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Après lecture des procurations, dont celle que Claire Le Lann avait confié à Anne-Marie Keiser, l’adoption du PV du précédent conseil, la litanie des délégations dont M. Labardin rend compte, vient une série de délibérations votées à l’unanimité : convention avec la CUB visant la création d’espaces verts Rue du Moulineau, cession de 504 mètres carrés par la SCI La Chartreuse pour création d’un cheminement piétonnier, et modification de la S.E.M. G2C2 (Gradignan Gestion Culture Communication). Sur ce dernier point, la Mairie prend acte que la structure mise en place pour fédérer les associations gradignanaises en liaison avec le Théâtre des 4 Saisons a péréclité et rachète les actions que cette structure détient dans la S.E.M.
La délibération suivante est présentée par M. Del Perugia. Il propose l’adhésion de Gradignan à deux agences de coopération intercommunale : Axe Sud Développement (avec Villenave d’Ornon) et Talence Innovations. Jean-Paul Jourdan s’interroge sur les relations possibles avec d’autres communes, comme Pessac et Bègles notamment, dans le cadre des sites d’intérêt métropolitain définis à l’échelon communautaire et sur les contacts possibles au-delà des affinités politiques. Cette intervention concise a pour réponse un discours interminable de M. Labardin sur le maillage des territoires, le site exceptionnel du campus et sa requalification, le rapprochement des clubs d’entreprises... M. Canivenc vient à la rescousse en rappelant la création d’Unitec il y a douze ans. Il regrette que si Pessac et, à un degré moindre Talence, ont su en tirer profit, les retombées pour Gradignan ont été bien maigres... Mais à qui la faute ?
Minimum légal
Anne-Marie Keiser pose la question de la forme des délibérations. Elle souhaiterait que les délibérations soumises aux conseillers municipaux leur soient communiquées sous la forme de textes plus complets et ne consistent pas en un trop bref résumé. C’en est trop pour M. Labardin. Cette simple demande paraît une offense à son pouvoir et le fait réagir immédiatement, le ton méprisant le disputant à l’énervement. La note de synthèse (dont M. Bellanger confirme qu’il s’agit d’un minimum légal) suffit bien, on peut poser des questions en commission ou consulter les services. D’ailleurs il connait une « commune importante » qui fait pire... Bref, en matière d’information, pour M. le Maire, rien de mieux n’est à espérer.
La palme revient cependant au doyen de l’assemblée, M. Canivenc, qui s’offusque de ne recevoir aucune information du Conseil Général ! Il oublie peut-être que c’est le Maire qui fixe l’ordre du jour et distribue la parole... Jusqu’à présent, il n’a pas su la donner à Anne-Marie Keiser pour qu’elle puisse exposer les actions du Conseil Général pour la commune. Anne-Marie Keiser rappelle qu’elle se tient à la disposition du Conseil Municipal pour un tel exposé.
M. Canivenc oublie aussi, et M. Labardin ne lui a pas rappelé, qu’il siège comme conseiller communautaire et qu’il n’a jamais rendu compte de ses actions au Conseil Municipal. Eh oui, partager les informations, çà peut s’apprendre, mais ce n’est vraiment pas la culture de la droite. Voilà une différence essentielle entre deux conceptions politiques de la vie locale.
Quant au fond de cette délibération, il est regrettable de voir un Maire revendiquer une position apolitique et limiter le partenariat intercommunal aux deux seules voisines de droite, en dépit de toute logique de territoire.
Clôture des comptes : les dérapages incontrôlés ne sont pas que budgétaires
M. Rivière présente ensuite la clôture des comptes. Anne-Marie Keiser rappelle que les dotations d’Etat n’ont progressé que de 0,38 %, soit bien moins que l’inflation, et dénonce une décentralisation qui n’est que la décentralisation des déficits. Elle s’inquiète des charges financières liées à l’endettement, en progression de 8 %. Elle souligne que le soutien aux associations est en progression, ce qui est une bonne chose, mais que les exigences de la Mairie auprès des associations ont, elles aussi, augmenté, sans compensation financière équivalente. Appuyant ses déclarations sur de nombreux chiffres, elle précise être consciente de l’aridité de ses propos, néanmoins nécessaires.
M. le Maire l’interrompt en nous gratifiant d’un bon ( ?) mot : « Ce n’est pas aride, c’est à rire ! ». En avant la démocratie locale ! Avec un tel mépris de notre Maire, on peut toujours essayer de débattre. Anne-Marie Keiser poursuit en soulignant l’augmentation de 12 % sur un an des charges du Centre de Loisirs (CLSH). L’augmentation atteint 47 % depuis 2000 et appelle à la vigilance. En dépit de nouvelles interruptions de M. Labardin, elle rappelle l’augmentation de 21 % depuis 2000 de la dette (858 $ par habitant). Enfin, elle regrette que, dans un contexte aussi difficile, la ville ne sollicite pas auprès du Conseil Général un Contrat de Développement Durable. Seules trois communes de la CUB ne l’ont pas fait (Bordeaux, où c’est en cours, Saint-Louis de Montferrand et Gradignan). Enfin, les dépenses d’investissement sont en net retrait. M. Labardin l’interrompt encore sèchement avant qu’elle ait terminé puis la taxe de désinformation et dénonce ce qui n’est pour lui qu’« incantations récurrentes » contre l’endettement. Il affirme aussi avoir déposé une demande auprès du Conseil Général et que la conseillère devrait en être informée (pour avoir le fin mot de cette histoire).
M. Canivenc qui, une fois de plus, s’est beaucoup agité pendant l’intervention d’Anne-Marie Keiser (ricanements et apartés divers), vient à la rescousse de son dauphin. Il évoque pêle-mêle la majorité dans le pays et M. Chirac qui veut baisser les impôts, « ce qui est bien pour Mme Keiser, puisqu’elle est riche » ! Anne-Marie Keiser répond à cette intervention poujadiste qu’elle ne regrette pas de payer ses impôts. Hélène Breysse obtient la parole et demande au nom de quoi il faut supporter le brouhaha qu’entretient M. Canivenc , ses interventions intempestives et ses attaques sans rapport avec le sujet traité.
M. Labardin doit sortir pour le vote. L’opposition s’abstient.
M. le Maire revient, visiblement très nerveux. Viennent alors les félicitations traditionnelles, prononcées par le premier adjoint, qui loue « un homme de parole énergique et volontaire ». S’il s’agit de verbiage, de hargne et d’autoritarisme, on peut effectivement être d’accord sur les qualificatifs !
M. Labardin essaie de se reprendre dans son discours de remerciements et rappelle sa méthode : dialogue et concertation. Il prône comme première vertu des élus la capacité à écouter ce que la population a à dire. Il remercie les élus (« ceux de la majorité, car nous inspirons confiance »). On croît rêver ! Des paroles strictement opposées aux pratiques de cette majorité et du déni complet des 43 % de gradignanais qui ont fait confiance à l’opposition de gauche et à Anne-Marie Keiser.
Réglementation de la publicité : si on communiquait ?
La suite du Conseil Municipal égrenera différentes délibérations approuvées à l’unanimité : budget des pompes funèbres, affectations financières diverses, renouvellement des contrats du personnel de l’Ecole de Musique, création d’un chargé de mission des affaires culturelles (la personne est déjà pressentie mais M. Labardin ne veut rien en dire, malgré les questions de l’opposition), mesures d’adaptation au P.LU. et acquisition d’espaces pour des travaux d’urbanisme. Chaque délibération est l’occasion pour le Maire de s’autosatisfaire devant des conseillers de la majorité muets.
L’approbation du réglement spécifique de la publicité offre une dernière occasion de déraper. Le développement du trafic routier engendre une multiplication des dispositifs publicitaires qu’il convient de réguler. M. Fabia rappelle que la commune est régie depuis 1990 par des accords qui ont été renégociés et évoque des documents « joints en Annexe ». Anne-Marie Keiser demande où sont ces documents. Le Maire répond qu’ils peuvent être consultés en Mairie mais n’a pas prévu de les communiquer au Conseil. Il s’accroche à son idée : cette question a été abordée (là encore sans documents) en commission et cela suffit. Une fois encore, il illustre toute l’attention qu’il porte au Conseil Municipal comme lieu de débat et d’exercice de la démocratie ! Ne pouvant voter pour un texte qui ne lui a pas été communiqué, l’opposition s’abstient.
La dernière altercation porte sur les importantes augmentations de tarifs du Centre de Loisirs (part payée par la Mairie), que M. Labardin ne veut pas reconnaître. Anne-Marie Keiser, tout en reconnaissant la nécessité de prestations de qualité et le coût d’une politique sociale, maintient cependant que les chiffres sont tétus !
C’est dans cette ambiance détestable que se termine le Conseil. Nous ne pouvons que vous encourager à venir constater de vous-même combien l’action des conseillers de l’opposition se heurte à l’incapacité qu’a la majorité de droite à débattre de manière constructive et sereine, dans un simple respect de la démocratie locale et de la parole des gradignanais.