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Vu et entendu lors du Conseil Municipal du 2 novembre 2011

mis en ligne le : samedi 5 novembre 2011.

Deux heures de débat malgré un ordre du jour limité à trois délibérations et une riche discussion sur un projet du centre ville qui se dessine.

Un long monologue des élus de la majorité à la CUB

La communication des rapports d’activité de plusieurs instances constituait le premier point de l’ordre du jour, sans vote prévu. Les trois conseillers de la majorité à la CUB (en dehors du Maire) ont pris soin d’exposer en détail certaines de leurs activités : M. Quéron (commission eau), M. Joubert (commission transport, avec quelques considérations sur l’utilisation du VCub à Gradignan, qui demeure bien faible) et Mme Chavigner (commission "nouvelle gouvernance"). A titre d’exemple, M. Quéron a disserté pendant un bon quart d’heure de la stratégie communautaire de diversification des ressources en eau, qui se traduit par de nouveaux forages, dans le Sud Gironde... Il semblait bien au fait de la situation, mais n’a cependant rien répondu quand Denys Breysse (PS) lui a demandé ensuite ce qu’il pensait des 10 millions de mètres cubes (sur les 50 prélevés dans la nappe) perdus chaque année du fait des fuites du réseau. Pensait-il que le passage prochain en régie permettrait d’améliorer la situation ?

Après leurs allocutions techniques, M. Quéron et Joubert ont tour à tour repris la parole pour dénoncer des "attaques" qui auraient été proférées par un élu d’opposition lors du Conseil précédent. Ils n’avaient visiblement pas apprécié d’être qualifiés "d’impuissants". Nous voulions alors signifier que leur action à la CUB, pas plus que celle du Maire, ne permettait à Gradignan de faire entendre sa voix à la CUB. Le terme leur a visiblement déplu.

Denys Breysse (PS) a simplement répondu que le qualificatif d’impuissance est un constat, pas une attaque : en tant qu’élus de l’opposition municipale, nous aussi, nous sentons souvent impuissants, puisque, en dépit de nos idées et de notre travail, nous ne pesons au final que 6 voix sur 35 dans le Conseil Municipal. La différence est qu’à la CUB, la cogestion est érigée en principe et que Gradignan, même avec 4 voix seulement, devrait être capable de mieux se faire entendre.

La prise de parole de Mme Chavigner, dans la même tonalité ("il y a toujours des esprits chagrins pour dire que les conseillers communautaires ne font rien", confondant donc inaction et inefficacité), fait réagir Pierre Auzereau (PCF). En effet, selon elle, l’action des conseillers communautaires ne serait en rien politique, il ne s’agirait que d’administrer et de gérer la communauté urbaine. Quelle négation de leur propre rôle d’élus !

Vers la ZAC du Centre Ville... et un périphérique à Gradignan ?

La délibération importante du jour porte sur le projet d’évolution du Centre Ville de Gradignan. Il s’agit de clore la période de concertation, afin que la CUB décide la mise en place d’une ZAC, qui permettra de choisir un aménageur. C’est sous la houlette de cet aménageur que le projet, aujourd’hui défini dans ses grandes lignes, sera affiné.

Il n’est donc pas question ici de débattre dans le détail du contenu du projet, qui devient cependant de plus en plus précis. Les derniers documents qui ont été versés à la concertation sont ceux de la troisième phase de l’étude pré-opérationnelle et de l’étude d’impact.

Denys Breysse (PS) intervient le premier. Il rappelle que l’opposition a souligné l’intérêt des Ateliers du Centre Ville (Gradignan ma Ville n°20 de janvier 2010), et souscrit, dans ses grandes lignes, au projet. Notre position est aujourd’hui identique : favorable, mais aussi vigilante et dans une logique de proposition. En effet, sans rentrer dans le détail des projets qui se dessinent sur chacun des 19 ilots concernés (au total plus de 800 logements sont prévus), deux points soulèvent des préoccupations : la nature de l’offre de logement, et les nuisances de trafic. On s’interroge sur la volonté de la commune de vouloir à tout prix privilégier les appartements de grande surface, au détriment des T2/T3, qui manquent pourtant cruellement à Gradignan, comme cela est mentionné noir sur blanc dans l’étude d’impact (p. 87) : "inadéquation existante entre l’offre et la demande en logement".

Par ailleurs, concernant le trafic, l’étude d’impact rappelle qu’un objectif est "d’apaiser les flux Place Roumegoux et sur l’Avenue du Général de Gaulle". Le projet prévoit de diriger le trafic de transit sur un "boulevard urbain", ceinture périphérique (route de Canéjan, rue du Moulineau, rue de Lahouneau), mais rien n’est dit des conséquences pour les riverains ni des nuisances qui en résulteront. Les voitures devront bien passer quelque part. Pas au centre, certes, mais elles ne seront pas perdues pour tout le monde. Curieusement, l’étude d’impact n’en dit pas un mot...

Anne Banvillet (apparentée PS) insiste sur ce point, et la nécessité de penser à l’échelle de la commune, pas seulement à celle du centre ville. Elle suggère d’ailleurs que la ville pourrait aussi anticiper le développement de l’urbanisation dans le Sud de la commune, qui, pour être aujourd’hui réduit, n’en est pas moins désordonné. Il faudrait établir une logique pour éviter d’avoir les mêmes problèmes dans quelques années. Elle propose aussi qu’un résumé de l’étude soit fourni dans Ensemble, pour tous les habitants.

Pierre Auzereau (PCF) intervient sur autre registre. Il souligne en particulier la faible visibilité des équipements publics dans le projet (5% des surfaces) et des services publics dont les 2000 nouveaux habitants seront demandeurs.

Le Maire ne répond à aucune des questions posées. Il fait mine de s’offusquer de ce que Denys Breysse ait évoqué le gymnase "obsolète" de Toupiac (le mot est celui employé dans le document du cabinet d’urbanisme... il en vérifiera la paternité !) et dit que le projet lui paraît bon, équilibré, ambitieux. Pas un mot des autres quartiers ni des craintes pour la circulation. Quand aux logements sociaux, il dit qu’il faut au minimum 50 % de logements privés pour l’équilibre économique des opérations... alors, pourquoi limiter à 30 % de logements social l’ensemble du programme ?

Puisqu’il s’agit de voter sur un bilan de concertation, et que de nouvelles occasions permettront de faire des propositions, l’opposition vote pour, seul Pierre Auzereau (PCF) s’abstenant, l’évolution du centre ville lui paraissant mal engagée.

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