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Anne-Marie Keiser ayant démissionné du conseil municipal, Elsa Grunfeld (PS) la remplace.
Election des conseillers communautaires
On aborde l’ordre du jour par l’élection des conseillers à la CUB : Michel Labardin annonce les noms des quatre candidats de la droite : lui-même, Robert Quéron, Jacques Joubert et Michèle Chavigner. Pour la forme, l’opposition de gauche dépose une liste conduite par Denis Breysse, qui prend la parole, défendant le pluralisme, rappelant à ses collègues les valeurs de la gauche, les avancées de l’ère Feltesse / Rousset à la CUB, insistant sur le fait qu’une représentation de la gauche gradignanaise à la CUB serait légitime.
Donnant le « la » de cette séance, le maire lui répond : « le résultat sans appel du scrutin, dit-il, vous exclut du jeu ». Il évoque son appartenance au groupe « Communauté d’avenir » (Droite) à la CUB, un groupe présidé par Alain Juppé. Il justifie l’appel qu’il a lancé avec les maires de droite en faveur d’une candidature Juppé à la présidence de la CUB. Cet appel a été publié le matin même dans le journal Sud Ouest. L’argument est le suivant : la gauche défendrait des intérêts partisans et « politiserait » le débat, là où la droite promeut l’intérêt général ! En somme, c’est Juppé qu’il nous faut selon Michel Labardin.
On vote. Sans surprise la droite rafle les quatre sièges représentant notre commune à la CUB. Il n’y en a aucun pour la gauche. Il faut qu’on se le dise et nous le claironnons : les représentants « apolitiques » de Gradignan à la CUB y siégeront donc avec l’UMP.
La transparence, un art difficile, même quand la loi l’exige
Après la création et l’élection de six conseillers municipaux délégués (l’opposition s’abstient sur ce point), le conseil aborde la question des indemnités des élus. La majorité commet son premier couac. Avare d’informations, la droite gradignanaise a toujours refusé de communiquer aux conseillers le texte intégral des délibérations sur lesquelles ils sont appelés à voter. Elle le faisait hier, malgré les protestations répétées de l’opposition. Elle persiste aujourd’hui…
Manque de chance, en ce qui concerne les indemnités des élus, la loi fait obligation de communiquer aux conseillers le montant précis de ces indemnités, ce que Denis Breysse ne manque pas de faire observer en citant les références précises de la Loi « Démocratie de Proximité » de 2002. Flottement du maire qui se tourne vers son secrétaire général. Contraint et forcé, Michel Labardin suspend la séance : adoptée en dehors de la règle, la délibération, entâchée d’irrégularité, pourrait être retoquée devant le tribunal administratif.
Deux employés courent faire les photocopies de la délibération intégralement rédigée. Ainsi apprend-on ce qu’on ne voulait pas avouer, à savoir que le maire s’octroie une indemnité de fonction correspondant, non au minimum, mais au maximum légal, avec un joli 4732,68 € brut mensuel qu’il cumulera avec son indemnité de vice-président de la CUB (pas encore votée mais dont le montant dépassera les 2 000 € brut…). Les adjoints reçoivent 1798,41 € brut mensuel, les conseillers municipaux délégués 494,78 € brut mensuels. La loi est respectée.
Le ballet des nominations des conseillers municipaux dans les structures où la Ville est représentée reprend. L’opposition n’a de place que quand la loi en fait l’obligation. S’il ne tenait qu’à « Monsieur le Maire »... Aucun cadeau pour elle. Sa requête de pouvoir disposer de suppléants dans les commissions municipales (en cas d’absence de son seul titulaire) est rejetée, tout comme sa demande d’un siège d’administrateur au théâtre des Quatre Saisons, sur les sept que nomme la municipalité. « Vous êtes la minorité. Au fait, vous avez fait combien aux élections ? » semble dire le maire. La droite décide même de supprimer les suppléances au profit de l’opposition là ou elles existaient dans le précédent mandat ! Cela sent le règlement de comptes.
Débat d’orientation budgétaire
La suite du conseil municipal est consacrée au débat d’orientation budgétaire de 2008. Une année de transition, selon le maire : « on confortera l’existant en attendant la mise en oeuvre opérationnelle d’un programme de mandature ». Tout ceci est bien compliqué pour signifier qu’on souffle, qu’on fait la pause.
Peut-on faire autre chose quand on sait le niveau de la dette de notre commune : Gradignan est le plus mauvais élève de la CUB, au dernier rang, au fond de la classe, avec le bonnet d’âne, 27ème sur 27. Question impôts, on attendra : « Le niveau des impositions résultera du calcul du produit nécessaire à l’équilibre du budget » déclare Michel Labardin.
Jean-Paul Jourdan (PS) intervient pour souligner ce flou. Les services de l’Etat ayant augmenté, pour Gradignan, les bases de la fiscalité locale de +2,65 % il est évident que les impôts augmenteront mécaniquement d’autant. Si, de son côté, la ville augmente les taux qu’elle applique à ces bases, alors la pression de l’impôt sera démultipliée. Il note en outre la tendance de l’Etat à se désengager. Les dotations que celui-ci verse à la commune diminuent ; l’une d’elles recule même de près de 22%. Enfin, il interroge le maire sur l’évolution attendue des dépenses de personnel soit +5,30%. Sur tous ces points, les réponses du premier magistrat restent évasives.
Par ailleurs, le maire a annoncé un « audit » sur les structures « jeunesse ». Pierre Auzereau (PCF) s’en inquiète. Ne désigne t-on pas par là la MJC de Malartic ? Il faudra veiller au grain. Michel Labardin s’agace (sans contester les chiffres) quand Denis Breysse évoque le délabrement du patrimoine municipal, auquel seulement 2% du budget de la ville lui est consacré.
Anne Banvillet (société civile, apparentée PS) l’interroge sur l’aire d’accueil des gens du voyage prévue au Plantey près de Beausoleil. Réponse du maire : « elle est effectivement inscrite au Plan Local d’Urbanisme, mais je ne souhaite pas sa réalisation ; elle amènerait dans la commune des gitans qui souhaiteraient se rapprocher de ceux d’entre eux qui sont incarcérés à la maison d’arrêt ». Chacun appréciera cet argument. Au moins, dans la rudesse de sa formulation, il a le mérite de la clarté.
Quand Denis Breysse interpelle Michel Labardin sur la nécessité de renforcer les liens de Gradignan avec l’Université, il se fait rudoyer : « vous ne connaissez pas le dossier ». Rappelons que Denis Breysse est professeur... à l’université dont il était question à ce moment du débat.
Dernière anicroche sur le vote d’une délibération concernant la création de deux postes de collaborateurs du Maire. L’interrogeant sur la nécessité de créer ces postes, Elsa Grunfeld a droit à une réponse de maître d’école sur le sens de la délibération. Revenant à la charge, Jean-Paul Jourdan n’obtient pas beaucoup mieux qu’un « tous les maires le font ». Malgré l’opposition de la gauche, le cabinet du maire peut dormir tranquille, la droite de l’hémicycle (pardon, de l’escargot, car la table du conseil municipal en a la forme), fidèle à l’attitude des conseillers municipaux de la majorité durant la précédente mandature n’a pas bronché de la séance…
Jean-Paul Jourdan, Dorian Roucher