamation ; elle paraît être restée sans suite. Tant mieux pour lui. Car il lui aurait peut-être fallu s’expliquer sur les faits avérés que ces affiches évoquaient. Monsieur le Maire s’est contenté dans un tract fameux, distribué l’avant-veille du premier tour des élections, de déclarer, de façon assez sibylline, qu’il était la probité incarnée, qu’on lui en voulait ainsi qu’à son épouse et à ses enfants…

Mais revenons à la séance du conseil municipal de ce 24 novembre. Une nouvelle délibération sur les indemnités du Maire et de ses adjoints est soumise au vote du conseil. Elle est présentée, celle-ci, en toute transparence contrairement à la façon dont Michel Labardin avait procédé le 25 mars dernier ; le montant des indemnités (22 933,85€ mensuels) est parfaitement légal. La délibération est adoptée à l’unanimité même s’ il est fait remarquer, qu’en ces temps de difficultés financières pour la commune, un effort de modération s’imposait.

Projet d’aménagement du Centre Ville

La tension, très palpable au sein du conseil municipal, s’atténue lorsque est abordée la délibération suivante. Elle concerne l’ouverture d’une concertation sur l’aménagement du centre ville. Une réflexion en ce sens avait été menée en 2005, et un projet avec ses variantes avait été présenté par la mairie lors d’une réunion publique au Solarium. Il s’agit d’y revenir, en élargissant la réflexion à l’habitat et aux commerces. Une étude menée par un cabinet d’architecture est en cours. Ce cabinet doit rendre son rapport (diagnostic, plan de référence, prescription d’un programme d’actions) en 2009. La délibération de ce soir vise à autoriser M. le Maire à ouvrir avec les habitants de Gradignan une concertation à ce sujet. La délibération est adoptée à l’unanimité.

Un maire en colère

La joute oratoire reprend le dessus avec la délibération portant sur le Contrat de Développement Durable passé entre la Commune et le Conseil Général. La demande de Denys Breysse (P.S) pour, qu’à l’avenir, les élus de l’opposition municipale soient associés à la réflexion de la municipalité en matière de développement durable se heurte à une fin de non recevoir agressive de M. le Maire. Le Conseil Général de la Gironde a décidé de soutenir certaines actions 2008 menées par la municipalité (dont « Lire en Poche » ou des travaux dans les écoles) pour un montant d’un peu plus de 26 000€. C’est scandaleusement insuffisant dit Michel Labardin en substance, ce qui n’empêche pas la commune de prendre les sous ; elle en a tant besoin.

Anne-Marie Keiser, notre conseillère générale (P.S.) (elle ne siège plus au conseil municipal) en prend pour son grade : « elle s’applique à ce que nos dossiers ne soient pas défendus, alors qu’elle défend ceux des autres communes, son comportement est discriminatoire à l’égard de Gradignan » déclare le Maire. Attaque en règle donc, comme si Michel Labardin était déjà en campagne ; oui, la campagne pour les élections cantonales de… 2014.

C’est la faute au Conseil Général, à la CUB, au Conseil Régional...

Michel Belanger, adjoint au Développement Durable et à la Démocratie Locale observe que les subventions du Conseil Général ne représentent que 1% des investissements de la commune. Il oublie de mentionner les investissements en matière de rénovation des collèges (pensons à Monjous, coût : 8 000 000 € !) et l’aide financière du Conseil Général aux associations d’insertion, aux familles dans le cadre du maintien à domicile, et à tant d’autres. L’adjoint à la Sécurité, Alain Bertin, recommande même qu’une délégation du conseil municipal démarche le président du Conseil Général (P.S), Philippe Madrelle, pour que lui soit dit lui tout le mal que la Majorité pense d’Anne-Marie Keiser. Une vraie avalanche de griefs. Alain Rousset (P.S) et le Conseil Régional n’ont pas été épargnés : ils pratiquent également une discrimination anti gradignanaise. Même la CUB de Vincent Feltesse (P.S) a été toisée.

« Gradignan, toujours victime, c’est facile ! Il faut que vos propos sortent de cette enceinte, que les mises en cause que vous faites soient portées au-delà de nos murs » déclare J.-P. Jourdan au milieu de ce concert bileux des élus de la Majorité. «  Qu’ils en sortent » déclare Michel Labardin qui n’a pas, ou pratiquement pas, décoléré de la soirée.

Marie-Antoinette Poirson et Jean-Paul Jourdan


Les conseillers de l’opposition souhaitent désormais laisser une trace plus tangible de leurs interventions orales en Conseil Municipal. Sur les questions qu’ils jugent importantes, ils demanderont donc désormais l’inscription du texte de leur intervention au Procès-Verbal. Pour ce Conseil, il s’agit du :

- intervention de Denys Breysse (Contrat de Développement Durable)


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