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Le projet de ZAC posera de nombreuses questions (logement, équipements publics, activité commerciale...) que nous aurons le temps d’aborder quand le projet s’affinera. Nous pensons cependant que, même si nous n’en sommes qu’au stade des études pré-opérationnelles, la question de son impact sur la circulation à Gradignan, doit être abordée et traitée sans tabou.
Le projet du Centre Ville vise, tout en densifiant le centre ville, à y réduire la circulation. Dès la phase de diagnostic, en 2008, il était noté que le flux de transit par la RN10 "se retourne contre la ville", du fait du goulet d’étranglement que constitue la traversée du centre. La priorité a alors été affichée : "apaiser les flux sur l’Avenue du Général de Gaulle". Les données sur le trafic, déjà anciennes, font état de 12 000 véhicules par jour à hauteur de la Place Roumegoux.
Toujours dans cette phase de diagnostic, a été mis en avant l’existence d’une voirie communale qualifiée de " boulevard en formation ", constituée au Nord de la rue de Lahouneau, au Sud et à l’Est de la rue de Poumey et du Moulineau, à l’Ouest de la route de Canéjan. L’idée du projet est de renforcer en le rendant plus lisible le rôle de ce boulevard. Le document ci-dessous est extrait de l’étude pré-opérationnelle qui mentionne "un "boulevard" qui permet de ceinturer le centre pour limiter le transit".
Quel impact pour les autres quartiers de Gradignan ?
Nous avons fait part de nos craintes que les véhicules devant traverser Gradignan se reportent massivement sur ces voies. Ils viendraient alors accroître un trafic qui atteint parfois déjà la saturation et multiplieraient les nuisances pour les habitants et le risque d’accidents. Le danger est que ces rues ne deviennent un véritable périphérique à l’échelle de la commune.
Une étude d’impact vient d’être jointe au dossier, pour clore la concertation. Elle fait 161 pages, que nous avons lues avec attention. Nous pensions y trouver des orientations rassurantes.
Dans ces 161 pages, pas un mot sur les impacts du projet de Centre Ville pour les quartiers plus périphériques. Pas une phrase sur le trafic qui en résultera. On se soucie naturellement de la "desserte du site d’étude" (comment aller vers le Centre Ville, pour ne pas nuire à l’activité commerciale), mais absolument pas des impacts sur les riverains des rues qui verront le trafic multiplié. Pourtant, l’étude reconnait que l’arrivée de nouveaux habitants (plus de 2 500 sans doute dans les 815 logements prévus, soit environ 1 500 véhicules) accroîtra le trafic. Elle compte sur "l’arrivée prochaine du TCSP" qui "devrait tendre à une baisse des trafics automobiles en centre ville".
Nous pensions qu’une étude d’impact devait aussi adopter une vision plus large, et analyser les conséquences du projet pour son environnement, ici les autres quartiers, au Sud, à l’Est, à l’Ouest et au Nord de la commune. Mais non... rien n’en a été dit. Nous avons manifesté à nouveau notre préoccupation sur ce point lors du Conseil Municipal du 2 novembre, qui va conduire à la mise en place de la ZAC. M. le Maire a qualifié le projet de "bon, ambitieux, équilibré", mais il n’a pas indiqué comment il pensait régler ce point essentiel. Nous devrons donc, avec l’ensemble des Gradignanais, veiller à ce que l’équilibre soit aussi un équilibre entre le centre bourg et les autres quartiers.
Denys Breysse, Conseiller Municipal