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  • Paru dans Sud-Ouest
  • Nos commentaires sur cet article
  • La montée du nazisme

Le 6 juin 2014, la France a commémoré les 70 ans du débarquement des alliés contre la barbarie Nazie. 
Et le matin du 10 juin, notre commune si paisible, se réveille avec des étoiles de David apposées sur les murs de clôtures d’habitations du quartier de Mandavit. 
Le journal Sud-Ouest a informé la population via un article factuel de la présence de « Tags antisémites à Gradignan ». Cet article a été accompagné de commentaires douteux et odieux, obligeant le journal à fermer la rubrique. 
La tentative de banalisation par ces commentaires, de cet acte ignoble et d’un autre temps m’incite à réagir en tant que conseiller municipal et secrétaire de la section du Parti Socialiste de Gradignan. 
Nous, militants du progrès social condamnons cet acte et espérons que les auteurs de ce délit seront rapidement identifiés et condamnés. 
A notre avis, cet acte est conforté par les dérives extrémistes de notre pays. Les résultats des élections européennes de mai (13,79% des votes exprimés pour le Front National, soit 1058 votants à Gradignan) et les propos récents de Jean-Marie Le Pen, ouvrent la porte à toutes les haines. 
Généralement, le graffiti est un moyen d’expression ludique, à des fins événementielles, revendicatrices ou amoureuses. Mais celui dont on parle aujourd’hui relève de la communication pure et sert donc à diffuser un message à notre communauté. 
Le pictogramme utilisé est l’étoile de David, symbole du judaïsme. Ce mot recouvre la religion, la théologie, la loi et les traditions culturelles du peuple juif. 


Ainsi, ce message concerne Monsieur le Maire, les Elus Municipaux, mais aussi chacun d’entre nous, citoyens de la république Française. Aussi notre devoir est de nous interroger sur son sens et son objectif politique : 
1) Pourquoi vouloir nous informer ? 
2) De quoi vouloir nous informer ? 
3) Quels sont le but et la raison de cette information ? 
4) Pourquoi mettre en avant un peuple, une religion ? 
5) Pourquoi son auteur, ne s’identifie pas ? 


Il semble que l’auteur de ces graffitis a souhaité nous donner une amorce de réponse à ces questions, par un « GRADIGNAN ZOO ». 
Doit-on comprendre que l’auteur souhaite nous informer : 
• de son souhait : disposer d’un zoo pour Gradignan ? (le parc du Moulineau ne serait pas suffisant !) 
• de sa perception : la commune de Gradignan serait un zoo ? (les 450 hectares de verdures seraient un camp !) 
• de sa haine pour une communauté : les animaux de Gradignan? (la différence serait source de problème !) 


En tout état de cause, nous ne sommes pas en mesure d‘apporter avec certitude des réponses sur le but, la raison et l’objet de cette information. Mais pour autant, je souhaite préciser que depuis septembre 2012, les militants ont pu constater de nombreux collages d’extrême droite sur les panneaux d’affichage libre de la rue « route de Léognan ». Une relation de cause à effet ? 
En conclusion à cette analyse ironique envers le tagger, nous pouvons dire que c’est un être de l’espèce humaine, resté proche de l’état primitif. La preuve en est son mode d’expression (MURAL) et son incapacité à exprimer des idées intelligibles (GRADIGNAN ZOO). Souhaitons lui, d’atteindre le courage et l’altruisme. 
Le 28 avril dernier, nous étions un (trop) petit nombre pour la cérémonie de commémoration de la déportation. Alors je souhaite attirer la vigilance de mes concitoyens sur les dérives actuelles. Rappelons-nous les moments les plus tragiques du XXème siècle, où il fallait se méfier de sa famille et de ses voisins (cf. « la montée du nazisme » et le documentaire « nuit et brouillard » sur notre site). 


Réagissons pendant que c’est encore simple et possible. Votez. 

Jean-Yves Mames

Encyclopédie multimédia de la Shoah

L'arrivée au pouvoir des Nazis

Avant le début de la grande crise en Allemagne en 1929-1930, le Parti national socialiste des travailleurs allemands (en abrégé, le parti nazi) n'était qu'une petite formation située à l’extrême-droite de l’éventail politique allemand. Aux élections du Reichstag (Parlement) du 2 mai 1928, les Nazis ne remportèrent que 2,6% des voix, soit un déclin relatif par rapport au score de 1924 (3% des votes). Ces élections portèrent au pouvoir une "grande coalition" qui réunit les partis social-démocrate, le Zentrum (centre catholique), le parti démocratique allemand et le parti du peuple allemand. Cette coalition dirigea l’Allemagne de Weimar durant les six premiers mois de la grande dépression.

De 1930 à 1933, l’atmosphère en Allemagne ne prêtait guère à l’optimisme. La crise économique mondiale frappa particulièrement durement le pays et il y eut jusqu'à 30% de chômeurs. Des millions d’allemands associèrent la crise à l’humiliation nationale de l’Allemagne après la défaite de la Première Guerre mondiale. Ils considéraient la coalition comme un gouvernement faible, incapable de lutter contre la crise. La misère largement répandue, la peur d’un avenir plus sombre encore, ainsi que la colère et l’impatience devant l’échec apparent du gouvernement à gérer la crise, préparèrent un terrain propice à la montée d’Adolf Hitler et de son parti nazi.

Orateur puissant et envoûtant, Hitler, exploita la colère et l’impuissance ressenties par un grand nombre d’électeurs. Il attira un grand nombre d’Allemands qui aspiraient désespérément au changement. La propagande électorale nazie promettait de sortir l’Allemagne de la crise. Les Nazis s’engagèrent à restaurer les valeurs culturelles du pays, à annuler les clauses du Traité de Versailles, à conjurer la menace d’une révolution communiste, à remettre le peuple allemand au travail et à recouvrer pour l’Allemagne son "rang légitime" de puissance mondiale. Hitler et les autres propagandistes nazis remportèrent d’éclatants succès en dirigeant la colère et la peur de la population contre les Juifs, les marxistes (communistes et sociaux-démocrates) et contre ceux que les Nazis tenaient pour responsables de la signature tant de l’armistice de novembre 1918 que du traité de Versailles, ainsi que de l’instauration d’une république parlementaire. Hitler et les Nazis qualifiaient ces derniers de "criminels de novembre".

Hitler et les autres orateurs nazis adaptaient prudemment leurs discours à chaque auditoire. Par exemple, lorsqu’ils s’adressaient à des hommes d’affaires, les Nazis atténuaient les thèmes antisémites, privilégiant plutôt l’anticommunisme et le recouvrement des colonies allemandes perdues en application du traité de Versailles. Devant des soldats, des anciens combattants ou d’autres groupes d’obédience nationaliste, la propagande nazie mettait l’accent sur le renforcement militaire et le retour des autres territoires perdus après Versailles. Les orateurs nazis promettaient aux agriculteurs du Schleswig-Holstein, land situé dans le nord du pays, qu’un gouvernement nazi soutiendrait les prix agricoles en chute. Dans l’ensemble de l’Allemagne, les retraités s’entendaient dire que le montant et le pouvoir d’achat de leurs versements mensuels demeureraient stables.

Prenant prétexte de l’impasse entre les partenaires de la "grande coalition", le chancelier du Reich, Heinrich Brüning, du parti du Zentrum, décida, en juillet 1930, le vieux président du Reich, le maréchal et héros de la Première Guerre mondiale, Paul von Hindenburg, à dissoudre le parlement et à organiser de nouvelles élections pour le mois de septembre. Pour dissoudre la Chambre, le président appliqua l’article 48 de la constitution qui permettait au gouvernement allemand de gouverner sans l’accord parlementaire et qui ne devait être appliqué qu’en cas d’urgence nationale immédiate.

Brüning jaugeait mal l’état d’esprit de la nation après six mois de dépression économique. Les Nazis remportèrent 18,3% du vote, devenant le deuxième parti politique du pays. Une grande instabilité politique devint la règle.

Pendant deux ans, recourant à plusieurs reprises à l’article 48 pour promulguer des décrets présidentiels, le gouvernement Brüning chercha en vain à constituer une majorité parlementaire excluant les sociaux-démocrates, les communistes et les Nazis. En 1932, Hindenburg destitua Brüning pour nommer au poste de chancelier Franz von Papen, un ancien diplomate membre du Zentrum. Von Papen procéda à une nouvelle dissolution du Reichstag, mais aux élections de juillet 1932, le parti nazi remporta 37,3% des voix, devenant le plus grand parti politique d’Allemagne. Les communistes (prenant des voix aux sociaux-démocrates dans un climat économique en constante dégradation) remportèrent 14,3% des suffrages. En conséquence, dans le Reichstag de 1932, plus de la moitié des députés étaient des représentants de partis qui s’étaient publiquement engagés à mettre fin à la démocratie parlementaire. Tous les partis traditionnels avaient perdu des voix, à l'exception du Zentrum catholique, en faveur des partis extrémistes.

Von Papen s’avérant incapable d’obtenir une majorité parlementaire pour gouverner, ses opposants parmi les conseillers du président Hindenburg l’acculèrent à la démission. Son successeur, le général Kurt von Schleicher, dissolut une fois encore le Reichstag. Aux élections suivantes, en novembre 1932, les Nazis perdirent du terrain, avec un score de 33,1% des scrutins. Les communistes, par contre, progréssèrent, obtenant 16,9% des voix. A la fin de 1932, l’entourage du président Hindenburg en arriva à croire que le parti nazi représentait l’unique espoir de prévenir le chaos et la prise du pouvoir par les communistes. Les négociateurs et propagandistes nazis contribuèrent puissamment à renforcer cette impression.

Le 30 janvier 1933, le président Hindenburg nomma Adolf Hitler chancelier. Hitler parvint à cette fonction, non pas par suite d’une victoire électorale lui conférant un mandat populaire, mais plutôt en vertu d’une transaction constitutionnellement contestable, menée par un petit groupe d’hommes politiques allemands conservateurs qui avaient renoncé au jeu parlementaire, qui espéraient utiliser la popularité d'Hitler auprès des masses pour favoriser un retour à un régime conservateur autoritaire, voire à la monarchie. En deux ans cependant, Hitler et les Nazis prirent de vitesse les politiciens conservateurs et instaurèrent une dictature nazie extrémiste entièrement soumise à la volonté personnelle du Führer.

La mise en place de la dictature nazie

L'arrivée au pouvoir des Nazis en Allemagne amorça la fin du régime présidentiel quasi-démocratique vers lequel les dirigeants de la République de Weimar avaient glissé en réaction à la grave crise économique de 1929. Dès sa nomination au poste de chancelier par le président Paul von Hindenburg, le 30 janvier 1933, Adolf Hitler commença à poser les fondements de l'Etat nazi. Guidés par des principes autoritaires et racistes, les Nazis supprimèrent les libertés individuelles et proclamèrent l'avènement d'une "Communauté du peuple" (Volksgemeinschaft) - une société organique qui, en théorie, transcenderait les différences de classe et de religion.

Le décret du 28 février 1933 adopté au lendemain de l’incendie du Reichstag, permettait la suspension de droits civils élémentaires - des droits que la constitution démocratique de la République de Weimar avait garantis. Le Troisième Reich devint un Etat policier dans lequel les Allemands ne bénéficiaient plus d’aucun droit fondamental, et les SS, la garde d'élite du régime, y gagnèrent une autorité accrue à travers leur contrôle de la police. Les adversaires politiques, et particulièrement les membres du Parti communiste et du Parti social-démocrate, ainsi que les Juifs, devinrent l'objet d'intimidations, de persécutions et furent soumis à une législation discriminatoire.

Au cours de ses deux premières années au poste de chancelier, Hitler poursuivit une politique délibérée de "mise au pas" (Gleichschaltung), par laquelle les partis politiques, les gouvernements des Etats (Länder) et les organisations culturelles et professionnelles se virent alignés sur les objectifs nouveaux. La culture, l'économie, l'éducation et la loi se retrouvèrent toutes sous le contrôle des Nazis.

Par le biais de la Loi sur la Fonction publique d'avril 1933, les autorités allemandes commencèrent à éliminer les Juifs de la fonction publique et des entreprises dépendant de l'Etat, de la justice et de la vie culturelle. Le gouvernement nazi supprima les syndicats. Les ouvriers, employés et employeurs furent enrôlés de force dans le Front allemand du Travail, qui avait à sa tête Robert Ley. Les Nazis tentèrent notamment de coordonner les cultes chrétiens et leurs mouvements de jeunesse respectifs, mais leurs efforts ne furent pas entièrement couronnés de succès.

Avec le vote de la Loi des pleins pouvoirs (Ermächtigungsgesetz), le 23 mars 1933, le Parlement allemand (le Reichstag) transférait le pouvoir législatif au cabinet d'Hitler et perdait ainsi sa raison d'être. Avant la mi-juillet, le Parti nazi se retrouvait le seul parti politique encore autorisé en Allemagne. Les autres partis furent proscrits par le gouvernement ou se virent acculés à l'autodissolution. Le Reichstag n’était plus qu’un parlement fantoche dans une dictature féroce.

La volonté du Führer devint le fondement même de toute la législation. En effet, le "principe du Führer" (Führerprinzip) en vint à guider toutes les facettes de la vie allemande. Selon ce principe, l’autorité – au sein du gouvernement, du parti, de l'économie, de la famille,... - procédait du sommet vers la base et devait être subie inconditionnellement.

A la mort d'Hindenburg, en août 1934, Hitler se fit nommer à la fois Führer et chancelier du Reich. Les membres des forces armées lui prêtaient un serment de fidélité. Alors qu’en tant que chancelier du Reich, le pouvoir personnel d’Hitler demeurait limité conformément aux lois de l'Etat allemand, en tant que Führer, il devenait illimité et sa volonté se trouvait confondue avec le destin de la nation allemande.

Le Troisième Reich

L'arrivée au pouvoir des Nazis signifia la fin de la République de Weimar, une démocratie parlementaire instaurée en Allemagne après la Première Guerre mondiale. Lorsqu' Adolf Hitler fut nommé au poste de chancelier, le 30 janvier 1933, l’État nazi (appelé "le Troisième Reich") devint vite un régime où les droits élémentaires n'étaient plus respectés. Après un incendie suspect au Reichstag (le Parlement allemand), le 28 février 1933, le gouvernement publia un décret suspendant tous les droits constitutionnels civils, instaurant un état d’urgence dans le cadre duquel les décrets pourraient être adoptés sans ratification parlementaire.

Dans ses premiers mois passés à la chancellerie, Hitler institua une politique de "mise au pas", c'est à dire d’alignement des individus et des institutions sur les objectifs nazis. La culture, l’économie, l’éducation et la loi passèrent toutes sous le contrôle des Nazis. Le régime tenta également d'aligner les églises allemandes sur sa doctrine et, bien que n’y ayant pas entièrement réussi, il obtint le soutien de la majorité des membres des clergés catholique et protestant.

Une propagande massive servit à diffuser les objectifs et idéaux du régime. À la mort du président allemand Paul von Hindenburg, en août 1934, Hitler assuma les pouvoirs de la présidence. Les officiers de l’armée lui prêtèrent un serment de loyauté personnelle. La dictature d’Hitler s’appuyait sur sa position de président du Reich (le chef de l’État), de chancelier (le chef du gouvernement) et de Führer (le chef du parti nazi.) Selon le "principe du Führer" (Führerprinzip) Hitler se tenait en dehors de l’État légal et tranchait en personne les questions politiques.

Hitler déterminait à la fois la législation intérieure et la politique étrangère de l’Allemagne. La politique étrangère était guidée par la croyance raciste que l’Allemagne était biologiquement destinée à s’étendre vers l’est par la force militaire et qu’une population allemande accrue, de race supérieure, devrait établir une domination permanente sur l'Europe orientale et en l'Union Soviétique. Les femmes devaient jouer un rôle important. La politique populationniste agressive du Troisième Reich encouragea les femmes "racialement pures" à porter le plus grand nombre possible d’enfants "aryens". Dans ce cadre-là, les peuples "racialement inférieurs", tels que les Juifs et les Tsiganes, devaient être éliminés. La politique étrangère nazie eut pour but dès l’origine de mener contre l’Union Soviétique une guerre d’annihilation, et les années de paix du régime se passèrent dans la préparation à la guerre. C’est dans le contexte de cette guerre idéologique que les Nazis planifièrent et réalisèrent la Shoah, le meurtre de masse des Juifs, considérés comme les ennemis "raciaux" par excellence.

Les critiques ouvertes du régime furent supprimées par la Gestapo (police secrète d'État) et par le service de sécurité (la SD) du parti nazi. Cependant le gouvernement d’Hitler était populaire auprès de la majorité des Allemands. Il exista toutefois en Allemagne une certaine forme d’opposition à l’Etat nazi, allant du non-conformisme à la tentative d’assassiner Hitler le 20 juillet 1944.


« Qui de nous veille de cet étrange observatoire, pour nous avertir de la venue des nouveaux bourreaux ? Ont-ils vraiment un autre visage que le nôtre ? Quelque part parmi nous il reste des kapos chanceux, des chefs récupérés, des dénonciateurs inconnus …
Il y a tous ceux qui n’y croyaient pas, ou seulement de temps en temps.

Il y a nous qui regardons sincèrement ces ruines comme si le vieux monstre concentrationnaire était mort sous les décombres, qui feignons de reprendre espoir devant cette image qui s'éloigne, comme si on guérissait de la peste concentrationnaire, nous qui feignons de croire que tout cela est d’un seul temps et d’un seul pays ,
et qui ne pensons pas à regarder autour de nous, et qui n’entendons pas qu’on crie sans fin. »

A visionner et à méditer :  Nuit et Brouillard

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Date de création : 11/06/2014 12:08
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