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On aurait pu penser que le résultat des élections régionales de la veille conduirait la majorité municipale (clairement positionnée à droite) à quelques efforts pour instaurer une ambiance de travail plus satisfaisante avec les élus de l’opposition (élus eux aussi par les gradignanais)... Mais non, cette séance se révéle une fois de plus riche en petites phrases incisives et propos acides que Monsieur le nouveau Maire et Monsieur l’ancien Maire ne manquent pas de distiller à l’égard des conseillers de la « minorité » comme ils se plaisent à le répéter.
C’est d’ailleurs l’arrogance de M. Canivenc qui donne le ton d’emblée. Il inflige la lecture d’un texte à l’adresse d’Anne-Marie Keiser à propos de la requête concernant la page « Expression des élus » du Journal Ensemble. L’argumentaire et la prose de ce papier sont affligeants et nous ne nous appesantirons pas sur le contenu qui ne vise qu’à attaquer et discréditer Anne-Marie Keiser personnellement sans aucun fondement, utilisant à l’envi des qualificatifs du niveau des cours de récréation... M.. Canivenc ne manque décidément pas de souffle quand il prétend déplorer « l’atmosphère du conseil polluée par l’agressivité » !
Dommage, d’autant que le conseil adopte ce jour un partage, à part égales, de cette page « Expression des élus » dans le nouveau format du bulletin municipal.
Il est question ensuite de la nouvelle Médiathèque. Le coût prévu se monte à 4.200.000 €. Le conseil du 17 novembre 2003 a adopté le projet à l’unanimité. Il s’agit aujourd’hui de délibérer sur la désignation de l’équipe de maîtrise d’oeuvre.
Jean-Paul Jourdan intervient, en approuve l’emplacement, n’en discute pas l’esthétique, mais critique le peu de fonctionnalité de l’ouvrage tel qu’il est conçu. La disposition de l’accueil n’est guère satisfaisante, la surveillance de certains espaces se révélera difficile, et nécessitera un personnel important, du fait de l’agencement intérieur .
M. Labardin ne peut s’empêcher d’intervenir aussitôt, comme à l’accoutumée : « De toute façon c’est la majorité qui décidera ». Il menace même Jean-Paul Jourdan qui n’a pas, paraît-il, à évoquer la diversité des points de vue. Et le Maire ajoute que, conformément à la procédure, un jury a été nommé pour définir les grandes lignes du projet, que ce jury a retenu une équipe pour sa réalisation, mais que le maître d’ouvrage (le Maire) n’est pas obligé de suivre les recommandations de son jury !
Attention à la schizophrénie... Le souci du dialogue et la prise en compte d’un avis différent sont, à l’évidence, toujours aussi peu de rigueur dans cette assemblée. L’opposition choisit de s’abstenir.
Le point suivant à l’ordre du jour concerne le vote des trois taxes directes locales pour 2004. C’est M. Rivière, adjoint aux finances, qui intervient. Il précise le montant des bases d’imposition pour chacune des taxes : taxe d’habitation 24 715 000 €, , taxe sur le foncier bâti 21 906 000 €, , taxe sur le foncier non bâti 66 800 €.. Il en résulte une augmentation de 2,59 % pour 2004.
Anne-Marie Keiser prend la parole et déplore que les caisses de la commune aient accusé un « trou » de 400 000 €. Elle condamne surtout la méthode employée : en effet, membre de la Commission des Finances, elle s’était étonnée le 18 mars dernier (lors d’une réunion de cette Commission) auprès de M. le Maire et l’avait questionné à ce sujet. Le Maire avait simplement rétorqué qu’elle aurait sa réponse lors de la séance du conseil municipal. Pourquoi donc avoir refusé de répondre à ce moment-là ? N’était-ce pourtant pas le lieu et le moment ? Anne-Marie Keiser s’indigne de n’avoir été convoquée à une réunion que le matin-même du conseil pour avoir finalement quelques explications. Le refus de travailler en associant les élus de l’opposition est clair, pour preuve la méthode employée une fois de plus aujourd’hui... L’opposition choisit de s’abstenir.
Lapsus révélateur, arrivé à la délibération n° 7 de l’ordre du jour, M. Labardin est sur le point de passer la parole à M. Joubert qui ne doit pourtant intervenir que pour la délibération n° 17. Est-il si pressé que cela d’en finir ? Il se ressaisit cependant et le conseil finira par adopter les points restant à l’ordre du jour.