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Le premier dossier important était le compte-rendu des activités en 2002 du S.I.V.U. du Val de l’Eau Bourde. Anne-Marie Keiser a rappelé la participation financière du Conseil Général pour soutenir les actions d’insertions, objectif de ce S.I.V.U. regroupant Gradignan, Cestas et Canéjan. Mais si Canéjan et Cestas ont proposé des chantiers de 6,5 mois (travaux dans le cimetière) et de 5 mois (entretien des rives de l’Eau Bourde), Gradignan s’est contenté d’un chantier de 15 jours (dégâts de la tempête). Un petit effort est peut-être nécessaire ? Rappelons que 17 personnes en difficulté (dont 8 de Gradignan) ont pu développer leurs aptitudes professionnelles sur ces chantiers d’insertion. M. le Maire a pris note de la demande d’Anne-Marie Keiser de participer au Conseil Technique, où elle n’a été invitée qu’une fois depuis 2001. Elle "sera, bien sûr, invitée". Bien sûr... Mais cela va mieux en le disant, n’est-ce-pas ?
Le débat d’orientation budgétaire était le principal sujet de la soirée. La description des ressources envisagées est idyllique : les dotations d’Etat progresseront de 1,2 % et la participation communautaire devrait augmenter. Quant aux recettes fiscales, pas de précisions, en attente des décisions sur les différents taux. Le désengagement de l’Etat étant ce qu’il est, solidarité de droite avant tout, on ne va pas annoncer des nouvelles qui fâchent, même si on s’y attend !
M. le Maire nous récite alors son catalogue de bonnes intentions. Il adore visiblement se gargariser de beaux discours reprenant tous les poncifs du genre. Il a même été question de la mise en place de partenariats et de démarches de concertation pour favoriser la démocratie participative locale. La suite du débat va nous permettre de mesurer le décalage entre la parole et les actes...
Après l’extension des parcours cyclables (à défaut de pistes), des aménagements urbains de proximité (bancs, poubelles, jeux, éclairage public, sanitaires près des magasins Roumegoux et du centre sportif Mandavit - ce qui nous rappela une phrase de M. Canivenc pendant la dernière campagne municipale, déplorant le manque de sanitaires publics, que sa prostate supportait mal -, places de stationnement près des arrêts de bus les plus fréquentés, mise en place d’un centre de tri des déchets communaux, moyens de lutte contre la prolifération des pigeons...), il évoqua enfin le projet de médiathèque municipale. Les études menées en 2004 déboucheront sur une construction en 2005. Le choix définitif de l’emplacement n’est pas fait, mais Mandavit tient la corde. Coût annoncé : 6,5 millions d’€, dont 45 % à la charge de l’Etat et de l’Europe.
M. Labardin poursuit avec des engagements de rénovation des locaux de l’Ermitage, qui seront dédiés aux associations et aux permanences de services publics, avec des équipements sportifs multifonctionnels, des travaux sur les bâtiments communaux, la pérennisation d’emplois-jeunes, la réorganisation du Service Technique Municipal avec des recrutements pour l’encadrement. Pour terminer, il précise que l’endettement restera au taux actuel de 15,10 % des recettes.
Cet inventaire à la Prévert a fait l’objet d’un monologue de 10 minutes, à la vitesse d’un élève appliqué récitant sa leçon, peu soucieux d’une prise éventuelle de notes par la minorité qui découvre là les projets pour la Ville de Gardignan, et qui doit en débattre séance tenante.
Anne-Marie Keiser souligne les difficultés de débattre dans de telles conditions et rappelle que l’organisation de ce débat à la CUB repose sur un document dont dispose chaque élu. Mais visiblement, pour M. Labardin, Gradignan ne mérite pas un tel effort ! Pour René Canivenc, se portant au secours du poulain, il ne faut pas confondre débat d’orientation budgétaire et préparation du budget primitif. Tout bon citoyen soucieux d’une véritable démocratie participative appréciera.
Quand Jean-Paul Jourdan obtient la parole pour dénoncer les conditions du débat, il est interrompu en moins de vingt secondes par M. le Maire. Vive la démocratie, bien sur !
Claire Le Lann sera également interrompue dans la foulée par un Maire qui s’offusque et prône la modération. Anne-Marie Keiser parvient tout de même à s’exprimer et commente les orientations présentées. Elle souligne quelques bonnes nouvelles et rappelle les différentes participations du Conseil Général, et l’expertise dont dispose cet organisme qui pourrait soutenir les orientations concernant les seniors et les aides ménagères. Mais Gradignan ne fait pas appel à lui (peut-être parce qu’il ne faut rien demander à des services présidés par un élu de gauche ?). Elle s’inquiète aussi des suites qui seront données aux promesses faites dans les pauses-quartiers. Le projet de médiathèque appelle d’autres commentaires. Les besoins sont immenses (seulement 11,5 % des habitants sont inscrits dans l’une des trois bibliothèques, alors que ce pourcentage est de 17 % dans les communes comparables), et les financements envisagés sont bien hasardeux...
M. le Maire juge ses propos méprisants, la qualifie de "rabat-joie" et de "dépressive". Rassurons-le ! Anne-Maire keiser ne revendique qu’un droit fondamental, celui de représenter l’ensemble des habitants qui n’ont pas voté pour l’actuelle majorité et son union de droite. Or, pour M. Labardin, la démocratie en Conseil Municipal, c’est non seulement de se taire quand on est dans la majorité (seul le chef et ses proches - M. Canivenc, M. Bertin, M. Rivière, M. Fabia - peuvent parler), mais aussi de se taire quand on est dans l’opposition !
Après cette intervention lamentable du Maire, Hélène Breysse interviendra encore pour proposer que ces orientations, qui n’ont certainement pas été élaborées dans la demi-heure qui précédait, fassent l’objet d’un document écrit qui permettrait un échange plus constructif. Peine perdue, M. Labardin s’obstine et dénonce une "tendance à l’exagération". On croit rêver, mais non, c’est bien le DEBAT proposé par la droite gradignanaise.
Un conseiller de la majorité, M. Péridy, ose une intervention sur la nécessité de réfléchir au contenu de la médiathèque, et pas à son seul contenant. Il cite un certain nombre de classiques de la littérature absents des bibliothèques actuelles et regrette que la participation récente de la Ville au Carrefour des Littératures se soit résumée à offrir un vin d’honneur à la Bordelaise de Lunetterie.
Notre Maire balaye tout cela en quelques mots et ne souhaite pas entendre de caricature... Bien sûr, dénigrement ou caricature deviennent les maîtres mots du Maire dès que quelqu’un, même de sa propre liste, pose une question ou fait une remarque constructive. Apprécions !
Les délibérations qui suivent verront l’adoption unanime du projet de création de la médiathèque. La Gauche Plurielle s’abstient sur des ajustements financiers concernant les transports scolaires et sur la vente de deux parcelles de 460 mètres carrés à la Société Roumegoux pour la création de parkings.
M. Labardin osera conclure en précisant, visiblement satisfait de sa prestation, que le débat a duré 50 minutes, et que onze participants sont intervenus. Pauvre démocratie locale ! Les commentaires fielleux et les attaques répétées de M. le Maire ont malheureusement peu apporté à ce débat.
C’est dans cette ambiance déplorable qu’il revient aux élus de Gauche d’assurer, par leur présence et leurs interventions, la défense et la pratique d’une véritable démocratie locale.