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Elle formule aussi quelques vœux pour les pistes cyclables à Malartic, et pour une association plus régulière des Gradignanais aux débats municipaux, afin que leurs propositions souvent pertinentes soient écoutées. Si Claire Le Lann quitte le conseil, nul doute que nous la reverrons bientôt sur le terrain associatif de la ville. M. Labardin signifie que cette déclaration « ne mérite pas réponse » et qu’il attend un courrier officiel pour l’entériner. Il regrette aussi d’avoir appris cette démission par la presse… C’est pourtant par la presse qu’il choisit souvent lui-même d’informer les élus (au moins ceux de l’opposition), au lieu de le faire en conseil municipal, expression de la démocratie représentative.
Le point essentiel de l’ordre du jour du Conseil est le vote du budget 2010 et des taux d’imposition, mais il est précédé et suivi de quelques délibérations. La première porte sur une convention avec la CUB pour la rétrocession du groupe scolaire du Pin Franc. Après des travaux de rénovation, de mise en conformité (accessibilité handicapés) et d’amélioration des performances énergétiques, le Pin Franc reviendra à la commune. La CUB dépensera 1,4 million d’euros dans cette opération de rénovation. Des locaux provisoires seront installés pour 2010/11, avec une rentrée prévue dans les locaux rénovés en septembre 2011.
Le conseil a aussi délibéré sur la création d’une commission consultative des Services Publics. Celle-ci est rendue obligatoire par le Code Général des Collectivités Territoriales dans les communes qui procèdent par délégation de services publics. Gradignan est en passe de se trouver dans ce cas dans le cadre de la disparition programmée des MJC et de la refonte de la politique jeunesse. Dans cette commission, autour du maire, cinq élus et cinq représentants associatifs siègent. Le conseil municipal les a désignés : Jean-Paul Jourdan (suppléante Anne Banvillet) y représentera l’Opposition. Denys Breysse interroge M. le Maire : si l’on comprend aisément que le GIHP (association pour l’insertion des handicapés) et le club des entreprises (L’Orée du Tec) soient représentées, les raisons du choix des trois autres associations (la Croix-Rouge, le Théâtre du Nonchaloir, le Rugby Club) ne sont pas évidentes. M. Labardin répond qu’il a choisi des associations oeuvrant dans différents champs (culture, sport, social…) et ayant un fort impact sur la jeunesse. L’opposition vote favorablement, comme pour les délibérations qui ont précédé.
Puis vient le débat sur le budget primitif… Enfin, aurait dû venir, car de débat, il n’y eut pas, comme on va le voir. Conformément à l’habitude, Henri Rivière, adjoint aux finances, commente le document explicatif, se bornant en fait à lire les quatre tableaux synthétiques (recettes et dépenses pour le fonctionnement et l’investissement) de la délibération. On parle ici de presque 30 millions d’euros, mais l’affaire est expédiée en trois minutes chrono. M. Labardin reprend la parole pour « remettre le budget en perspective ». Il qualifie son budget de « prudent », « remettant à plus tard les investissements ». Il « ne fait pas le choix d’une fiscalité préventive qui pourrait sembler préparer l’avenir mais ferait subir aux contribuables d’aujourd’hui une charge qui ne relève pas de cet exercice. Maintenir les taux, c’est un choix de raison, de sagesse et de modération… ». Il souligne aussi la poursuite du désendettement, et son choix de faire évoluer les services « à périmètre constant », « en mettant les moyens là où on a besoin ».
Avant de donner la parole aux membres du Conseil, il annonce sa volonté de voter rapidement : « Il faut ramasser le débat, car certains veulent voir le match ». Le match retour de la « Coupe des champions » entre Bordeaux et Lyon doit en effet bientôt commencer.
Des questions sur la forme - des analyses sur le fond
Jean-Paul Jourdan (PS) intervient sur la forme des documents fournis. Des incohérences sont relevées, aussi bien dans les chiffres donnant le budget primitif 2009 pour comparaison avec celui de 2010 soumis à délibération que pour les effectifs du personnel municipal aux mêmes dates. Les différences avec les chiffres 2009 réels sont nombreuses et incompréhensibles. JP Jourdan s’est rendu en mairie la veille du conseil, a signalé ce problème et a demandé au Directeur Général des Services l’explication. Il réitère cette question mais M. Labardin ne veut pas répondre et lui demande de poursuivre.
Sur le fond, Jean-Paul Jourdan souligne que le budget 2010 se présente comme un budget fortement contraint, avec une hausse mécanique des dépenses de fonctionnement : les charges de personnel atteignent désormais 58,65 % des dépenses de fonctionnement, le plus fort niveau de ces dix dernières années. Si les taux de fiscalité n’augmentent pas (ils ont augmenté en 2008 puis en 2009), les recettes fiscales de la ville s’accroissent du fait de l’augmentation des bases, qui suit l’inflation, et passent de 13,9 à 14,3 millions d’euros. On aurait pu en profiter… Mais les travaux de reconstruction de la salle du tennis bousculent le calendrier. Un nouvel emprunt de 1,7 million est nécessaire, qui dépassera légèrement la part de la dette remboursée en 2010 (sans parler d’emprunts supplémentaires si les subventions attendues des collectivités ne sont pas au rendez-vous). Le désendettement de la commune s’arrête donc provisoirement. Il n’aura donc vécu que 2 deux exercices. Nous sommes face à un « budget de gestion courante, comme l’étaient les deux précédents et comme le seront probablement ceux des années à venir ».
Pierre Auzereau (PC) intervient à son tour. Il rappelle que le budget répond à deux fonctions : la satisfaction des services aux habitants, et une redistribution des ressources. Il s’inquiète du manque de volonté de la commune pour agir : comment faire face aux besoins qui vont croître, du fait de la crise d’une part et de l’arrivée de nouveaux habitants d’autre part ? La commune a un besoin significatif d’investissements dans le champ social, mais le budget manque d’ambition et accompagne une politique qui va à l’encontre des intérêts de la population.
Des questions sans réponses
Denys Breysse (PS) prend la parole. Il réitère les demandes d’information sur la vérité des chiffres fournis, mais M. Labardin ne souhaite toujours pas répondre et lui demande de poursuivre. Il pose cinq questions précises :
sur l’évolution à la hausse de certaines dépenses de fonctionnement,
sur celle, à la baisse du budget pour les travaux dans les écoles,
sur la manière dont, à périmètre constant, le maire compte répondre à la demande croissante de services du fait de l’installation prochaine à Favard de 1 500 nouveaux habitants,
sur la stratégie municipale relative au jumelage avec Pfüngstadt, du fait de la dissolution récente du comité de jumelage,
sur les critères d’attribution des subventions aux associations : la règle était que toute association devait avoir au moins un an d’existence avant de recevoir une subvention. Cette règle est-elle toujours en vigueur ?
Franck Bonadei intervient alors pour lire les quelques lignes dans lesquelles il dénonce le discours de l’opposition qui « accuse de ne pas poursuivre le désendettement ». Il cite les chiffres de 2008 et 2009. Tant pis si le débat d’aujourd’hui porte sur 2010… JP Jourdan qui est presque son vis-à-vis lui répond : « M. Bonadéi, parlez de l’avenir ! » Nous confirmons : le désendettement cesse.
Henri Rivière a alors « quartier libre » pour répondre. Il « va redevenir sérieux » déclare-t-il. Pour les chiffres, ils résultent du logiciel… et les comptes à Gradignan sont vérifiés par les services, puis agréés par la Chambre régionale des Comptes… Il s’insurge : « Vous dites donc que j’ai bidouillé les chiffres du budget, que je suis malhonnête ! ». Dans sa bouche ce n’est pas une question, mais une affirmation. Mais qui a déclaré une chose pareille ? Personne.
Dans un registre surprenant, il affirme également face aux questions précises posées par Denys Breysse : « Je présente le budget dans les grandes lignes, mes collègues de l’Opposition rentrent dans les détails ». A-t-on bien entendu ? Sommes-nous-là pour débattre ? Il reproche donc aux élus de l’Opposition leurs interrogations et leurs questions sur les lignes budgétaires quand l’on devrait s’en tenir à commenter ses quatre fameux tableaux de synthèse…
Désolé, nous avons travaillé, nous avons notre lecture du budget, nous avons forgé quelques hypothèses, et nous faisons part de nos interrogations. C’est notre travail d’élus de l’Opposition. Notre droit est d’avoir des réponses.
Le Maire déforme les propos et attaque les personnes
De réponses quant à la véracité des chiffres de 2009 pour les comparer avec ceux de 2010 nous n’aurons pas. Pas plus que pour les effectifs du personnel : les données figurant au budget de 2010 sont erronées. Aucun moyen de savoir, en ce 7 avril 2010, en Conseil Municipal, combien il y a exactement de personnels titulaires à la Mairie de Gradignan ! Mais Michel Labardin considère que sur la forme, nous avons eu les explications, et dénonce notre « obsession de la légalité » (sic !).
Puis il change de registre et les accusations tombent. Pierre Auzereau serait ridicule quand il craint de futures économies sur la politique jeunesse. Jean-Paul Jourdan « manquerait d’intelligence » dans sa vision trop restrictive du budget, Nous serions collectivement aveuglés par les détails, incapables de prendre du recul et de développer un regard stratégique. Il attaque Elsa Grunfeld (PS), disant qu’on ne peut pas s’intéresser aux moyens pour les écoles et ne pas répondre aux invitations pour inaugurer un préau ! C’est une allusion perfide à son absence à telle manifestation pour laquelle elle s’était fait excuser, pour raison professionnelle. Elsa Grunfeld est obligée d’intervenir et de le rappeler. M. Labardin bafouille un « dont acte ». Dans sa longue tirade, le Maire multiplie les approximations, déformant les propos et frisant les insultes. Jean-Paul Jourdan lui demande à plusieurs reprises de rectifier : « je n’ai pas dit cela », « c’est faux », « vous déformez mes propos », « votre argumentation est indécente » déclare l’élu PS.
Michel Labardin trouvant que le débat a assez duré - or, en fait, il n’a pas eu lieu, répétons-le - décide de passer au vote. Aucune réponse n’a été fournie à aucune des questions (pourtant très précises) de Denys Breysse. C’en est trop. D’un commun accord, les cinq élus de la minorité décident de quitter la séance sans prendre part au vote : comment conclure d’un vote un simulacre de débat ? Mais redisons-le, M. le Maire était pressé…
Tant pis pour les délibérations suivantes : elles ont été adoptées à l’unanimité par les seuls élus de la Majorité car il n’y avait plus qu’eux dans l’enceinte de la salle du conseil municipal. L’une d’elles portait sur l’attribution d’une prime conséquente au Directeur Général des Services pour « frais de représentation ». Elle aurait sans doute mérité quelques questions… sans illusions sur les « réponses » qui auraient été apportées.
Pour consulter les autres compte-rendus de Conseil Municipal
Intervention de Jean-Paul Jourdan sur le budget